On peut critiquer l’opération – toujours officieuse – Wuambushu comme nous l’avons fait en déplorant qu’elle paraît cibler les reconduites de personnes présentes depuis des dizaine d’années à Mayotte, plutôt que les délinquant qui nous pourrissent le quotidien et la réputation, donc l’attractivité de l’île, mais la LDH vient de franchir l’impensable, en mêlant l’odieux à la déconnexion de la réalité.
La CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme) avait adressé fin mars un courrier argumenté à Gérald Darmanin que nous avions commenté, l’invitant à renoncer à l’opération. Mais c’est un tout autre verbiage qui a été utilisé par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Poitiers : « Darmanin, le ministre d’extrême droite, a mis au point sa solution finale concernant la présence des étrangers à Mayotte. Une déportation massive validée par Macron en conseil de défense ». En reprenant une terminologie utilisée lors de la déportation des juifs, et donc à leur extermination pendant la 2ème guerre mondiale, la Ligue des Droits de l’Homme de Poitiers perd toute notion de mesure et de connexion avec la réalité.
« A vomir ! », commente le sénateur RDPI/Renaissance Thani Mohamed Soilihi dans un post pour évoquer cette dérive : « La LDH Poitiers qui compare la lutte contre l’immigration clandestine ainsi que le maintien de l’ordre entrepris actuellement à Mayotte après des années de laisser-faire et de laxisme, à la terrible Shoah. Stop, ça suffit ! »
Guerre des mots sur fond de guerre de l’eau
Ce parallèle aussi douteux que macabre émane de la LDH de Poitier. Or, c’est à 50km de cette ville, à Sainte-Soline, que se nouent les oppositions radicales entre défenseurs et pourfendeurs des retenues agricoles de stockage de l’eau puisée dans les nappes phréatiques l’hiver, rebaptisées par les seconds, « méga-bassines ». Un des affrontements du 25 mars dernier, avait notamment été le centre d’une polémique sur l’acheminement des secours pour prendre en charge les blessés. La LDH avait assuré, bande audio contestée à l’appui, que ces derniers en avaient été empêchés par les gendarmes. S’en était suivie une joute verbale entre Gérald Darmanin et des députés LFI à propos de LDH, que le ministre avait ponctué par une remise en cause de l’accompagnement de la Ligue : « La subvention donnée par l’État […] mérite d’être regardée dans le cadre des actions qui ont pu être menées ».
C’est dans ce contexte que la LDH de Poitiers a utilisé l’opération Wuambushu menée par le ministre Darmanin à Mayotte, pour l’attaquer, mais en se décrédibilisant. Une forme de pensée qui prouve la faiblesse de l’argumentaire de ceux qui l’ont tenu. La réalité de Mayotte est complexe, et vaut d’être découverte sur place. Mais sûr que ce n’est pas ce qui intéresse les auteurs de cette nauséabonde logorrhée.
Cette position ne vient hélas qu’accréditer l’idée déjà ancrée dans la population, que ces structures qui se paient de dogmes faciles sur son dos, ne se soucient absolument pas de leurs droits de l’Homme.
Anne Perzo-Lafond