La visite du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, à Mayotte le week-end dernier a suscité beaucoup d’espoir et d’optimisme auprès de la population mahoraise et notamment parmi ses élus, à l’image de Mansour Kamardine. Même si tout n’est pas parfait, loin s’en faut, les annonces faites par le résident de la place Beauvau vont a priori dans le bon sens.

Mayotte vaut bien une messe…du nouvel an !

La visite du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, à Mayotte le week-end dernier a suscité beaucoup d’espoir et d’optimisme auprès de la population mahoraise et notamment parmi ses élus, à l’image de Mansour Kamardine. Même si tout n’est pas parfait, loin s’en faut, les annonces faites par le résident de la place Beauvau vont a priori dans le bon sens.

« J’ai apprécié la visite de Gérald Darmanin à une date symbolique, constate Mansour Kamardine, député LR de Mayotte. Il est venu à la Saint-Sylvestre passer le réveillon du nouvel an avec les Mahorais alors qu’en général les ministres n’ont pas vocation à venir sur notre territoire à cette date. Ils sont souvent retenus en métropole pour gérer d’autres problèmes… ».

Une nouvelle façon de travailler avec les élus mahorais

Cette visite qui n’a duré que deux jours a satisfait les élus, notamment sur la mise en place d’une autre méthode de travail que celle éprouvée par le passé « Le ministre Darmanin annonce les choses, les met en œuvre et vient vérifier sur le terrain l’avancement des projets. C’est une nouvelle méthode que j’estime et qui a manqué par le passé », se félicite Mansour Kamardine. Parmi les annonces faites par le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer plusieurs vont dans le bon sens selon le député, comme l’allongement du délai pour obtenir la nationalité française ou encore le redéploiement des forces de l’ordre au Nord et au Sud de l’île. « C’est extrêmement positif, les forces seront au plus près des théâtres d’opération. De plus la création d’un GIR (Groupement interministériel de recherches) est de très bon augure pour notre territoire », poursuit le député.

Le député Mansour Kamardine

Le dossier de Mayotte suivi en haut lieu

Autre mesure qui a fait mouche auprès de certains élus de l’île est la décision d’aller frapper au portefeuille les marchands de sommeil et ceux qui font de faux documents. Mais ce qui a le plus contenté Mansour Kamardine est que le dossier de Mayotte soit géré par le chef de l’État. « Le fait que le président de la République s’occupe personnellement du devenir des Mahorais est très satisfaisant. Cela va éviter les arbitrages défavorables entre le ministère du Budget et celui des Outre-mer. Les territoires ultramarins ayant souvent été délaissés par le passé et parfois discriminés ».

Le droit de la nationalité, un thème majeur

Quand bien même le député salue très positivement les mesures annoncées par Gérald Darmanin, il n’en demeure pas moins qu’il y a encore beaucoup d’efforts à faire. « Les annonces vont dans le bon sens, certes, mais elles sont en retard par rapport aux enjeux de Mayotte, comme par exemple le droit de la nationalité. On ne peut pas maintenir certaines politiques publiques en l’état, telles que l’obligation scolaire pour tous ou l’accès gratuit à tous les soins. Il faudrait limiter la scolarité aux élèves dont les parents résident à Mayotte uniquement. Songez que 80% des enfants présents sur le territoire ont des parents étrangers. Idem pour les évacuations sanitaires qui transitent par l’île. On ne peut pas accepter l’envahissement et la recolonisation de Mayotte », explique l’élu de l’Assemblée nationale.

Jean-François Eliaou, Antoine Savignat, Adrien Taquet, Mayotte, Assemblée nationale
L’hémicycle de l’Assemblée nationale (Crédits photo : AN)

Il reste encore des sujets à traiter

L’objectif du ministre Darmanin lors de sa visite était de répondre aux questions en matière de sécurité et d’immigration, l’élu du palais Bourbon regrette néanmoins que les thèmes de la pauvreté, de l’exclusion et du développement économique du territoire n’aient pas été abordés. « Nous aurions souhaité qu’il apporte des réponses massives et concrètes concernant la pauvreté. Soixante-dix-sept pourcents des habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté et trente pourcents n’ont pas accès à l’eau et à l’électricité. De plus, j’aurais aimé l’entendre concernant le développement économique de Mayotte, notamment au travers de la mise en place d’une politique de grandes infrastructures afin d’offrir de l’emploi à nos jeunes », indique-t-il.

Benoît Jaëglé

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