« A nous tous nous pouvons lutter contre le harcèlement scolaire »

Ce vendredi s’est tenue à l’Esplanade du rectorat la remise des prix du concours « Non au harcèlement ». Son objectif consistait à donner la parole aux jeunes de différents établissements scolaires afin qu’ils puissent s’exprimer sur la problématique du harcèlement scolaire. Un fléau malheureusement bien présent sur l’île.

« C’est un sujet que nous avons pris vraiment à cœur car nous avons vécu cet enfer personnellement ». La jeune étudiante encadrée de son groupe de travail parle avec émotion. Élèves au collège K2 de Mamoudzou, les jeunes filles ont été lauréates du prix affiche collège, ex æquo avec leur camarade du Collège Zakia Madi de Dembeni.

Trois autres groupes de travail de trois autres établissements vont également recevoir un prix qu’il s’agisse du Collège Ouvoimoja de Passamainty (prix vidéo collège), du Collège Mariama Salim de Sada (prix affiche Non au harcèlement sexiste et sexuel), ou encore le lycée polyvalent de Dembeni (prix affiche lycée). Les élèves qui se succèdent au micro ont pour la plupart été victime de pratiques d’harcèlement. Une jeune fille déclare « la peinture me permet d’aller de l’avant » et sa camarade de conclure, « à nous tous nous pouvons lutter contre le harcèlement ».

La lutte contre le harcèlement scolaire, une priorité nationale

Le harcèlement scolaire est une priorité au niveau national

Depuis quelques années, la lutte contre le harcèlement scolaire fait partie des priorités de l’Education nationale au niveau de la France entière. Dans ce cadre, le Plan de lutte contre le harcèlement à l’école, le programme pHARe a été mis en place. Dans sa prise de parole, M. Gilles Halbout, recteur de l’académie de Mayotte, a tenu à filer la métaphore maritime pour capter l’attention des jeunes élèves. « Un phare c’est fait pour éclairer. Éclairer un phénomène qui existe partout mais qui ne le devrait pas. Il faut dénoncer ces agissements. Le phare est également là pour prévenir du danger. Les navires ici se sont vos camarades de classes qui ne doivent pas s’échouer ou pire se suicider ». Ne pas laisser sombrer les élèves face aux écueils liés au harcèlement moral, sexuel et numérique, voilà l’enjeu du dispositif.

Selon M. Halbout, « les retours d’élèves harcelés sont encore trop peu nombreux, il faut libérer davantage la parole. Nous avons eu un certain nombre de signalements, de l’ordre d’une dizaine. C’est l’ordre de grandeur que nous avons actuellement mais cela ne traduit pas la réalité. Il faut en parler, les élèves ont désormais des relais, c’est l’objectif du dispositif pHARe, avoir des camarades qui servent de repères vers qui se tourner en cas d’harcèlement ». Ainsi, en plus du personnel de vie scolaire, médico-sociaux et l’équipe enseignante, les victimes de harcèlement peuvent se tourner vers leurs camarades de classe.

L’intégration des parents dans les dispositifs de prévention est capitale

Au collège de Sada, « au moment des élections des délégués de classe, un élève a été élu

Une partie des productions récompensées vendredi

référent harcèlement dans chaque classe. On a formé ces ambassadeurs qui récoltent la parole des élèves dans leur classe. L’équipe ressource gère les problématiques liées au harcèlement, prend en charge les cas avérés », indique l’infirmière scolaire pilote du projet pHARe au sein de l’établissement. Néanmoins, comme a tenu à préciser le recteur, « le travail de sensibilisation et de prévention ne pourra pas aller jusqu’au bout si on n’a pas le soutien et l’engagement de l’ensemble des parents ».

Pierre MOUYSSET

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