À Mamoudzou, une école flambant neuve accueille ses premiers élèves, symbole d’un pari éducatif et social ambitieux.

Il y avait des sourires, des applaudissements, mais aussi une émotion discrète, ce jeudi 28 août 2025, sur le plateau presque neuf des Hauts-Vallons. Après trois ans de travaux contrariés par la sécheresse, les mouvements sociaux, les aléas techniques mais surtout le passage du cyclone Chido, l’école maternelle Hamaha a enfin été inaugurée. Un ruban coupé, des enfants impatients d’investir leurs classes et leur salle de récréation, et un maire qui, devant la foule, a choisi de citer Victor Hugo : « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ! »

Une inauguration attendue

Mayotte, école maternelle Hamaha, groupement scolaire T24 Hauts-Vallons,
De gauche à droite : le maire de Mamoudzou, l’architecte de l’infrastructure, et la directrice de l’école maternelle.

Sous le soleil lourd de fin d’hiver austral, la cour immaculée de Hamaha a vibré. Neuf classes prêtes, 270 enfants inscrits, et des élus venus célébrer bien plus qu’un simple équipement. « C’est une fierté et une émotion partagée, un moment qui compte pour Mamoudzou », a lancé Ambdilwahedou Soumaïla, le maire de la Ville, évoquant « un nouveau quartier, presque un nouveau village ».

Mayotte, école maternelle Hamaha, groupement scolaire T24 Hauts-Vallons,
La ZAC de Hauts-Vallons se construit progressivement.

Cette école est la première pierre éducative de la ZAC des Hauts-Vallons, vaste projet mêlant logements, commerces et équipements publics. « Dans Mamoudzou 2030, nous avons fait de l’éducation la boussole, un outil premier de justice sociale et d’égalité des chances », a insisté l’édile.

Une école pensée autour du climat 

Mayotte, école maternelle Hamaha, groupement scolaire T24 Hauts-Vallons,
De part et d’autre de l’école maternelle, des patios ouverts ont été conçus pour faire circuler l’air à l’intérieur du bâtiment.

Signée par l’agence AROM, l’école s’étend sur 4 600 m², conçue comme un cocon tropical. « Le terrain encaissé et la pente nous ont obligés à repenser la ventilation naturelle et l’ensoleillement », explique l’architecte, Violaine Liétar.

Les classes ont été surdimensionnées pour favoriser lumière et circulation de l’air. Des protections solaires filtrent la chaleur, et, grande première, un gigantesque gazon synthétique a été posé dans la cour.

« L’idée était d’offrir un confort thermique qualitatif, avec le plus d’ombrage possible », poursuit-elle. Dans les patios offrant des courants d’air de part et d’autre de l’école, des jardins pédagogiques permettront aux enfants de toucher du doigt la nature.

Un chantier semé d’embûches, un symbole de résilience

Mayotte, école maternelle Hamaha, groupement scolaire T24 Hauts-Vallons,
Derrière ce mur, l’école élémentaire toujours en chantier, accueillera quinze classes.

Initialement prévue pour le mois de mai 2024, l’inauguration a pris plus d’un an de retard. « L’aléa géotechnique et la charpente livrée huit mois trop tard ont bouleversé le calendrier », admet la Ville. Les grèves de 2024 et la sécheresse de 2022-2023 ont amplifié les délais. Et comme si cela ne suffisait pas, le cyclone Chido est venu souffler la mauvaise note finale, véritable cerise amère sur un gâteau déjà trop lourd. Résultat : seule la maternelle est livrée, l’élémentaire suivra.

Montant global : 15 millions d’euros, financés à 87,8 % par l’État, le reste par la commune. « Malgré les charges budgétaires et les aléas climatiques, nous avons tenu bon », souligne le maire. Et de conclure : « Chaque école qu’on construit, c’est un homme qu’on gagne. Aujourd’hui, c’est un lieu où il fait bon être enfant qui s’ouvre. »

Mathilde Hangard