C’est une petite révolution pour Mayotte. Après les dégâts causés par Chido, le 101e département dispose enfin du premier bâtiment avicole entièrement automatisé. Pour son bénéficiaire, Ndzakou Naouiroudine, la production va être grandement simplifiée et beaucoup moins pénible. « Nous aurions dû réceptionner 2 bâtiments entièrement automatisés en janvier 2025… mais Chido est passé avant, il a détruit une grande partie des bâtiments si bien que nous avons dû repartir de zéro », se souvient l’éleveur de volailles.
Moderniser la filière avicole mahoraise

Grace à l’Europe et au FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural), Ndzakou Naouiroudine a pu bénéficier d’une aide financière pour mener à bien ce projet d’un montant d’un peu moins de 100.000 euros. « L’Europe m’aide à hauteur de 90%, c’est très loin d’être négligeable », nous raconte-t-il. D’ici trois semaines, il pourra accueillir ses premiers poussins dans son nouveau bâtiment. Du fait d’une entière automatisation, fini les corvées et les tâches difficiles. « J’ai plusieurs bâtiments d’élevage… en tout j’ai environ 14.000 poulets en temps normal. Les anciens bâtiments sont en tôle et en bois… chaque matin pour 2.000 poulets c’est 30 sacs d’aliments de 25kg chacun qu’il faut mettre dans les mangeoires, sans compter la bousculade des poulets qui peut générer du stress pour eux ».
Avec son nouveau bâtiment entièrement automatisé pouvant accueillir environ 2.000 poulets, la distribution d’eau et de nourriture se fera de façon autonome, sans intervention de l’homme, ou presque. L’eau et les aliments contenus dans deux silos différents seront amenés directement dans le bâtiment, les mangeoires seront constamment approvisionnées via un système d’alimentation automatique à chaîne. De plus, autre avantage pour l’éleveur, ce bâtiment dernier cri est divisé en 2 parties avec « une zone de démarrage » permettant aux poussins de grandir tranquillement en bénéficiant d’un chauffage et d’une ventilation constants et adéquats. « Il faut qu’il y ait une température de 32 degrés car les poussins n’ont plus leur mère pour les couver… », explique l’éleveur.

Selon Ndzakou Naouiroudine, il y aura aussi moins de mortalité et sans doute un gain de temps d’environ une semaine pour la période d’élevage. « Avec les bâtiments en tôle, les dix derniers jours, on avait pas mal de mortalité : environ 60 poulets par jour à cause notamment de la chaleur… Grâce au système de ventilation transversale naturelle du nouveau bâtiment il devrait y en avoir beaucoup moins », se réjouit-il.
Grâce à ce bâtiment plus équitable, plus pratique et adaptable, et au rapport qualité prix imbattable, le producteur de volailles va avoir une meilleure rentabilité, en faisant moins d’efforts lui permettant ainsi de se libérer du temps pour d’autres tâches agricoles. Un exemple de modernisation de la filière avicole qui devrait sans doute être suivi par d’autres éleveurs de l’île.
B.J.


