Le Département attendu sur la prise en charge des signalements d’enfants en danger

Alors que les avant-premières de Tropique de la violence se succèdent, les enfants en danger étaient au centre du comité de pilotage de l’Observatoire Départemental de la Protection de l’Enfance (ODPE) ce mardi au conseil départemental. C’est une de ses compétences premières.

Le précédent Observatoire de la protection de l’Enfance s’était tenu en public, à la fin du mandat d’Issa Issa Abdou qui subissait là un véritable examen de passage. Le bilan était mitigé. Si pendant les 6 ans de mandat, et grâce aux millions débloqués par l’Etat, les dépenses engagées en matière d’aide sociale à l’enfance ont été multipliées par 5, pour atteindre en 2021 48 millions d’euros, le travail à mener était encore conséquent, comme l’avait souligné le procureur Yann Le Bris, « vous êtes partis de rien et après 10 ans, nous avons un organigramme en ordre de marche », mais « nous avons des jugements impliquant des mineurs, sans que l’éducateur, ni le mineur ne soient présent à la barre. Et quand nous demandons le suivi à l’ASE, nous n’avons pas de rapport sur l’enfant. »

D’autre part, un rapport du rectorat sur les remontées informations préoccupantes, avait signalé les insuffisances dans ce domaine, certains enfants considérés comme maltraités n’étaient pas suivis par l’Aide sociale à l’Enfance. Un domaine sur lequel le Département a toujours avoué sa faiblesse.

Ce mardi, c’est le nouvel exécutif avec Madi Moussa Velou, le successeur d’Issa Abdou, à l’Action sociale, qui coprésidait le Comité de pilotage de l’Observatoire Départemental de la Protection de l’Enfance, en présence notamment du Sous-préfet, Jérôme Millet, du Président du Tribunal Judiciaire, Laurent Ben Kemoun, ainsi que de la conseillère déléguée à la Protection de l’Enfance, près la cour d’appel de St-Denis.

Antoissi Abdou-Lihariti, toujours aux manettes de l’ASE

L’ODPE est obligatoire dans chaque département, mais est surtout un outil essentiel dans la mise en œuvre de la mission Aide Sociale à l’Enfance. « Il constitue un outil stratégique dans la définition et le suivi des politiques publiques locales de protection de l’enfance. Au-delà de la collecte des données, il joue un véritable rôle d’analyse et d’animation du réseau partenarial de protection de l’enfance dans le territoire », rapporte le Département sur sa page Facebook.

Madi Velou s’est dit « parfaitement conscient et définitivement convaincu que cette instance fait partie des dispositifs dont on a besoin pour converger vers une protection de l’enfance solide sur le territoire. »

Parmi les chiffres exposés durant cette réunion, il a été observé que le nombre d’informations entrantes à la Cellule départementale de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP), en 2021, s’est élevé à 1864. Elles proviendraient à 29% du rectorat, et « 55% des informations entrantes concernent des jeunes filles ». Et sont concentrées sur Mamoudzou. « Des éléments importants pour savoir où et combien de professionnels déployer sur le terrain. De nombreuses autres données ont été mises en évidence et permettront d’orienter les études, d’affiner les actions ».
Le Département doit valider le nouveau Schéma départemental de l’Enfance et de la famille, version 2022-2027, qui lui permet d’être accompagné par l’Etat sur cette prise en charge des mineurs en danger.

Le prochain ODPE se tiendra le 21 mars 2022 durant la Semaine Nationale de la Petite Enfance.

A.P-L.

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