C’est un petit film plein d’amour qui a été diffusé en avant-première au cinéma Alpa Joe ce vendredi soir. Et une première même sur la diffusion d’une autre image de Mayotte, terre de légendes et de croyances.

Avant-première du film Laka, « 100% » mahorais

C’est un petit film plein d’amour qui a été diffusé en avant-première au cinéma Alpa Joe ce vendredi soir. Et une première même sur la diffusion d’une autre image de Mayotte, terre de légendes et de croyances.

C’est une salle de cinéma Alpa Joe bien remplie qui assistait ce vendredi soir à l’avant-première du film Laka, (pirogue en shimaore) « il s’agit du premier court-métrage 100% produit à Mayotte et en shimaore », indiquait l’équipe du film. Des noms connus dans le milieu ici, Daniel Chebani, agence C’mapub, diplômé de l’ESRA, Nourdine Abdourahim, Agence 2NZena studio, tous les deux coproducteurs, et Germain Le Carpentier, réalisateur (Les Prémices, primé au Festival Européen du Film Court De Brest). « Ce projet de court-métrage est né de ma rencontre avec Mohamed Allaoui et notre imaginaire commun sur les légendes qui sont racontées sur l’île de Mayotte », rapporte ce dernier.

« Il y a 12 mois, nous discutions du scénario, on s’est lancé dans un récit en shimaore », expliquent-ils en chœur. Pour Nourdine Andourahim, c’est l’aboutissement d’un long chemin, « cela fait 10 mois que je ne dors pas. Moi l’autodidacte passé par la Mission locale, je ne pensais pas contribuer à une telle réalisation un jour ! », rapporte celui qui est désormais à la tête de trois sociétés.

Quand les légendes nourrissent le quotidien

La vice-présidente du CD Zouhourya Mouayad Ben, se réjouissait d’une production qui permet de « voir Mayotte autrement »

Plusieurs semaines de montage et de post production plus tard, le court-métrage Laka de 20 minutes était présenté à un public d’invités venu nombreux dans la salle de cinéma de Mamoudzou.

L’histoire est simple, s’étant fait voler leur pirogue, une jeune fille Mariama (Hafidati Combo) et son papa (Ali Mounir) en empruntent une à un voisin et partent pêcher. Ils sont aussi à la recherche de leur voleur. Mais le volcan joue sa partition. Les images du lagon défilent, sur et sous l’eau, et le jeu minimaliste de la jeune Hafidati Combo laisse suggérer ses sentiments, et tranche utilement avec la scène de fin.

Un film qui fait du bien au moral, tellement l’habitude s’est installée chez les réalisateurs qui s’intéressent à Mayotte de filmer la misère, l’immigration, le naufrage sous toutes ses formes. Sans contrebalancer par les éléments positifs qui rend l’île si attachante.

Le film d’un montant de 49.000 euros s’est fait sur un cofinancement Etat Politique de la Villes, DAC, ANCT, mais également de France télévision. « A Mayotte, nous avons besoin du service public pour financer des films », appuyait Germain Le Carpentier.

Une des scènes du film

Un début encourageant pour ceux qui veulent implanter le cinéma d’auteur sur l’île : « C’est une base solide pour l’émergence du Pôle de production audiovisuel à venir. Raconter des histoire et changer l’image du territoire ». En octobre, des formations seront lancées dans l’objectif de voir émerger dans trois ans un Pôle d’excellence e audiovisuel dans la commune de Mamoudzou.

A.P-L.

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