Un budget 2025 avec des recettes à la baisse

Les élus du Conseil départemental étaient réunis en assemblée plénière ce mardi au sein de l’hémicycle Bamana. Plus d’une dizaine de rapports étaient à l’ordre du jour ainsi que les votes du budget primitif et celui de l’abondement d’un fonds du prêt d’honneur d’urgence en faveur des entreprises.

C’est tout d’abord la commission des Finances qui a ouvert le bal avec pas moins de 8 rapports soumis au vote des élus, dont notamment, et pas des moindres, le vote du budget primitif 2025 dans un contexte particulier suite aux passages de Chido et Dikeledi. « On a été prudent dans les dépenses de fonctionnement », a indiqué Zamimou AHAMADI, vice-présidente en charge des Finances et des Affaires européennes. « C’est un budget en équilibre car on est dépendant de l’État… », a-t-elle ajouté.

Un budget prévisionnel de 740 millions d’euros pour 2025

Ainsi, concernant la section fonctionnement, le budget prévoit 496.774.293 d’euros de recettes (528.349.289 d’euros en 2024) pour 456.966.417 euros de dépenses (422.524.636 d’euros en 2024), soit un excédent de 39.807.876 euros. A titre de comparaison c’est beaucoup moins qu’en 2024, puisque l’excédent budgétaire était de plus de 100.000.000 d’euros (105.824.653). « Comparé à 2024, les recettes de fonctionnement sont revues à la baisse en 2025, et sont évaluées à 497 millions d’euros contre 528 millions d’euros ». En effet, les principales ressources du Département proviennent des dotations et prélèvements de l’État, qui représentent 51 % du budget 2025. Environ la moitié des ressources de fonctionnement est financée par ces dotations, dont la compensation exceptionnelle de 100 millions d’euros…

Les recettes et les dépenses du budget

Concernant le budget investissement, ce dernier est évalué à 243 millions d’euros, soit un total pour les sections fonctionnement et investissement d’environ 740 millions d’euros. A noter que presque tous les postes de dépenses ont augmenté, dont notamment le transport scolaire qui représente 45 millions d’euros (en hausse chaque année…) ; 8 millions d’euros pour la formation professionnelle ; 35 millions d’euros sont prévus pour les personnes âgées en 2025 contre 29 millions en 2024 ; près de 91 millions pour la Santé et la protection de l’enfance alors qu’il y aura seulement 24 millions de dotations ; ou encore le transport maritime qui va représenter 24 millions dont 18 millions rien qu’en subventions. Malgré ces chiffres en hausse, le rapport sur le budget primitif a été adopté par les élus à l’unanimité.

Le président Ousseni a par ailleurs indiqué que le Département attendait encore une réponse du Gouvernement pour le versement d’une aide exceptionnelle de 50 millions d’euros pour faire face à la hausse des dépenses due au passage de Chido. « Rien que pour réparer nos locaux il y en a pour 120 millions d’euros… ». Ainsi, si l’on compare à l’année 2024, l’auto financement sera divisé par plus de 2 en 2025, « ce qui aura des impacts significatifs sur les investissements », a prévenu Ben Issa Ousseni. Et ceci est d’autant plus inquiétant que ce budget primitif ne prend quasi pas en considération le contexte actuel et les besoins de la population mahoraise.

Un fonds de prêts d’urgence de 7 millions d’euros

Les élus ont ensuite voté un rapport relatif à l’abondement du fonds du prêt d’honneur d’urgence en faveur des entreprises confié en gestion à la plateforme Initiative Mayotte à la suite du cyclone Chido. Il était à l’origine de 3 millions d’euros, il va être augmenté d’un million supplémentaire pour passer à 4 millions pour atteindre une enveloppe, à terme, d’environ 7 millions d’euros en additionnant les différents partenaires que sont la Fondation de France, le ministère des Outre-mer, ou encore la BPI.

Les sportifs mahorais pris en charge et l’enseignement des langues régionales

Le président Ousséni a indiqué que compte tenu du contexte post-chido il y aura des impacts sur les investissements

Il a été également rajouté à l’ordre du jour un rapport de la commission Sports, Culture et Jeunesse concernant la prise en charge des sportifs mahorais inscrits au CREPS (Centre régional d’éducation physique et sportive) de La Réunion, ainsi qu’un autre, dans le cadre de la politique du livre et de la lecture publique du département de Mayotte, avec la réalisation du schéma départemental de la lecture publique de Mayotte et la mise en place d’outils pédagogiques pour l’enseignement des langues régionales mahoraises.

Plusieurs motions ont été adoptées…

Parmi les motions qui ont été soumises à l’assemblée figurait celle relative à une révision de l’article 3 de la Charte des Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) et notamment le regroupement des délégations mahoraise et réunionnaise sous une même bannière, celle de la France. « Nous allons demander au président de la République qu’il use de son influence auprès des autres États partenaires afin qu’aux prochains Jeux des îles, Mayotte puisse y participer dans les mêmes conditions que les autres délégations », a indiqué le président du Conseil départemental. Une autre motion, initiée par le conseiller de Sada-Chirongui, Soula Said Souffou, a proposé d’établir un partenariat avec Action logement pour aider les agents du Département sinistrés par Chido afin qu’ils puissent réparer leur maison. Enfin, une autre motion visait à proposer des représentants de Mayotte au sein du Comité d’administration (CA) de la future école nationale supérieure d’architecture (ENSA) de La Réunion, dont Rachida Dati, ministre de la Culture, a dit qu’elle serait « l’école de la reconstruction de Mayotte ».

…quand d’autres ont été ajournées ou rejetées

L’assemblée plénière était ouverte au public

Le conseiller de Sada a également soumis une autre motion concernant le problème de distribution et de l’accès à l’eau pour les Mahorais. « Il est illégal de couper totalement l’eau à des familles qui sont dans la difficulté, a-t-il fustigé. Les coupures sont illégales…sans compter des factures trop chères qui peuvent parfois atteindre les 16.000 euros. Ces coupures incessantes sont inacceptables, il faut que cela cesse, je propose donc une motion allant dans ce sens ». Ce à quoi Ben Issa Ousséni a répondu que le problème venait d’un réseau trop vétuste et des grandes difficultés financières de la SMAE. « C’est une ardoise de 40 millions d’euros concernant le trou de la SMAE… le Département n’a pas les moyens de donner 40 millions », et d’appeler ses collègues à inclure cette motion dans la future loi Mayotte…

Une autre motion a, quant à elle, été rejetée majoritairement par les élus au sujet de la suppression de l’octroi de mer et des droits de douane pour les containers humanitaires à destination des Mahorais, suite au passage de Chido, et ne passant pas par certaines ONG partenaires du Conseil départemental… « Nous avons mis en place des canaux d’acheminement avec des ONG, dont notamment la Fondation de France, où sont exonérés l’octroi de mer et les droits de douane, et où nous prenons aussi en charge le fret maritime des containers… Les associations doivent passer par la délégation de Mayotte à Paris ou par les ONG avec lesquelles nous avons conclu des partenariats », a ainsi conclu le président Ousséni.

B.J.

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