Des bandes venues en force pour agresser et saccager à Passamainty

S’il y a eu une arrestation d’une dizaine de jeunes, ils sont plus d’une cinquantaine à avoir terrorisé la population et blessé des policiers ces trois derniers jours. Des agressions qui continuent ce jeudi.

Tout a commencé ce mardi vers 11h dans le quartier Tanafou à Passamainty. Une cinquantaine de jeunes, selon des témoins, certains cagoulés, d’autre non mais armés de haches, ont fait irruption, agressant les occupants des maisons SIM. Elles ont été pillées, un habitant a été agressé et est parvenu à fuir avec sa famille, dont deux jeunes enfants, la famille a été mise à l’abri par un proche. « J’ai contacté la police, ils m’ont dit qu’ils étaient informés, mais personne ne s’est déplacé », reproche-t-il.

La veille, les policiers étaient intervenus en raison de la présence massive de jeunes, toujours en pleine journée. Plusieurs policiers ont été blessés. Cette zone avait été sous les feux de l’actualité il y a quelques années quand une tractopelle avait été incendiée à la suite d’une opération de démolition de 350 habitats insalubres.

Un véhicule a été incendié, d’autres dégradés

Interpellé par la députée Anchya Bamana sur ces violences commises en très grosse bande, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau déclarait que 12 arrestations avaient été menées par les forces de l’ordre, « parmi eux, onze sont en situation irrégulière », rajoutait-il. Selon la police qui a mené l’action avec la gendarmerie, deux sont identifiés comme des meneurs.

Revenant dans son logement à Tanafou ce jeudi, le chef de famille découvre avec horreur une maison saccagée, « tout a été pillé, il ne me reste rien, ils ont détruit la porte qui fermait avec trois points à la hache ! », des véhicules incendiés ou dégradés. Une famille traumatisée qui a demandé à la SIM d’être relogée, « mais ils nous ont proposé d’aller à Tsoundzou 2, dans la zone de QG des délinquants », se désespère-t-il.

Ce jeudi, les affrontements ont continué à Tanafou, les jeunes sont revenus finir de piller, les habitants fuient le quartier, nous rapporte-t-on.

Comment anticiper et contrer ces rassemblements massifs prêts à tout, qui rendent effrayante la vie au quotidien sur l’île ? Une présence encore plus massive des forces de l’ordre est demandée par beaucoup, « nous ne voyons jamais passer les patrouilles de renfort comme les politiques l’ont annoncé », déplore son voisin. La réponse donnée à ces interpellations sera en tout cas scrutée de près par tous.

A.P-L.

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