Comme en janvier, ce n’est pas une courbe qu’a décrit l’épidémie de Covid à Mayotte, mais quasiment deux droites, l’une ascendante, l’autre en piqué. La grippe et la bronchiolite restent par contre à un niveau épidémique. Quelque soit le cas, le lavage des mains doit être un geste acquis.

La flambée du Covid fait flop, pas celle de la bronchiolite

Comme en janvier, ce n’est pas une courbe qu’a décrit l’épidémie de Covid à Mayotte, mais quasiment deux droites, l’une ascendante, l’autre en piqué. La grippe et la bronchiolite restent par contre à un niveau épidémique. Quelque soit le cas, le lavage des mains doit être un geste acquis.

L’évolution de l’épidémie de Covid dans notre département montre une tendance nettement baissière, puisque le taux d’incidence est passé de 160 cas pour 100.000 habitants sur la dernière semaine de novembre, à 58 la semaine suivante, c’est à dire une division de plus de moitié du nombre de cas.

La tendance est donc une nouvelle fois intéressante à étudier sur notre département. En effet, notre flambée avait atteint 198 cas pour 100.000 habitants autour du 25 novembre, minimes par rapport aux autres régions en métropole où l’on dépassait par endroit les taux de 900, mais avec 600 cas de plus en une semaine quand même. Et au lieu de continuer à grimper comme c’est encore le cas dans de nombreuses régions de France ainsi qu’en Guadeloupe et à La Réunion, elle chute brutalement, comme deux fois par le passé, notamment en janvier 2022, une cassure nette sur le même schéma qu’avait alors l’Afrique du Sud.

Cette tendance à l’enchainement d’une flambée et d’une forte décrue est plus particulièrement marquée chez les 45-64 ans, dont le taux d’incidence passe de 342 à 132, -61%.

Une première explication tient dans la diminution du taux de dépistage de 33% entre fin novembre et début décembre, mais c’est possiblement un effet induit par la diminution du nombre de malades. On ne va pas se faire tester quand on ne sent pas de symptôme. Excepté les cas contacts, mais de fait, il y en a moins.

Une épidémie de bronchiolite plus forte et précoce par rapport aux autres années

Résistance à l’Omicron

La seconde tient sans doute dans les restes d’immunité collective qui était la quête du gouvernement dès le début de l’épidémie et qui a été révélée à Mayotte par l’enquête de séroprévalence menée par l’Agence régionale de santé et l’Observatoire régional de santé, en partenariat avec la plateforme MODCOV19 en 2021. Elle rapportait qu’entre septembre et octobre de l’année dernière, 89% de la population âgée de 15 ans ou plus disposaient d’anticorps spécifiques de l’immunité au virus.

En revanche, la souche n’est pas précisée. Or, si le variant Omicron est présent quasiment exclusivement sur le dernier pic épidémique de cette fin novembre 2022 à Mayotte, il n’existait officiellement pas sur notre territoire lors de l’enquête de prévalence puisqu’il a été identifié chez nous le 21 décembre 2021. On peut supposer que les anticorps emmagasinés sous Delta, ajouté à ceux prodigués par la vaccination et des cas Omicron répandus depuis, sont encore suffisamment puissants. Une condition nécessaire mais pas suffisante pour être définitivement à l’abri, rappelle Santé Publique France qui indique que seules 46% des personnes ont reçu un schéma vaccinal complet, soit 72% des plus de 12 ans quand même. Et qui parle de rappel pas seulement pour les vaccins, mais aussi pour le maintien des gestes barrières, lavage des mains et isolement en cas de symptômes.

Si le Covid nous laisse tranquille, ce n’est pas le cas de la bronchiolite qui reste en phase épidémique. Et précoce puisque habituellement elle sévit de janvier à avril, pendant la saison des pluies. Elle touche principalement les enfants de moins de 2 ans, dont 17 ont été hospitalisés à la suite d’un passage aux urgences ce début décembre, contre 6 la semaine précédente.

Quant à la grippe, on note une stabilité de la circulation des virus grippaux en début de mois de décembre, où les 40 cas enregistrés sur la semaine relèvent majoritairement du type A (H1N1). Depuis début novembre, on compte 6 cas grave de grippe en réanimation.

A.P-L.

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