Ouragan, cyclone, typhon : trois noms pour le même phénomène météorologique
Ces trois mots désignent en réalité le même type de tempête très puissante, qui se forme dans les régions tropicales. Il s’agit d’un énorme tourbillon accompagné de fortes pluies et de vents violents soufflant à plus de 118 km/h et pouvant même atteindre les 350 km/h !

Le cyclone (du grec kuklos : « cercle rond ») s’observe dans l’océan Indien et le Pacifique Sud. L’ouragan (de Hunraken, dieu maya de la tempête) prend naissance dans l’Atlantique Nord et dans le Pacifique Nord-Est. Le typhon (issu du chinois t’ai fung voulant dire « grand vent ») quant à lui se déclare dans le Pacifique Nord-Ouest.
Les territoires français concernés par ces phénomènes sont la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint Barthélémy, La Réunion, Mayotte ainsi que la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française.
Quelles sont les conséquences d’un cyclone ?
Sur le littoral, le cyclone a pour conséquence d’élever le niveau de l’eau au moment de son passage, ce qui peut conduire à des inondations par submersion marine.
Les vents qui accompagnent le cyclone peuvent produire une puissante houle, qui peut entraîner des dégâts majeurs du fait des chocs sur les installations, même quand le cyclone se trouve à des milliers de kilomètres. Les cyclones génèrent également souvent des précipitations particulièrement intenses. En ruisselant, elles peuvent provoquer des inondations et des glissements de terrain.
Comment prévenir les conséquences d’un cyclone ?
La formation des vents cycloniques peut être prévue plusieurs jours à l’avance avec des modèles numériques, puis confirmée par la détection de formations cycloniques par satellite ou radar. La prévision des trajectoires d’un cyclone et de son intensité reste cependant légèrement imprécise (ex. : plusieurs dizaines de kilomètres pour la trajectoire à 24h d’échéance), ce qui nécessite un suivi et une actualisation fréquente.

Depuis la survenue du cyclone Irma aux Antilles en 2017, le ministère de la Transition écologique et le ministère des Outre-mer ont mené avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), des études afin d’améliorer la prise en compte des risques liés aux vents cycloniques dans la construction des bâtiments situés dans les départements et régions d’outre-mer exposés à cet aléa.
Les conclusions de ces travaux ont permis de préciser les règles techniques relatives à la conception et la construction des bâtiments dans les zones exposées aux cyclones. Pour répondre à cet objectif, deux guides à destination des acteurs de la construction ont été réalisés afin de favoriser l’application correcte de la réglementation paracyclonique en vigueur : les deux guides des exigences réglementaires et le guide de conception et construction paracycloniques de maisons individuelles (C2PMI).
Quels sont les impacts du changement climatique ?
Selon le sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le changement climatique ne rendra pas les cyclones plus fréquents, mais plus puissants. Ainsi, l’intensité moyenne des cyclones pourrait augmenter de 5 % ; et les cyclones les plus violents (catégories 4 et 5) pourraient devenir 14 % plus nombreux !

D’autres effets sont également attendus comme des mers plus chaudes rendant l’atmosphère plus humide, ce qui alimente les cyclones. Les cyclones pourraient ainsi se former plus au nord ou au sud, touchant des régions moins préparées. Avec la montée du niveau de la mer, les vagues générées par les cyclones (houle) seront plus dangereuses. En conséquence, la sinistralité dans les territoires d’outre-mer pourrait augmenter de 20 % d’ici 2050, selon une étude menée par Météo-France.
Lors des questions au Gouvernement le 10 décembre dernier, le sénateur Saïd Omar Oili avait pressé l’exécutif de rendre publics les retours d’expérience, évoqués par la ministre des Outre-mer, après le passage du cyclone Chido. Naïma Moutchou s’était alors engagée à demander au préfet de Mayotte d’organiser « dans les prochains jours » une présentation sur la saison cyclonique, aux côtés des collectivités, et instaurer un rendez-vous annuel de préparation.



