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jeudi 18 avril 2024
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Les élus et le collectif des citoyens font front commun contre le camp de migrants du stade de Cavani

A l’appel du collectif des citoyens 2018, les élus se sont réunis en présence de ses membres à la mairie de Mamoudzou pour décider de la suite des actions à mener pour obtenir de l’Etat le démantèlement rapide du camp de migrants installé au stade de Cavani.

Safina Soula, présidente du collectif des citoyens 2018.

« Gérald Darmanin a dit hier dans l’annonce qu’il a faite à La Réunion exactement ce que nous voulions entendre. Mais les effets d’annonce, ça suffit ! Nous voulons savoir quand ce camp sera démantelé », a affirmé Zaïdou Bamana, consultant pour le collectif des citoyens 2018, au cours de la réunion de ce jeudi matin à la mairie de Mamoudzou. Espérant y voir l’ensemble des maires de Mayotte, les membres du collectif ont eu la déception de n’y trouver que le maire de Mamoudzou et un représentant de l’association des maires. En revanche, beaucoup d’élus du Conseil départemental avaient fait le déplacement dont le président Ben Issa Ousseni. Ce qui a fait dire à Safina Soula, la présidente du collectif que « Seuls se sont déplacés les élus dont nous avons bloqué les structures ». Salim M’déré, l’un des vice-présidents du Conseil départemental, a abondé dans son sens : « C’est un vrai problème à Mayotte, trop peu d’élus daignent se déplacer pour assister aux réunions ». Toutefois, une bonne vingtaine d’élus étaient bel et bien présents pour écouter les revendications du collectif 2018.

De nombreux élus du Conseil départemental étaient présents.

Ses membres ont proposé de « conseiller » les élus quant à la marche à tenir pour obtenir enfin le démantèlement du camp de migrants installé au stade de Cavani. « Nous n’avons pas la prétention de nous substituer à vous, mais d’apporter un autre point de vue, moins politique et plus sociétal », a continué Zaïdou Bamana. « Le Gouvernement a changé de discours et reconnait enfin que l’insécurité et la criminalité que nous connaissons à Mayotte est directement liée à l’immigration clandestine. C’est pourquoi nous devons absolument obtenir l’abrogation du système de titre de séjour territorialisé en vigueur à Mayotte. Nous devons parler d’une seule et même voix pour éviter que le Gouvernement ne profite d’éventuelles divisions internes pour faire perdurer une situation intolérable », a-t-il ajouté. Le collectif a déclaré refuser toute forme de négociation, notamment l’idée de dispatcher les migrants venus de l’Afrique des grands lacs sur l’ensemble des autres communes. « Ces gens qui s’accaparent nos terres doivent rentrer chez eux », a martelé Zaïdou Bamana. Il a posé un ultimatum aux élus : si dans deux ou trois jours ils n’obtiennent pas de réponse claire du Gouvernement sur la date et la manière dont ce camp sera démantelé, le collectif continuera à bloquer le l’Hôtel du Département et les mairies. « Nous voulons du concret », a-t-il déclaré.

Appel à un grand rassemblement de la population ce dimanche au stade à 9h

Le président du Conseil départemental et le maire de Mamoudzou ont manifesté leur soutien au collectif, mais davantage sur le fond que sur la forme.

Zaïdou Bamana est même allé encore plus loin en menaçant d’appeler la population à détruire le mur d’enceinte du stade de Cavani. « De toute façon vous serez obligés de le détruire un jour ou l’autre puisqu’il n’est pas aux normes. Nous vous proposons de vous y aider ! », a-t-il glissé ironiquement. « Si les migrants se retrouvent à ciel ouvert, ce sera moins facile pour eux de rester », a-t-il poursuivi. Même si l’annonce de Gérald Darmanin est, pour le collectif, « un début de réponse », elle n’est pas suffisante. « Les chiffres font actuellement état de 700 personnes dans le camp. Il en arrive tous les jours. Ce matin encore une cinquantaine de Somaliens ont débarqué sur la plage de M’liha. Le ministre a parlé de ne rapatrier que ceux qui ont déjà obtenu leur statut de réfugié, à savoir seulement une quarantaine de personnes. Mais nous, nous voulons qu’ils partent tous ! », a déclaré Safina Soula, la présidente du collectif. Ce dernier a conclu en déclarant qu’ils allaient organiser un grand rassemblement ce dimanche à 9 heures devant le stade de Cavani pour continuer à manifester leur mécontentement.

Zouhouria Mouayad Ben, chargée de la culture et des sports, a plaidé en faveur de la réouverture de la salle de cinéma « pour les jeunes de Mayotte ».

Les élus ont ensuite fait savoir qu’ils étaient d’accord sur le fond avec le collectif, mais pas sur la forme. « Comment voulez-vous qu’on travaille à résoudre le problème si on ne peut pas accéder à nos locaux ? Il faudrait que vous nous laissiez au moins l’accès au cabinet », ont-ils presque supplié. Le maire de Mamoudzou a quant à lui déploré la destruction de plusieurs badges informatiques de la mairie ainsi que l’absence des membres de son collectif lors du sit-in qu’il a effectué chaque jour du 6 décembre au 6 janvier devant le stade, « seul ou presque ». « Il serait peut-être temps de réfléchir à un autre statut pour Mayotte que celui de département, car en tant que département, l’Etat décide pour nous. Un statut du genre de celui de la Nouvelle-Calédonie nous donnerait plus de latitude pour diriger notre île comme nous l’entendons. C’est à réfléchir ! », a-t-il affirmé. Le collectif a promis de réfléchir à débloquer éventuellement certains locaux du Conseil départemental et de la mairie pour permettre aux élus de travailler.

La peur de ces migrants venus d’Afrique « porteurs potentiels de maladie, criminels recherchés pour certains » était palpable aussi bien au sein du collectif qu’au sein des élus. Un membre du collectif a dit redouter particulièrement les Somaliens, habitués à une grande violence dans leur pays. « Si on continue à les accueillir à ce rythme, on est foutu ! Il peut se passer le même genre de chose qu’il s’est passé au Kenya », a-t-il déclaré. « A ce rythme, on est voué à disparaître et moi je ne veux pas disparaître », a-t-il ajouté avec exaspération.

Ben Issa Ousseni a quant à lui fait part de « sa grande déception quant aux premières réponses du Gouvernement concernant la loi Mayotte ». « Quasiment toutes les propositions que nous lui avons faites concernant l’immigration clandestine et l’insécurité ont reçu un avis défavorable », a-t-il révélé. En tout cas, tant que le Gouvernement n’agira pas de manière concrète sur le démantèlement du camp de migrants du stade de Cavani, le collectif poursuivra ses actions. « Mayotte est petite, il n’y a pas de travail pour tout le monde, si le Gouvernement veut accueillir ces gens, qu’il les transfère en métropole. C’est là qu’ils veulent aller de toute façon ! », a conclu Safina Soula.

Nora Godeau

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