Cyclone : Les priorités du Césem pour la reconstruction post-Chido

Suite à une réunion de son bureau, le Conseil économique, social et environnemental de Mayotte a rendu un avis sur les principales mesures à déployer pour reconstruire le territoire sur des bases "résilientes."

Trois semaines après le passage du cyclone Chido, où des vents à plus de 230 km/h ont été mesurés à Pamandzi, les pertes humaines restent difficilement mesurables et les dégâts sur les infrastructures, les habitations et la biodiversité sont tentaculaires. Alors qu’il était déjà confronté à de multiples défis, cette catastrophe naturelle met en lumière « les vulnérabilités structures et institutionnelles de l’archipel mahorais », d’après le Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (Césem).

Le Césem plaide pour « des solutions d’hébergement sécurisées » à la place des bidonvilles 

Réuni le 30 décembre, le Césem insiste sur la nécessité de « répondre aux besoins essentiels de la population », incluant « le renforcement de l’accès à l’eau potable, à la nourriture, au réseau électrique et à la santé », mais aussi « la mise en place d’abris temporaires à même de rendre les établissements publics à leur affectation au service de la population, notamment les établissements scolaires. » Au sujet des bidonvilles, le Césem estime que « la crise actuelle offre une opportunité de rompre avec des pratiques qui ont exposé des milliers de familles à des risques mortels » et que « des solutions d’hébergement sécurisées doivent être mises en place très rapidement. » Alors que le choix de l’emplacement de l’hôpital de campagne, l’ESCRIM, à Cavani, avait suscité quelques réactions d’élus du Nord et du Sud de l’île, qui s’estimaient lésés dans la gestion de crise post-cyclone, retenus dans des zones enclavées, le Césem soutient que des « unités sanitaires mobiles » au Nord et au Sud du département devront être installées « jusqu’à la totale réhabilitation du Centre hospitalier de Mamoudzou », largement abîmé par le cyclone, de même que « le complet rétablissement des voies de circulation, des réseaux d’eau, d’énergie et de télécommunication, et les réseaux de télécommunications » doivent être « une priorité absolue. »

Un centre opérationnel « unique » pour la coordination de la reconstruction

Sur le modèle du territoire de Saint-Martin après le passage de l’ouragan Irma le 6 septembre 2017, les membres du Césem estime qu’une « coordination centralisée des différents acteurs » doit être mise en place, regroupant les services de la préfecture, certains organes des collectivités locales, des représentants de la Sécurité civile et de l’armée, supervisé par un « représentant spécial » qu’il conviendra de nommer. D’après le Conseil, une reconstruction « village par village » est nécessaire sur appui d’un diagnostic « complet et précis » des dégâts laissés par le cyclone, en promouvant des normes de construction adaptées aux risques cycloniques et sismiques, tout en facilitant l’accès à des matériaux de qualité à des coûts raisonnables. Pour le permettre, le Césem souhaite qu’un accès au prêt à taux zéro aux particuliers pour faciliter la remise aux normes des habitations soit déployé, de même qu’une aide aux personnes n’ayant pas souscrit d’assurance catastrophe naturelle ainsi que des aides aux entreprises sinistrées.

« Renforcer la résilience » de l’archipel

Pour prévenir d’autres catastrophes, les membres du Conseil plaident pour une « stratégie globale d’urbanisme durable », où des actions de sensibilisation et de formation des habitants aux gestes à adopter avant, pendant et après un cyclone, doivent devenir « des priorités ». Additionné à ces méthodes de résilience, le Césem souhaite qu’un « système d’alerte précoce moderne, basé sur des technologies comme les applications mobiles » soit installé, afin d’anticiper ces phénomènes climatiques. D’autre part, les écosystèmes naturels de l’île ayant été fortement impactés par le cyclone, « une campagne de reboisement de l’archipel et la replantation d’essences d’arbres fruitiers sont deux mesures soutenues par le Conseil, pour permettre à la population et aux animaux de retrouver des ressources alimentaires.

Mathilde Hangard

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