Le syndicat du second degré pointe les dysfonctionnements de la coordination des services de l’État dans la prise en charge notamment des enseignants. Pourtant, le rectorat a réagi en temps et heure, mais un bilan sera à dresser à l’issue, notamment sur le bâti.

Éducation nationale : les leçons du SNES

Le syndicat du second degré pointe les dysfonctionnements de la coordination des services de l’État dans la prise en charge notamment des enseignants. Pourtant, le rectorat a réagi en temps et heure, mais un bilan sera à dresser à l’issue, notamment sur le bâti.

Après le cyclone, l’un des plus gros employeurs de l’île compte ses forces vives. Cueillant les enseignants au premier jour des vacances scolaires, Chido a touché ceux qui n’étaient pas encore partis en congés, et les habitations des absents. Le syndicat SNES-FSU explique avoir contacté les enseignants en relayant les besoins au rectorat et au ministère de l’Éducation nationale.

Dans un bilan qu’il dit avoir dressé « près d’une semaine après » le passage du cyclone, le syndicat dit constater une situation précaire pour beaucoup d’enseignants et un manque d’informations : « Certains avec des enfants en bas-âge sont encore dans une situation de détresse absolue, sans eau ni électricité, n’ayant rien vu de l’arrivée de bouteilles d’eau ou de nourriture sur l’île. Dans les jours qui ont suivi le cyclone, de très nombreux collègues se sont tournés vers nous, n’ayant plus de toit et ne trouvant aucune information officielle sur les possibilités d’hébergement d’urgence. »

Dès le 17 décembre, le rectorat mettait pourtant à disposition le numéro vert d’une cellule d’écoute 0800 710 170, pour accompagner les personnels de l’Académie de Mayotte et leurs familles, avec des assistantes sociales formées à ce sujet. Mais le SNES n’y voit qu’une solution partielle et dénonce « une coordination entre les différents services de l’État, avec une communication défaillante et très éloignée de la réalité et des besoins de nos collègues ». Il est notamment question des évacuations des familles en situation précaires, « les informations ont varié d’une journée à l’autre, d’un endroit à l’autre, d’un interlocuteur à un autre selon qu’il soit de la préfecture ou de l’Éducation nationale, entraînant incompréhension, colère et ressentiment ». Un constat partagé par beaucoup d’acteurs qui rapportent des scènes de désespoir à l’aéroport de Pamandzi, que nous avons relayées.

Repenser le bâti

Au regard de l’ampleur des dégâts, revoir le bâti est indispensable

Outre la communication sur place auprès des personnels en situation précaire, le SNES-FSU Mayotte recense ceux qui étaient en métropole et qui ont tout laissé derrière eux.

L’heure n’est pas encore au bilan ni aux très prisés retours d’expérience, mais on sait déjà que le cyclone s’est déchainé sur un territoire peu préparé à ces catastrophes.

Que Chido ait mis en lumière le retard du territoire n’est pas un scoop, mais c’est utile que le syndicat s’en fasse aussi le relais, « les dégâts reflètent l’intensité du cyclone mais sont aussi le résultat du sous-investissement chronique de l’État français à Mayotte (…) L’Etat doit apporter des réponses immédiates, notamment humanitaires, mais aussi de moyen terme, en prenant en compte les besoins de Mayotte (éducatifs, sociaux, économiques, environnementaux). »

Désormais, quel que soit le domaine, on ne va plus pouvoir s’exonérer d’une réflexion sur le type d’habitat à adopter à Mayotte : « Il y a urgence à penser le bâti scolaire à l’aune des défis climatiques et environnementaux. La reconstruction de Mayotte ne pourra passer à côté de ces enjeux. »

A.P-L.

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