Les autorités émiraties multiplient des signaux de rapprochement avec la Grande Ile après l’ouverture d’une ambassade à Madagascar et d’une ligne directe entre Tana et Dubaï. Le pays du Golfe annonce un ambitieux programme d’investissement de dix milliards de dollars qui sera financé par le Fonds d’Abu Dhabi. Construction de ports, centrale électrique, exploitation de l’or ou encore culture du riz sont au cœur de cette nouveau partenariat stratégique entre les deux pays

Madagascar : Les Emirats mettent dix milliards de dollars pour dix secteurs clés

Les autorités émiraties multiplient des signaux de rapprochement avec la Grande Ile après l’ouverture d’une ambassade à Madagascar et d’une ligne directe entre Tana et Dubaï. Le pays du Golfe annonce un ambitieux programme d’investissement de dix milliards de dollars qui sera financé par le Fonds d’Abu Dhabi. Construction de ports, centrale électrique, exploitation de l’or ou encore culture du riz sont au cœur de cette nouveau partenariat stratégique entre les deux pays

Les Emirats arabes unis vont-ils transformer Madagascar en «vitrine du développement africain» ? C’est le souhait des autorités des deux pays après l’annonce, le 21 janvier, lors de l’Annual Investment Meeting (AIM) d’Abu Dhabi, d’un important investissement d’un montant de dix milliards de dollars en faveur du développement de la Grande Ile.

La centrale hydroélectrique de Sahofika

L’on apprend, via les medias, que dix secteurs intéressent les autorités émiraties : construction d’infrastructures, de production de sucre, de protection du littoral ou encore de raffinage local d’or. Il y a aussi des projets dans la haute technologie, la cybersécurité, la gestion de l’eau, l’éducation ou l’agriculture.

«En parallèle, Abu Dhabi Ports (ADP) a signé un protocole d’accord pour moderniser les ports malgaches, développer les infrastructures de pêche et créer des zones franches», souligne la presse malgache qui ajoute que «cette dynamique englobe également des investissements dans des raffineries d’or, des routes, ainsi que des projets agricoles, notamment pour la culture du riz et de la canne à sucre».

Un projet de construction de la centrale hydroélectrique de Sahofika est également annoncé par les deux pays avec comme ambition d’augmenter ses capacités en vue d’améliorer significativement le taux d’accès à l’électricité à Madagascar. «Un projet structurant dans un pays où sept habitants sur dix n’ont pas accès à l’électricité, dont le développement sera assuré par la société émiratie MASDAR», indique le site de la revue géopolitique « Conflits ».

Cette approche prônée par les Emirats arabes unis avec l’accord de Madagascar vise à donner un coup d’accélérateur à la « Vision pour le développement de Madagascar. Fasandratana 2030 », chère au président Andry Rajoelina. «Nous avons besoin de partenariats solides avec les Emirats arabes unis», a indiqué le dirigeant malgache à l’occasion de ce meeting, précisant que sa diplomatie est en pointe partout dans le monde «pour que Madagascar devienne la vitrine du développement africain».

Les Emirats à l’offensive dans l’Océan indien

Le président A. Rajoelina et le ministre émirati du Commerce extérieur à Abu Dhabi

Les relations entre les Emirats arabes unis se sont améliorées ces dernières années. Ce pays du Golfe aspire jouer un rôle catalyseur dans la transformation future de Madagascar «Nous sommes engagés à travailler avec nos amis ici, pour moderniser les opérations gouvernementales, assurer une meilleure efficacité, améliorer les services publics et améliorer la vie de la population», a souligné le ministre émirati du Commerce extérieur, Dr Thani bin Ahmed Al Zeyoudi.

Les Emirats arabes unis sont à l’offensive dans la zone Océan indien. Abu Dhabi s’est bien implanté aux Comores où elle finance divers projets dans l’éducation et l’énergie. Une centrale solaire d’un montant de 50 millions de dollars est actuellement en cours de construction à Ngazidja (Grande-Comores). Les autorités émiraties comptent également offrir des opportunités d’investissements au Mozambique notamment dans le domaine de la surveillance des eaux maritimes.

A.S.Kemba, Moroni

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