La reconstruction de Mayotte, « une opportunité pour un développement dans la durée », estime David Lisnard

Arrivé lundi 3 février à Mayotte, David Lisnard, président de l’Association des maires de France (AMF) est venu constater les dégâts et apporter son soutien aux élus après le passage de Chido. Il espère une reconstruction qui prenne en compte les réalités du terrain et notamment la question de la démographie et de l’immigration, pour un développement sur le long terme.

Dembéni, Kani-Kéli, Tsingoni, Sada…, après avoir parcouru l’île pour prendre la mesure des dégâts, aller à la rencontre des maires et noter leurs besoins urgents, David Lisnard a affiché ses ambitions pour la reconstruction de Mayotte, ce mercredi 5 janvier dans l’Hôtel de Ville de Pamandzi.

Lors de sa dernière visite en avril 2024, David Lisnard, qui est aussi le maire de Cannes (LR), avait réclamé la mise en place d’un « Plan Marshall » pour Mayotte, estimant que « le temps n’est pas à la rénovation mais à la construction ». 6 mois plus tard, aux côtés du maire de Pamandzi, Madi Madi Souf, son ambition reste là même : « sortir Mayotte du sous-équipement endémique ».

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Le maire de Pamandzi, Madi Madi Souf aux côtés de David Lisnard

Faire de l’après-Chido une opportunité

Après le cyclone, l’élu espère que cette période d’urgence et de reconstruction permettra enfin d’établir un projet de développement à long terme. »Essayons de faire de cette période une opportunité pour que le développement soit au rendez-vous en associant l’Etat et les collectivités territoriales. Il faut une vision, on ne peut pas être que dans la réactivité à Mayotte », souligne l’élu.

Et s’il salue l’adoption à l’unanimité de la loi d’Urgence pour Mayotte au Sénat, ce mardi 4 février, il insiste sur la nécessité de connaître ses modalités d’application. « Pour que la réalité du terrain, que nous incarnons en tant que maire, soit bien prise en compte, il faut que l’on connaisse le contenu des ordonnances qui vont découlées de la loi d’Urgence. Ce sera une des missions de l’AMF de faire en sorte que les maires soient au moins consultés et informés du contenu législatif et réglementaire qui va découler de cette loi ».

Pour répondre à l’urgence, il demande la mise en place d’un fonds d’investissement spécifique, pour soutenir les décisions des maires prises dans l’urgence, « qui ne peuvent pas être compatibles avec les procédures habituelles« . « Il faut aussi qu’il y ait un soutien logistique et d’ingénierie financière, juridique et technique pour accompagner les collectivités mahoraises et prendre les bonnes solutions aux meilleurs coûts ».

La démographie et l’immigration, principaux problèmes au développement

Là encore, comme lors de sa dernière visite, David Lisnard estime que la question démographique et que l’immigration sont les deux principaux freins au développement de Mayotte, surtout au niveau des communes. « Pour que les actions des communes deviennent efficaces il faut savoir à quelle population on s’adresse. Chido est le révélateur de la question cruciale de la démographie, qui est au cœur de toutes les problématiques de politiques publiques. Il faut sortir du mythe des 300.000 habitants », remarque David Lisnard.

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Il faut sortir du mythe des 300.000 habitants, estime David Lisnard.

Il appelle également à un « changement radical » en matière de contrôle de l’immigration, en « allant à la source du problème » et trouver des solutions diplomatiques avec les Comores notamment. Selon lui, le but pour les communes est de réussir à reconstruire en prenant compte de la population réelle sans faire un « appel d’air à l’immigration clandestine ».

Enfin, David Lisnard tire de ses discussions avec les élus, une nécessité à prendre enfin en compte les problématiques environnementales. « Beaucoup de maires m’ont dit que c’est le moment d’utiliser le potentiel solaire, de s’adapter au retrait du trait de côte, d’avoir une vraie revalorisation des déchets. Après, cela renvoie aux moyens financiers… ».

Victor Diwisch

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