Six semaines après le passage du cyclone Chido, les élèves de Mayotte vont progressivement reprendre le chemin des cours dès lundi 27 janvier 2025. Initialement prévue le 13 janvier, la rentrée scolaire au sein de l’archipel mahorais avait d’abord était reportée au lundi 20 janvier, avant d’être fixée au 27 janvier, en raison de l’ampleur des dégâts matériels causés par le cyclone sur les établissements scolaires.
75% des personnels éducatifs présents
Lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale jeudi 23 janvier, la présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Mayotte, Adda Fatihoussoundi, a estimé que l’organisation d’une rentrée scolaire à Mayotte était précipitée compte tenu des dégâts laissés par le cyclone. « C’est le flou total, on ne peut pas dire combien d’enfants seront là. » Après une semaine de retour progressif des personnels éducatifs de l’île pour préparer cette rentrée, ces personnels seraient « massivement présents », d’après le recteur de Mayotte, Jacques Mikulovic. Près de 80% d’entre eux seraient opérationnels au sein du premier degré et plus de 70% du second degré auraient répondu à l’appel.
Une rentrée tricotée selon les établissements
D’après le Rectorat, près de 30% des établissements scolaires ravagés par le cyclone seraient inexploitables. À ce sujet, Jacques Mikulovic a déclaré que « trois établissements du second degré [le collège de Chiconi, le collège de Kwalé, et le lycée de la Cité du Nord] ne pourront pas ouvrir la semaine prochaine ». Concernant les écoles primaires, 39 écoles sur les 221 de l’île resteront fermées « pour des raisons de sécurité ». Dès la semaine du 3 février, les élèves et les personnels des trois établissements du second degré pourront réintégrer leurs locaux. Pour les élèves des 39 écoles endommagées, « une répartition au sein de la commune avec une organisation pédagogique spécifique » a été déployée, a annoncé le recteur de Mayotte. Au sein de chaque établissement, différentes modalités seront mises en place. Par exemple, au lycée général et professionnel de Kahani, les emplois du temps seront adaptés pour répondre au besoin des élèves prioritaires. Lundi, seuls les élèves concernés par des examens reprendront les cours, a indiqué le Rectorat.
« Peu importe les critiques extérieures »
Jeudi 23 janvier, environ 300 personnels de l’Éducation s’étaient réunis pour manifester en protestation contre les conditions dans lesquelles s’organise cette rentrée, à Mamoudzou. Pour le maire de la Ville, « peu importe les critiques extérieures« , sur l’organisation de cette rentrée dans un contexte difficile post-cyclone, il est nécessaire que « les professeurs et les élèves se retrouvent. » À ce stade, 343 élèves du premier degré (soit 0,5% de l’ensemble des élèves du premier degré de l’île) et 575 élèves du second degré (soit 1% de l’ensemble des élèves du second degré de l’île) ont demandé une radiation au sein de l’Académie de Mayotte pour poursuivre leur scolarité dans un établissement scolaire d’un autre département.
Borne et Valls attendus en fin de semaine
Si le programme de son déplacement n’a pas encore été transmis, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, se rendra à Mayotte cette semaine dans le cadre de cette rentrée. Cette visite pourrait être associée à celle du ministre des Outre-Mer, Manuel Valls, à nouveau en déplacement sur l’archipel, jeudi 30 et vendredi 31 janvier 2025. Lors de l’examen du projet de loi d’urgence qu’il défendait devant l’Assemblée nationale, Manuel Valls a déclaré que la rentrée scolaire à Mayotte « sera progressive, complexe, difficile, avec des modalités adaptées ». Si le programme de son déplacement n’a pas encore été communiqué, Élisabeth Borne, souhaiterait « avoir un aperçu de la situation de l’ensemble du territoire, autant concernant les écoles maternelles, élémentaires, que les collèges et les lycées » du département, nous a confié le recteur de Mayotte. Si de nombreuses interrogations persistent notamment sur le nombre de professeurs mais aussi d’élèves qui répondront à l’appel ces prochains jours, se pose aussi un ensemble de questions sur la vie future d’une partie de la population qui a bien souvent tout perdu dans la catastrophe.
Mathilde Hangard