Une signature annonçant « le début d’un grand changement » sur Petite-Terre

Ce mercredi s'est tenue dans les locaux de la Communauté de communes de la Petite-Terre, la réunion de démarrage du marché de réalisation de la voirie de désenclavement de La Vigie. Ces travaux rentrent dans le cadre des opérations du Nouveau programme national de Rénovation urbaine de La Vigie et représentent, d'après le président de la CCPT, "le début d'un grand changement". Divers acteurs étaient de la partie.

« Le début d’un grand changement sur Petite-Terre »

La réunion annonçait le début des travaux et Saïd Omar Oili, dit S2O, président de la Communauté de communes de la Petite-Terre, insistait sur l’importance de ces derniers : « Tout le monde connaît maintenant les difficultés des habitants de La Vigie, qui est un quartier installé dans les hauteurs. Manque d’eau, d’électricité, de route, c’est une réalité, et elle fait froid dans le dos. Aujourd’hui, même les véhicules de secours ont un accès limité à cause du manque de routes. Cette voirie de désenclavement ouvre la ‘voie’ si je puis dire, à un renouveau. Une fois que les routes existeront, d’autres travaux d’aménagement ainsi que de nouvelles infrastructures pourront voir le jour. »

Rendez-vous dans 3 ans pour potentiellement observer un glow-up des « routes » de La Vigie

En bref

Il est prévu environ 7km de voirie. Cette dernière devra relier diverses parties de La Vigie et permettra d’en viabiliser environ 7ha de foncier. Les travaux doivent s’étaler sur 3 ans et devront débuter « courant septembre, le temps de la phase de préparation du chantier », d’après le directeur régional de colas. Ces derniers auront pour but de mener à bien ces travaux. Toujours en lien avec ce projet, une collecte de déchets sera effectuée. Une aubaine.

Colas sera en charge du chantier (archives)

Tout le monde sera gagnant, même l’environnement

Justement, nous en parlions, parmi les conséquences des difficultés d’accès des quartiers de La Vigie, la pollution. Il faut y faire un tour pour comprendre, des montagnes de déchets étalées sur plusieurs zones. Un citoyen interrogé sur place avait répondu « Que veux que je fasse ? Le camion de poubelle ne monte pas jusqu’ici. »

Toujours dans le volet « difficultés d’accès », les forces de l’ordre aussi se retrouvent embêtés, lorsqu’ils doivent intervenir dans le secteur et qu’ils doivent laisser leur véhicule à plusieurs centaines de mètres de la zone indiquée. Cela crée certaines zones de « non-droit ».

La pollution est un fléau qui sévit dans les hauteurs de La Vigie

Donc, en plus de servir de base aux futurs travaux de La Vigie, la voirie assurera potentiellement une meilleure présence des forces de l’ordre, ainsi que d’autres services liés à l’Hygiène et à la Santé. Qu’on soit politicien ou citoyen, chaque parti sera satisfait.

Mayotte pépinière se charge du vert

Mayotte pépinière fait parmi des collaborateurs de la CCPT dans ce chantier. Besancenet Vanessa, leur responsable d’affaires, que nous avions interrogé, nous en disait davantage sur leur rôle : « De notre côté, nous nous chargerons de tout ce qui concerne l’aménagement des espaces verts à La Vigie, ainsi que la mise en place de jeux et espaces sportifs. » Donc moi resident de La Vigie, je pourrai un jour me lever et emmener mon enfant dans un parc à proximité, plutôt que descendre à Pamandzi ou à Dzaoudzi ? Peut-être bien, en tout cas, restons positifs.

Le président de la CCPT rajoute : « Nous voulons rendre aux habitants de La Vigie leur dignité. Demain ils pourront eux-aussi faire des activités activités à proximité de chez eux, avoir les mêmes conditions de vie que tout le monde. » Un pari difficile mais réalisable.

Des systèmes d’évacuation des eaux seront assortis aux futures routes. Lorsqu’on connaît l’impact des eaux, notamment lors des périodes de pluie, c’est… rassurant !

Pour rappel, le début du chantier est prévu courant septembre 2023 et sa durée est estimée à 3 ans. Donc, si tout se passe bien, d’ici fin 2026, les prochains travaux de rénovation pourront suivre dans la foulée. Cette opération, d’un montant de 19 142 857 €, est financée par l’Anru ( à hauteur de 70%), le Département (à hauteur de 8%) et la CCPT (à hauteur de 22%).

Houmadi Abdallah

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