L’ARS tient à rassurer au sujet du virus de la variole du singe

Alors que 9 cas de Mpox ont été identifiés depuis le 8 janvier dernier sur le territoire et que Madagascar a été classée récemment par l’Organisation mondiale de la Santé comme"zone épidémique," l’Agence régionale de santé de Mayotte a décidé de faire un point de situation.

C’est sans doute la situation assez inquiétante à Madagascar depuis maintenant plusieurs semaines qui a incité l’ARS à vouloir informer la population mahoraise sur le virus de la variole du singe (Mpox). En effet, selon le docteur Marc Noizet, conseiller médical de l’ARS, il y aurait sur la Grande île plus de 600 cas identifiés dont 230 confirmés, « mais les données sont encore assez floues concernant Madagascar… Ce que l’on sait pour l’instant, c’est que 12 cas ont été recensés aux Comores et 9 à Mayotte. Sur le territoire, ce sont essentiellement des cas importés de Madagascar. Pour l’instant la situation n’est pas inquiétante », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.

Qu’est-ce que le Mpox exactement et quels en sont les symptômes ?

Le docteur Marc Noizet, conseiller médical de l’ARS.

Le Mpox est un virus dérivé de celui de la variole « mais beaucoup moins grave » tient à rassurer le Dr. Noizet. « Son incubation peut aller de 5 à 21 jours, ce qui signifie que durant tout ce laps de temps vous n’avez ni lésions, ni symptômes », poursuit-il. Les symptômes se manifestent par une forte fièvre brutale, des maux de tête, des ganglions au niveau de la gorge, et des éruptions cutanées sur l’ensemble du corps formant des croûtes. Ils peuvent durer de 2 à 4 semaines « jusqu’à ce que les croûtes tombent et cicatrisent ». Aussi même si ce virus peut paraître impressionnant, il présente peu de risques « sauf pour les femmes enceintes, les enfants en bas âge, et les personnes immunodéprimées, comme celles qui sont atteintes du sida par exemple », insiste le conseiller médical.

Même si dans la majorité des cas le Mpox présente peu de risques, il demeure très contagieux. « Il se transmet de lésion à lésion, par le contact, d’où l’importance de l’hygiène… Mais aussi et surtout, et c’est la majorité des cas, par des rapports sexuels, protégés ou non. Et enfin par les croûtes qui contiennent du matériel viral ». En ce qui concerne les critères de gravité nécessitant une hospitalisation, Marc Noizet tient à rappeler qu’ils sont pour l’instant rares et se manifestent principalement par des complications cutanées liées à de la surinfection. « Dans les cas les plus sévères cela peut conduire à des encéphalites et à des complications pulmonaires ».

Quelles solutions ?

Une fois que des personnes sont identifiées comme cas potentiel, il faut effectuer un test biologique afin d’être sûr. « S’il se révèle positif, il faut une période d’isolement obligatoire, jusqu’à la fin des lésions cutanées, la personne ne doit pas avoir de contacts ! Et même en cas de suspicion, il faut isoler la personne, recouvrir les zones de lésions et consulter un médecin pour faire un test ».

Mayotte, campagne, vaccination, grippe,
L’ARS dispose à l’heure actuelle d’environ 200 vaccins contre le Mpox.

Pour éviter une épidémie sur notre territoire, l’ARS, en coordination avec le CHM, mène une stratégie « adaptative ». Il s’agit, une fois qu’un cas est identifié et détecté, de prendre en charge rapidement le patient et le mettre à l’isolement. Par ailleurs, les contrôles sanitaires aux frontières ont été renforcés depuis plusieurs semaines, assure le docteur Noizet. « Des agents de l’ARS sont à l’aéroport à chaque arrivée pour faire des contrôles visuels et des SMS sont envoyés aux personnes revenant de Madagascar… ».

L’ARS dispose aussi de vaccins, environ 200 actuellement, et se dit prête à monter en puissance si une épidémie devait survenir sur notre territoire. « Concernant la vaccination, nous suivons les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Il y a tout d’abord la vaccination dite « préventive » avec des personnes à risque que nous ciblons. Pour le Mpox, il s’agit principalement des homosexuels, des travailleurs du sexe et leurs proches qui partagent le même lieu de vie, car ce sont eux qui sont les plus exposés. Ensuite il y a les personnes venant d’un pays ou d’une zone épidémique comme Madagascar par exemple, et bien sûr les professionnels de santé et les travailleurs humanitaires qui doivent se rendre dans ces zones ».

Second type de vaccination, celle « réactive ». Une fois que les cas sont identifiés, une enquête est menée auprès des proches comme la famille, mais aussi après des personnes qui auraient été en contact à l’instar des passagers « voisins » dans un avion. « Nous proposons à ces personnes de se faire vacciner, mais ce n’est pas obligatoire », souligne le conseiller médical de l’ARS. Enfin en dernier lieu, la vaccination est également proposée aux proches et contacts de personnes immunodéprimées.

Quoi qu’il arrive, en cas de doute, isolez-vous et allez consulter un médecin.

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