Les meilleurs élèves du lycée des Lumières vont découvrir Science Po Paris

Pour la 4ème année, un pont est dressé entre le lycée mahorais et l’institut élitiste national. Il va être le prétexte à une découverte des institutions et des joyaux culturels de la capitale, de quoi nourrir la culture générale des élèves.

L’institut que l’on assimile systématiquement à un parcours uniquement politique n’est pas que cela. L’Institut d’études politiques de Paris, ou Sciences Po Paris, est une grande école française dans les domaines des sciences humaines et sociales, notamment le droit, l’économie, l’histoire, la science politique et la sociologie.

Son existence, des Terminales du lycée des Lumières viennent de la découvrir grâce à leurs enseignants, qui ont été mis en ordre de marche par le proviseur de l’établissement, Patrick Loval. « J’ai proposé il y a quatre ans au rectorat de créer le module Sciences Po. Les meilleurs élèves, notamment de la classe européenne, doivent pouvoir le préparer, car nous voulons l’excellence pour eux ». Encourager les meilleurs, un totem partagé avec l’ancien recteur Gilles Halbout, que relaie sans fléchir son successeur Jacques Mikulovic. C’est dans cette logique que le ministère de l’Education nationale vient d’ailleurs d’autoriser le lycée des Lumières à proposer aux élèves un Bac international. « Nous avons organisé un voyage pour les meilleurs éléments afin de découvrir les institutions nationales et les hauts lieux culturels. »

Les partenaires et le proviseur Loval (2ème à gauche) autour du recteur Mikulovic

Pour financer les 23.000 euros de budget que va coûter l’ensemble du voyage, le lycée a fait appel à des partenaires, pas seulement économiques. La mairie de Mamoudzou, le Medef, EDM, Somagaz, la Cepac (Caisse d’Epargne), l’organisme de formation Aloalo, Tetrama, Issoufali, l’amicale des personnels de Mamoudzou Nord, ont participé. Ils étaient tous présents au lycée ce jeudi pour rencontrer les élèves et leurs parents, rejoint plus tard par le recteur Jacques Mikulovic. « Parce que ce projet n’est pas un projet d’élèves, mais celui de toute la famille. Sur le plan du développement de la culture générale mais aussi pour prendre en charge les coûts indirects. » Pour illustrer la valeur de l’accompagnement parental, Patrick Loval rappelait que, issu d’une famille de 18 enfants, « ma maman nous faisait réciter les leçons tous les soirs, ce n’est que plus tard que nous nous sommes aperçus qu’elle ne savait pas lire ! »

« Vous vous en souviendrez toute votre vie ! »

C’est la professeur de français Alix Jeu qui a notamment concocté le programme du déplacement à Paris du 11 au 18 février : le Louvre, la Tour Eiffel, le Printemps Haussmann, « pour illustrer le Paris d’Emile Zola », la Comédie française, l’Assemblée nationale avec des probables échanges avec le député Mansour Kamardine, l’institut du monde arabe, et bien sûr, Sciences Po, « où nous serons accueilli par l’équipe Egalité des chances, et où nous assisterons à un cour magistral du politologue Dominique Reynié », et enfin, le Sénat « que nous pourrons visiter avec le sénateur Thani Mohamed Soilihi. »

Alix Jeu déroule le programme concocté avec ses collègues

Parmi ces bons élèves, certains n’ont jamais quitté l’île, et vont découvrir l’hiver boréal. C’est pourquoi, les partenaires émettaient des souhaits : « Prenez conscience de la chance que vous avez, et surtout revenez sur l’île ! » Le sénateur Thani Mohamed s’adresse directement aux jeunes : « L’avenir de cette île est entre vos mains, et je pèse mes mots. Vous vous souviendrez de ce voyage toute votre vie ! ».

En écho, un des élèves, Sacha, assurait percevoir que « c’est une chance en or pour moi ce voyage et ça permet de montrer une autre image de Mayotte ». Quant à Halila, c’est la fraicheur de la jeunesse qu’elle transmettait : « Je ne suis pas sûre de me rendre compte complètement de la chance que j’ai, car je n’ai jamais voyagé à Paris ni en métropole ». Parmi ces 15 meilleurs élèves, deux sont en attente de savoir si leur situation administrative leur permettra de partir.

Le dispositif du pont vers Sciences Po existe depuis 4 ans au lycée des Lumières, « et nous avons un élève en 2ème année de Science Po Reims, dont la directrice est tout à fait satisfaite », indique l’équipe enseignante qui invite davantage d’élèves à suivre cette voie « très élitiste ».

Anne Perzo-Lafond

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