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lundi 4 mars 2024
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La Perle du sud dévoile son projet d’agence économique

C’est à heure matinale que l’ensemble des partenaires majeurs* de notre île étaient conviés par la présidence de la Communauté de Communes du Sud (CCSud), en la salle de conférence de la mairie de Bouéni afin d’introduire les grandes lignes de son projet en lien avec la création d’une agence intercommunale de développement économique.

Quel résident de la zone nord, centre, et encore plus celle du sud, n’a jamais rêvé de trouver antenne délocalisée d’une quelconque administration afin de lui éviter la demi journée minimum de trajet ? Et je fais l’impasse sur le volet de la densité de circulation et des travaux en chemin. Alors imaginez la même dynamique pour les potentiels porteurs de projets qui auraient aspiration à créer ou développer leur structure et ce, hors du Grand Mamoudzou ? Partie de ce constat, au regard des sollicitations déjà existantes auprès de leur conseillère en entreprise, la CCSud a décidé d’impulser la mise en place de sa propre agence de développement économique permettant ainsi de répondre directement à ses obligations en termes d’attractivité économique donc mais aussi, de manière implicite, au développement touristique de son territoire à haut potentiel.

Petit rappel concis 

Parmi leurs obligations et compétences aussi diverses que variées, la loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), du 7 août 2015, encourage vivement l’action des collectivités territoriales et intercommunalités en faveur de leurs respectifs développements économiques locaux donc, alliés à la compétitivité, l’innovation ainsi qu’à la promotion du tourisme, en collaboration et partage avec le département. Un outil précieux qui offre l’opportunité à l’intercommunalité du sud de pouvoir mettre en place sa propre vision afin de promouvoir la pleine attractivité de son territoire mais à sa sauce ’’made in sud’’. « Le Sud est un territoire riche que nous souhaitons préserver du point de vue notamment environnemental raison pour laquelle nos objectifs se portent avant tout sur des projets à taille humaine, de proximité, avec l’offre d’un guichet unique local et l’aide de nos partenaires majeurs qui nous est indispensable », nous indique Ali Moussa Moussa Ben, président de la CCSud. Des partenaires de poids, d’indéniable expérience mais qui, pour la plupart, sont excentrés du Grand Sud au profit l’éternelle centralisation mamoudzienne.

(De g. à d.) Mouslim Abdourahaman, Ali Moussa Moussa Ben et Attoumani Black Abdullah – Président et vice-présidents CCSud

 Quand l’AIDES demande de l’aide au CNER… 

Bien que l’appellation juridique ne soit pas officiellement encore actée, la préfiguration de l’Agence intercommunale de développement économique du sud (AIDES) a souhaité faire appel à un organisme à la fois, label de qualité, générateur de visibilité mais aussi accélérateur et facilitateur dans la mise en place globale d’un tel projet. C’est ainsi qu’en fin d’année dernière, Kaouthara Abdou Souilihi — chargée de mission préfiguration agence de développement — a contacté les services du CNER qui n’est autre que la Fédération des agences d’attractivité, de développement et d’innovation au niveau national. Ce nom ne vous dit peut être rien de prime abord pourtant, il est à l’origine de la création de l’Agence de développement et d’innovation de Mayotte (ADIM) ainsi que celle de nos voisins réunionnais intitulée Nexa pour ne citer que celles-là. Le CNER, c’est 70 ans d’expérience à travers 71 agences réparties entre l’Hexagone ainsi que les territoires ultramarins.

Gérard Lombardi fait part de son 1er constat après 5 mois de terrain et d’entrevues avec les principaux partenaires

Son rôle ? Une expertise multilatérale afin d’accompagner de manière intelligible et surtout, personnalisée, les intercommunalités dans les élaboration, ouverture et rayonnement de leur propre agence de développement économique. « Il y a des choses qui ne changent pas quand on crée une agence, il faut monter un budget, une organisation, recruter du personnel, faire un plan des taches, des besoins etc. La chose qui change, ce sont bien évidemment les attentes », nous explique Gérard Lombardi, responsable marketing et développement pour CNER Expertise, avant de poursuivre : « une agence de développement à Mayotte, en Guyane, à La Réunion, c’est tout à fait normal. Là où la spécificité et les besoins locaux se précisent, c’est dans le volet insertion qui est très important ». Des besoins importants surtout au regard d’une étude spécifique population CCSud révélant que sur 30 898 habitants, seulement 5 673 jouissaient d’un emploi, du moins déclaré. Car là aussi, même si le fort taux de chômage sur notre île n’est guère un scoop, tout comme l’illettrisme d’ailleurs, il existe aussi une réalité locale en lien direct avec l’économie souterraine et/ou informelle qui est, là aussi, prise en charge dans l’expertise du CNER pour apporter propositions d’insertion concrètes et évolutives à ces différentes problématiques. Tout en greffant des idées novatrices d’attractivité pour aussi assurer le business plan de la structure et la potentialité des ressources liées notamment à location des locaux tel un open-space/co-working à destination des postes en télétravail ou encore un genre de couveuse qui accueillerait sous son propre numéro de siret les porteurs de projets… Le brainstorming est lancé ! 

Les 3 axes privilégiés 

Ainsi vous l’aurez compris, les aspirations de la CCSud au regard de la création de sa maison ou de son agence (qu’importe l’appellation à l’instant T !), ne sont pas de révolutionner le tout Mayotte en s’ouvrant sur des projets irréalistes et non pérennes, dans l’immédiat, relevant du Tourisme international ou bien de la création d’un pôle d’excellence business et consulting pour remplacer les institutions majeures et locales déjà en place ! Non ! Soyons réalistes.

Mutualisation des principaux acteurs de l’île pour une décentralisation des maisons mères, présentée par Kaouthara Abdou Souilihi

Son but est justement de fédérer en un lieu unique, un véritable écosystème qui puisse mutualiser l’expertise des différents partenaires locaux tout en les délocalisant dans le sud, en fonction d’un calendrier bien établi, à raison d’un turn-over et d’une permanence hebdo pourquoi pas, afin que le développement de ce territoire puisse aussi prendre essor et ce, principalement sur 3 missions prioritaires :

  • L’entreprenariat, dans un accompagnement aussi bien juridique que financier.
  • L’employabilité, par le biais de l’insertion des jeunes ou bien de la formation.
  • Et enfin, l’attractivité économique, touristique et la compétitivité par le développement d’infrastructures balnéaires notamment .

Des axes majeurs nourris de potentialités, toujours en phase consultative car le but de ce séminaire, qui aura duré toute une intense matinée, c’est justement d’ouvrir le cahier des idées pour que chaque acteur local puisse apporter sa vision, soulever les pertinentes potentielles problématiques, soumettre ses réticences, ouvrir le débat et participer à ce travail institutionnel de fond, mené par la médiation du CNER depuis près de 5 mois, afin de co-construire cette fleurissante ambition, à la fois pour les grands acteurs sociaux-économiques déjà existants mais aussi pour l’intercommunalité du sud. « Ce que nous allons offrir par le biais de cette agence n’est pas question de nous, interco, mais bien du travail des partenaires qui viendront y dispenser leurs services », tient à préciser Charaffoudine Ramadani Toto, directeur général des services CCSud.

Une ambition globale qui répond directement aux besoins de ce département qui ne manque justement pas de porteurs d’idées et ce, dans tous les coins de l’île tout comme des talents qui ne demandent qu’à être accompagnés et à éclore. Encore faut-il aller les chercher localement…

La Trace Academia débarque dans le Sud !

Par ce projet complètement fou, l’agence intercommunale de développement économique du sud lance un signal fort au regard de sa mise en place et répondant, de surcroit, à la fois au volet insertion mais également à l’attractivité et mise en avant de son territoire. En effet, Lucile Ranger, chargée de mission Formation et Éducation pour la chaine Trace TV, a annoncé les grandes lignes du motif de sa présence sur notre île et d’autant plus à cette conférence matinale de la CCSud. De quoi il en retourne ? Offrir à 16 jeunes mahorais du sud, âgés de 16 à 30 ans, l’opportunité de découvrir, tester et expérimenter les métiers de l’industrie audiovisuelle sous une forme de challenge entrepreneurial. Ce concept appelé Trace Talent sera lancé simultanément avec la ville de Marseille, lieu où est basé la Trace Academia depuis 2019.

(De g. à d.) Gérard Lombardi, Charaffoudine Ramadani Toto, Kaouthara Abdou Souilihi , Lucile Ranger.

Pour Mayotte, il sera question d’une grande première. Une première ultramarine de la chaîne même! Ces jeunes seront amenés à co-travailler ensemble aux côtés d’un artiste local de la scène urbaine. L’idée est de proposer un format court sur 2 à 3 semaines travaillant sur 4 axes (direction artistique, réalisateur, directeur de production et monteur). Et là où le territoire du sud tire plein profit x2, c’est que l’envers du décor de cette émission sera filmée par Mayotte 1ère pour diffusion locale au moyen de courtes capsules et le concept global sera quant à lui diffusé sur les différentes chaines thématiques du groupe national permettant ainsi de véhiculer une image bien plus positive de notre département au regard de l’actualité relayée par les médias nationaux. Chapeau le Sud ! L’appel à candidatures sera lancé officiellement le 13 mars prochain lors d’une conférence de presse. En attendant, la mission de Lucile Ranger c’est justement de connecter avec les partenaires locaux pour mettre en place tout ce médiatique chantier qui espère voir son début de tournage en mai prochain.

Economie, aménagement, agriculture, habitat, équipements, environnement, social… Tant d’atouts à venir quérir en cette zone sud et grands sont les défis de cette agence en devenir pour construire le sasse d’entrée des porteurs de projets, des chefs d’entreprises ou encore des administrations. Mais la force de ce territoire réside avant tout dans ses ambitions réalistes de proximité car au final, qui mieux qu’un local pour connaitre ses besoins et environnement locaux? Nous ne manquerons pas de suivre l’avancement de cet ambitieux programme et de vous en ternir informés de la prochaine étape qui relèvera de la gouvernance de cette agence ainsi que de la validation officielle des statuts de chacun au regard de sa proche installation.

MLG

* Partenaires en présences et/ou conviés : Département de Mayotte, Sgar, CCI Mayotte, AFD, Cress, ADEME, Fédération APAJH, Mayotte in Tech, Trace TV, France active, Adie, Pépiyte Mayotte, Initiative Mayotte, France Active, Groupement des entreprises mahoraises du Tourisme, Cnam, Anlci….

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