Les maires n’ont pas dit leur dernier mot !

L’Association des Maires, qui avait organisé une « marche des maires » lundi 18 décembre dernier dans les rues de Mamoudzou, pour inciter le gouvernement à agir plus efficacement contre les violences urbaines à Mayotte, n’a pas dit son dernier mot. Madi Madi Souf, le président de l’association des maires, affirme que d’autres actions auront lieu dès le début de l’année 2024.

Depuis plusieurs semaines, les violences urbaines font rage aux 4 coins de Mayotte sans que rien ne semble pouvoir arrêter durablement l’engrenage. Les forces de l’ordre interviennent à chaque fois, certes, mais ce n’est que pour qu’éclatent d’autres violences du même genre dès le lendemain à quelques kilomètres de distance. Inquiète pour son île, l’Association des Maires de Mayotte, présidée par le maire de Pamandzi Madi Madi Souf, a décidé lundi dernier de faire entendre sa voix au travers d’une marche dans les rues de Mamoudzou jusqu’à la préfecture où les maires ont été reçu par Thierry Suquet.

La « marche des maires » a été réalisée à l’initiative de Madi Madi Souf, président de l’Association des Maires et maire de Pamandzi.

« Nous avons écouté le préfet nous dresser la liste de toutes les mesures en cours, mais ce que nous voulons, c’est une action forte du gouvernement. Nous pensons que ce dernier devrait mettre en place l’état d’urgence sécuritaire à Mayotte. Nous voulons aussi qu’une deuxième opération Wambushu, ou quelque-chose d’équivalent, soit lancée », a déclaré Madi Madi Souf.

Pour l’Association des Maires, cette marche du 18 décembre avait pour but de passer un message fort au gouvernement. « Il faut que quelque-chose soit fait contre l’insécurité quelque soit la forme que cela prendra. On ne peut plus continuer à vivre comme ça ! », a ajouté le maire de Pamandzi. Conscients que le préfet ne peut apporter de réponse pour endiguer les violences qui ont cours actuellement à Mayotte, les maires savent que c’est au gouvernement d’agir. Ils ont d’ailleurs été déçu qu’aucune table ronde sur la question n’ait été organisée avec les maires lors de la venue d’Elizabeth Borne. « Il y a eu un déjeuner républicain, mais celui-ci ne nous a pas donné l’opportunité de nous exprimer sur la question de l’insécurité », regrette le président de l’association des maires.

Le cortège arrivant aux abords de la préfecture, ce lundi 18 décembre 2023 (archives/DR/Mayotte1ere)

L’Association des Maires accorde un mois au gouvernement pour agir

Les violences urbaines sont si régulières à Mayotte que l’Association des Maires estime que l’état d’urgence sécuritaire devrait être mis en place sur le département (archives/®MLG)

« Nous donnons un mois au gouvernement pour proposer quelque-chose. Passé ce délai, nous poursuivrons nos actions de protestation. Il ne s’agit pas d’un ultimatum, mais d’un message fort », précise Madi Madi Souf. L’Association des Maires souhaite rallier à sa cause les conseillers départementaux, les parlementaires, le Medef et la société civile, afin de « réfléchir ensemble aux actions à mener pour lutter contre la violence quotidienne ». Le blocage des routes, qui nuit davantage à la population et à l’économie locale qu’aux délinquants, ne fait pas partie des actions envisagées. En revanche, il se pourrait que des « opérations île morte » soient lancée dès la rentrée 2024. Pour Madi Madi Souf, une deuxième opération wambushu serait également souhaitable. « La population a peut-être l’impression que ça n’a rien donné, mais c’est faux ! Plusieurs chefs de bande ont été arrêté au cours de cette opération et en Petite-Terre, le calme est revenu par rapport à ce qui se passait avant l’opération », a-t-il déclaré.

Houssamoudine Abdallah, maire de Sada, a été le porte-parole de « la marche des maires » du lundi 18 décembre.

En attendant la réponse du gouvernement, de nombreuses réunions sont prévues pour évoquer le sujet de l’insécurité. Ce mardi 26 décembre, l’Association des Maires rencontrera les élus du conseil départemental pour débattre de la question et décider ensemble des actions à mettre en œuvre à la rentrée. Si la forme de ces actions est encore pour le moment mal définie, les maires sont en tout cas bien décidés à agir pour faire entendre leur voix auprès du gouvernement !

N.G

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