Baobab Festival, le retour en force des planches

C’est un programme très riche que nous offre l’événement co-organisé par le rectorat de Mayotte et la direction des affaires culturelles de l’Etat. Après deux années de privation sous l’effet Covid, la scène du lycée des Lumières est de nouveau piétinée par des acteurs et actrices amateurs ou confirmés, plus nombreux qu’auparavant en raison de la séquence « Jeunes pousses ». Les classiques y sont remaniés au goût du jour.

Comme le précise Guillaume Deslandes, directeur de la DAC, dans la brochure de présentation, cette 5ème édition « donne la parole aux artistes amateurs, émergents ou davantage installés, qui ont vu se réduire des deux dernières années, leurs espaces d’expression.

Ce festival qui prend ses quartiers au lycée des Lumières, se veut le festival du théâtre lycéen, comme le justifie le rectorat : « Le théâtre fait également partie des programmes scolaires et vise plusieurs objectifs de formation : faire des élèves des spectateurs critiques, leur permettre de lire, dire, maîtriser la langue orale et écrite, mais aussi enrichir leur culture en les confrontant à un autre monde, à une autre langue pour développer leurs capacités d’adaptation (…) Le théâtre, s’il est avant tout un moyen d’enrichissement spirituel et culturel, et donc d’élévation et d’épanouissement individuels, constitue également pour nos élèves un ensemble de débouchés professionnels potentiels. De ce point de vue, l’ouverture cette année au CUFR de Dembéni du diplôme universitaire « Pratiques du spectacle vivant » mérite d’être soulignée. »

Une large place est naturellement donnée aux collégiens avec option théâtre, et aux lycéens qui ont opté pour cette spécialité.

Le festival réserve aussi en soirée ses planches pour des acteurs avertis si ce n’est confirmés. Ce fut notamment le cas ce mardi soir pour la pièce « Les pieds sur terre », de la compagnie « La plancha de tu madre », à laquelle assistait le recteur Gilles Halbout. Une heure et demie de ‘seul en scène’, où l’acteur, Hervé Hérelle, par ailleurs enseignant d’arts plastiques et intervenant sur le DU Spectacles vivants, évolue dans un décor fait d’une table et de deux chaises, une nature presque morte où le vin ne l’est pas lui. Son personnage Pierre Ménard, rustre, va évoluer d’un quotidien terre à terre, vers un monde imaginaire grâce à sa rencontre avec la lecture. Alors qu’il pense prendre sa vie en main, elle se trouve intimement liée au récit. « Qui n’a jamais cherché dans le rêve un peu d’air quand on étouffe trop dans la vraie vie ? »

La pièce est de Christophe Charlemagne, la mise en scène de Andrés Bocanegra, et les effets sonores, de William Bizais.

La partie « Jeunes pousses » du festival avec ses ateliers de travail à destination des lycéens du Lycée des Lumières, de son personnel, des parents d’élèves, des collèges de proximité, des associations de quartier, s’est terminée ce mercredi, pour sonner les trois coups de lancement du Baobab festival dans la version que nous connaissons. On y retrouvera une alternance de pièces jouées par les scolaires des ateliers théâtre, et d’autres par des compagnies professionnelles, semi-professionnelle, ou amateurs, comme Stratagème, Ari Art, La plancha de tu madre, Oh… Z’arts etc !, Théâtre du Versant, Baltane, Hip hop Evolution, Paroles de Calebasse, etc.

Retrouvez le Programme festival Baobab 2022

A.P-L.

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