Cyclone Gezani, la côte Est de Madagascar frappée de plein fouet

Il pourrait s'agir de l'un des cyclones les plus intenses, rivalisant probablement avec Geralda en février 1994 de catégorie 5, selon Météo-France. Il avait fait environ 230 victimes.

Sur les réseaux sociaux, les messages de courage à la population se succèdent, impuissants face au cyclone tropicale intense Gezani qui balaie la façade Est de Madagascar, ce mardi 10 février, en début de soirée.

La ville de Toamasina, 370.000 habitants est directement exposée à l’œil du cyclone (CycloneOI).

Réfugiés chez eux, les habitants de la grande ville portuaire de Toamasina, située en plein milieu du tracé du cyclone, filment son arrivée. Minute après minute, les vents s’intensifient et les premiers dégâts apparaissent, la ville est directement frappée par la partie la plus intense du cyclone : le mur de l’œil.

« Maintenant les toits des maisons s’envolent, la pluie est de plus en plus forte, vent très violent ! Courage à nous tous qui sont dans la collimateur du cyclone », commente un internaute inquiet à quelques heures de l’arrivée du cyclone, publiant une vidéo où l’on voit les fortes bourrasques secouer les bâtiments et les arbres de la ville côtière de plus de 370.000 habitants. « L’électricité commence à couper dans tous les arrondissements », ajoute-t-il.

Vents destructeurs, pluies intenses, très forte houle

Les dernières mesures de Météo-France avant l’impact indiquaient que Gezani présente des vents moyens autour de 185 km/h, avec des rafales maximales s’approchant de 260 km/h près de son centre.

« Attention, les zones qui se retrouveront dans l’œil vont connaître une accalmie temporaire. Il est formellement déconseillé de sortir durant cette phase, puisque les conditions se dégraderont de nouveau avec la reprise des vents violents en sens inverse », alerte Cyclone OI, un média spécialisé sur les informations cycloniques pour le Sud-Ouest de l’océan Indien, sur sa page Facebook. Signe que la nuit sera longue…

Après Madagascar, le cyclone pourrait toucher la côte du Mozambique.

« Il pourrait s’agir de l’un des impacts directs les plus intenses de l’ère satellitaire sur le secteur de Tamatave (Toamasina), rivalisant probablement avec Geralda en février 1994″, indique le Centre Météorologique Régional Spécialisé de La Réunion, signe de l’ampleur du cyclone. A l’époque le cyclone de catégorie 5 avait fait plus de 230 morts, et des centaines de milliers de sinistrés, l’un des plus meurtriers de l’histoire récente de Madagascar.

Les autorités, qui ont placé plusieurs régions en alerte cyclonique, notamment autour des villes de Toamasina, Fenoarivo Atsinanana et Vohibinany, ont anticipé des vents destructeurs, des pluies intenses susceptibles de provoquer des inondations et des glissements de terrain, ainsi qu’une houle très forte et dangereuse sur l’ensemble du littoral Est.

Par mesure de précaution, des dispositifs d’urgence ont été activés, incluant la suspension de certaines activités scolaires et la préparation de centres d’hébergement pour les populations les plus vulnérables.

Le cyclone devrait ensuite toucher le centre et le centre-ouest de Madagascar (traversée des terres : nord d’Antananarivo, sud de Mahajanga). Une dégradation des conditions météorologiques est prévue dans l’intérieur des terres. « De forts cumuls de pluie ainsi que des vents forts sont probables localement à proximité de la trajectoire du système et sur le relief environnant », précise Météo-France.

Fytia près de son maximum, juste avant de toucher terre à Madagascar.(NASA, LANCE / VIIRS on Suomi NPP)

En parallèle, Madagascar se remet toujours des conséquences du cyclone tropical Fytia, qui a frappé le nord-ouest puis l’est du pays il y a quelques jours. Le bilan provisoire établi par le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC) le 6 février indique 13 morts, 7 blessés graves, et plus de 84.950 sinistrés, dont 33.652 personnes déplacées accueillies dans des sites temporaires à travers huit régions du pays. Fytia a causé également de nombreux dégâts matériels importants, notamment dans la ville de Mahajanga, avec des habitations endommagées ou inondées.

Le nouveau gouvernement de refondation, présidé par Michael Randrianirinat, est confronté à la double urgence : coordonner la réponse humanitaire pour les victimes de Fytia et préparer la population à l’arrivée imminente de Gezani. Les autorités, notamment le BNGRC, maintiennent les dispositifs de secours et collaborent avec des partenaires internationaux pour acheminer vivres, abris et assistance dans les zones encore vulnérables.

Une possible trajectoire vers le canal du Mozambique

Après sa traversée de Madagascar, Gezani pourrait ressortir dans le canal du Mozambique, où il reste sous surveillance en raison d’un risque de ré-intensification. Ce scénario expose potentiellement, dans les jours suivants, certaines zones du Mozambique à des conditions météorologiques dégradées, bien que des incertitudes subsistent quant à sa trajectoire exacte.

Pas de menace directe pour Mayotte à ce stade

À ce jour, aucun impact direct n’est envisagé pour Mayotte, La Réunion ou Maurice. Toutefois, les autorités rappellent que l’évolution d’un système cyclonique peut rester imprévisible et appellent à un suivi régulier des bulletins météorologiques officiels, notamment pour les usagers de la mer.

Les services de l’État et de la météorologie recommandent aux populations concernées de se tenir informées via les canaux officiels, de sécuriser les habitations et les biens, de limiter les déplacements non essentiels et de préparer un kit de première nécessité.

Le cyclone Gezani confirme une nouvelle fois que la saison cyclonique reste active dans la région, rappelant l’importance de la prévention et de l’anticipation face à ces phénomènes majeurs.

Victor Diwisch

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