Budget, logement et environnement au cœur de la séance plénière

Après une première tentative avortée faute de quorum, les conseillers départementaux se sont retrouvés ce lundi pour une session de deuxième lecture, avec huit rapports à l’ordre du jour.

En ouverture, le président du Conseil départemental Ben Issa Ousseni a rappelé l’importance de la tenue des assemblées plénières, qu’il a qualifiées de « lieu d’échange et de décision démocratique ». Il a également insisté sur le rôle des élus appelés à siéger et à travailler collectivement sur les enjeux du territoire.

Des dossiers structurants à l’ordre du jour

Le quorum était atteint ce lundi contrairement à la semaine dernière.

Au programme de cette matinée, l’adoption puis l’examen de plusieurs rapports portés par différentes commissions, comme les finances ou encore solidarités et santé. Au total, huit rapports ont été examinés au cours de la séance.

Parmi les dossiers marquants, celui relatif à l’inscription de la barrière interne récifale du lagon de Mayotte au patrimoine mondial de l’Unesco. Le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement de Mayotte (CCEE) a salué cette démarche, tout en appelant à l’anticipation des risques pouvant fragiliser la barrière et à une meilleure association de la population. Pour la commission, cette inscription représente une opportunité pour le territoire, à condition d’une gestion rigoureuse, d’un accompagnement des acteurs locaux et d’un suivi renforcé.

Même son de cloche du côté du CESEM, qui a validé l’ensemble des rapports examinés à l’exception de deux documents qui ont été ajoutés tardivement. Le Conseil économique, social et environnemental a lui aussi accueilli favorablement l’inscription du récif à l’Unesco, y voyant un levier de développement, de coopération scientifique et de valorisation du capital naturel, tout en appelant à une démarche ambitieuse et structurée.

Ajustements budgétaires et décisions financières

Sur le volet financier, plusieurs rapports ont été examinés, dont celui portant sur la constitution d’une provision supplémentaire de 8,7 millions d’euros pour des créances non recouvrées. Celles-ci, principalement anciennes et datant des années 2012 à 2014, concernent des situations jugées difficiles à recouvrer, avec pour objectif de les supprimer progressivement. Les élus ont également validé une subvention d’équilibre pour le budget santé et protection de l’enfance, ce qui permettra d’assurer la rémunération des assistants familiaux, ainsi que l’ouverture de crédits d’investissement avant le vote du budget 2026.

Mayotte, barge,
Il y’a eu plusieurs manifestations de certains agents de la DTM quant à la mise en place de la nouvelle billetterie.

Dans la continuité des ajustements budgétaires, le Département s’est porté garant pour un emprunt contracté par AL’MA dans le cadre d’un projet de logements à Chirongui. Le budget de la billetterie de la barge a été ajusté : prévu à 5 millions d’euros comme en 2023 et 2024, il devrait finalement atteindre environ 4 millions d’euros. Cette baisse est dû aux nombreux mouvements de grève et certaines difficultés de fonctionnement ces derniers mois. Pour compenser, une subvention supplémentaire de 1,5 million d’euros a été votée, couvrant 500.000 euros de réparations pour les barges et un million d’euros pour la masse salariale.

Bibi Chanfi a présenté une motion sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.

Autre décision marquante : l’adoption d’une motion présentée par Bibi Chanfi sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Ce dispositif européen, qui va entrer en vigueur le 1er janvier 2026, ne s’appliquera pas aux marchandises destinées à Mayotte, afin de tenir compte des contraintes propres aux régions ultra-périphériques et du coût élevé des importations. « Cela va permettre aux constructeurs qui le souhaitent d’avoir recours à des matériaux importés de nos voisins », a  souligné la deuxième vice-présidente, chargée du Développement économique et de la Coopération décentralisée.

Un dernier vote qui divise

Le dernier rapport portait sur l’avis du Conseil départemental concernant la non-revalorisation de l’aide à l’insertion sociale et professionnelle. Il a été adopté à la majorité, mais a suscité quelques réserves. Hélène Pollozec a pointé l’écart entre cette aide et d’autres dispositifs. « On est entre 500 à 580 euros, alors que d’autres aides, comme le RSA, tournent autour de 320 euros », a-t-elle expliqué, jugeant que cette différence pourrait envoyer un message ambigu aux bénéficiaires.

De son côté, le conseiller départemental de Mamoudzou, El Yassir Manroufou, a voté contre le dossier, tandis qu’Hélène Pollozec s’est abstenue. Malgré ces prises de positions, le rapport a été adopté, la majorité des élus ayant donné leur accord.

Shanyce MATHIAS ALI.

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