Face aux blocages, le CD renouvelle sa demande d’évolution de Longoni vers un Grand Port maritime

Ce n’est pas la 1ère fois que le président du Département appelle l’Etat au secours au port de Longoni. Le ministre des Transports se laissera-t-il convaincre alors que les dernières évaluations des frais liés à la résiliation de la DSP ont été revues à la baisse ?

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Elisabeth Brone, Jean-Baptiste Djebarri, Mayotte, Longoni, DSP, MCG, Grand Port Maritime
Cette énième demande du Département de transformation de Longoni en Grand port maritime sera-t-elle entendue ?

Par un courrier daté du 28 octobre 2020, le président du conseil départemental s’adresse à la ministre de la mer qui connaît bien le dossier : Annick Girardin, ex-ministre des outre-mer, a donc pris une nouvelle fois acte de la volonté du président du Département de transformer le port de Longoni en Grand Port Maritime.

Car ce n’est pas la première fois que Soibahadine Ibrahim Ramadani tient ces propos. En juillet 2017, il écrivait au ministère des outremers, « eu égard à la forte dégradation entre le Département et MCG et la multiplication des procédures contentieuses (…) le Département étudie une procédure de résiliation de la Délégation de Service Public ». Le 9 janvier 2018, c’est à Elisabeth Borne, ministre chargée des Transport, qu’il détaille sa demande de transformation du statut actuel du port de Longoni en Grand Port Maritime d’Etat « afin de lui donner toutes les garanties nécessaires pour un fonctionnement serein ».

Mais la ministre freine alors les ardeurs du Département, elle les douche même. En demandant dans un courrier de décembre 2017, « d’examiner toutes les pistes possibles permettant d’accompagner l’autorité portuaire (…) afin de permettre le bon fonctionnement du port », et en invitant le Département à prendre clairement position « pour renoncer à sa compétence portuaire au profit de l’Etat ». La ministre mettait en avant la raison profonde, le coût que représenterait la résiliation, « les conséquences financières compte tenu de la durée de la convention restant à couvrir ».

Chiffrer le « presque rien »

Le courrier du président du Département du 28 octobre 2020

Des évaluations ont été faites tout au long de ces demandes. Les 55 millions d’euros évalués par la cour des comptes, sont descendus à « presque rien », selon un acteur du dossier, en vertu des manquements de la gestionnaires aux engagements de la DSP et aux investissements annoncés et non effectués. Le chiffrage a été fait par les autorités de l’Etat.

Cette donnée sera-t-elle suffisante pour faire évoluer le ministère des Transports ? A Elisabeth Borne a succédé Jean-Baptiste Djebarri, qui est venu à Mayotte dans la délégation présidentielle l’année dernière. Le courrier du président à la ministre de la Mer qui serait, nous dit-on, pas réfractaire à une évolution de statut du port, fera-t-il évoluer la position du côté des Transports ? De Paris, le port peut sembler fonctionner. Mais rares sont les jours où les acteurs du port ne manifestent pas leur mécontentement. Le montage entre la gestionnaire Mayotte Channel Gateway (MCG) et sa société de manutention Manu Port apparaît surtout comme un abus de position dominante, une partie des frais de fonctionnement de l’entreprise privée serait prise en charge par l’entreprise répondant à un service public.

Dans un communiqué, la CGT Ma salue cette démarche « souhaitée par la grande majorité du monde socio-économique du département et de la population ». Son secrétaire départemental Salim Nahouda avait gagné son procès pour diffamation en cassation intenté par Ida Nel, présidente de MCG et l’ancien président du conseil départemental Daniel Zaïdani.

La position du conseil départemental est constante sur la dénonciation des abus, l’Etat en tiendra-t-il compte ?

Anne Perzo-Lafond

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