Comores : le pays pleure la perte d’une étoile de la presse

La presse comorienne est en deuil après la disparition de l’une de ses étoiles. Binti Mhadjou a rendu l’âme ce mardi 24 février au Caire en Egypte où elle s’était rendue pour y subir des soins. Des messages de tristesse ont aussitôt inondé les réseaux sociaux. Patrons de medias, journalistes, autorités et citoyens ont commencé à rendre hommage à une femme d’exception dont les qualités professionnelles sont reconnues.

« L’excellence et la rigueur professionnelle »

« Journaliste de talent, femme de conviction et professionnelle respectée, Binti Mhadjou a consacré une grande partie de sa vie au service de l’information et de la communication publique », a souligné le secrétaire général du Gouvernement, Nour El Fath Azali. « De la présentation à la direction de l’information, puis en qualité de rédactrice en chef à la télévision nationale (ORTC), elle a incarné une certaine idée du journalisme : exigeant, responsable et profondément attaché à l’intérêt général », a-t-il ajouté.

Binti Mhadjou avait mis provisoirement pauses à ses activités professionnelles pour devenir chargée de communication du ministère des Affaires étrangères. « Professionnelle engagée et figure reconnue du paysage médiatique national, elle a marqué de son empreinte l’ORTC où elle a successivement exercé les fonctions de présentatrice, Directrice de l’information puis Rédactrice en chef. Par son exigence, sa rigueur et son sens élevé du service public, elle a contribué avec détermination à l’évolution du journalisme aux Comores », a souligné le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Femme de principes et journaliste de talents, elle incarnait l’excellence et la rigueur professionnelle, devenant une source d’inspiration pour de nombreux collègues de sa génération », avait écrit le journal national Al-watwan. « Binti Mhadjou était une journaliste professionnelle accomplie. Elle ne tâtonnait jamais lorsqu’il s’agissait de professionnalisme. Malgré la confusion créée par ceux qui s’improvisent journalistes, Mhadjou maîtrisait son domaine comme ses cinq doigts », a ajouté le directeur général de la télévision comorienne, Hablani Assoumani, qui ajoute que la journaliste « a su démontrer tout son savoir-faire avec rigueur, engagement et loyauté ».

Le journaliste Ali Moindjié, ancien directeur général d’Al-watwan et ancien correspondant de l’AFP à Moroni se dit « attristé » en apprenant le décès de Binti Mhadjou. « C’est une grande perte pour le journalisme comorien et pour la cause féminine. (…). Son parcours professionnel, qui l’avait amené en outre à exercer avec talent dans la presse écrite, a toujours été guidé par une éthique exigeante et un sens profond de l’honneur professionnel », a-t-il écrit. « L’AJSIC tient à souligner son courage, sa passion et son inspiration pour toute la communauté journalistique comorienne, et en particulier pour les jeunes journalistes qui la considéraient comme un modèle », a réagi  l’Association des journalistes sportifs des îles Comores (AJSIC).

« Un vide immense au sein de la grande famille de la presse comorienne »

« Après ses études en journalisme au Sénégal, Binti Mhadjou fera ses premiers pas à l’Ortc, devenant par la force de ses talents et l’image de sa personnalité, présentatrice du JT, cheffe de rubrique, directrice de l’information puis rédactrice en chef de la télévision nationale », a rappelé Al-watwan. « Binti Mhadjou a marqué notre organisation par son professionnalisme, son sens du devoir et son engagement en faveur de la défense et de la promotion du métier de journaliste aux Comores. Pieuse, polie et profondément respectueuse de ses collègues, elle incarnait des valeurs humaines et professionnelles qui forcent l’estime », souligne le Syndicat national des journalistes comoriens (Snjc) dans un communiqué.

« Une perte unique, un chagrin unique, une absence unique », a écrit l’homme d’affaires Daoud Halifa, très actif sur les réseaux sociaux. « Sa disparition brutale laisse un vide immense au sein de la grande famille de la presse comorienne. Elle nous affecte profondément et plonge l’ensemble des journalistes comoriens dans la consternation et la douleur », ajoute le syndicat des journalistes. La défunte était âgée de 36 ans et laisse derrière elle un enfant.

A.S.Kemba

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