En ce début de deuxième semestre, nous avons rencontré deux étudiantes mahoraises fraîchement débarquées en métropole. Elles sont toutes les deux inscrites en première année d’études, sociologie pour l’une et psychologie pour l’autre, à l’Université de Franche-Comté à Besançon. Quelle perspective pour ces deux étudiantes.

Deux étudiantes mahoraises en métropole envisagent la réorientation pour un avenir meilleur

En ce début de deuxième semestre, nous avons rencontré deux étudiantes mahoraises fraîchement débarquées en métropole. Elles sont toutes les deux inscrites en première année d’études, sociologie pour l’une et psychologie pour l’autre, à l’Université de Franche-Comté à Besançon. Quelle perspective pour ces deux étudiantes.

Après l’obtention de son baccalauréat avec la mention Bien au lycée Younoussa Bamana, Housna (1) a fait le choix d’aller poursuivre ses études en France métropolitaine dans le domaine de la sociologie. La majorité de sa famille étant restée à Mayotte, une fois dans l’Hexagone, elle savait qu’elle ne devait compter que sur elle-même. Cela ne l’effrayait pas au départ, mais avec la situation actuelle, elle avoue qu’avoir sa famille sur place lui aurait été d’une grande aide notamment dans les études.

En effet, la jeune fille vient de passer son premier semestre, mais a à peine obtenu la moyenne lui permettant de valider. Pourtant, elle avait de grandes ambitions en arrivant ici, elle s’attendait à mieux. Housna se pose déjà des questions sur le choix de cette filière : « Cela coûte cher au quotidien d’étudier en métropole, et j’ai peur de ne pas pouvoir supporter la pression. D’autre part, les études sont longues et j’ai du mal à évaluer les débouchés ». Bien que le choix soit difficile, elle a décidé de se réorienter dans un BTS négociation et digitalisation de la relation client (NDRC) : «  Je vais pouvoir me professionnaliser plus rapidement tout en gardant la notion sociologique de mes études. Cela va me permettre de pouvoir travailler directement à l’issue de ces deux années et ainsi de ne pas trop galérer économiquement ».

Le restau U à Besançon

La désillusion des études supérieures

Aescha (1) est inscrite en première année d’étude à la faculté de psychologie à Besançon. Lorsqu’elle est arrivée en septembre dernier, elle a su rapidement trouver ses marques, sa famille déjà bien installée en France, lui apporte toute l’aide dont elle a besoin au quotidien. La jeune fille a fait le choix de ces études par rapport à son envie du moment, ce qu’elle voulait étudier sans se poser de questions sur les débouchés. Pour elle, elle n’imaginait pas la faculté aussi différente du lycée, « il suffit d’être régulier, de suivre les cours pour avoir de bonnes notes ».

Aujourd’hui, en ayant les résultats du premier semestre dans les mains, elle se demande si elle a pris la bonne décision : « Lorsque j’ai fait ce choix, je n’ai pas pensé au temps que ça allait me prendre ni même les débouchés, des questions qui se pose maintenant. Mon choix d’études ne dépendait que de moi, c’est ce que je voulais faire, cela me plaisait, mais j’avoue que maintenant, je ne sais pas du tout si je vais poursuivre dans cette voie. ». La jeune fille pense à une possible réorientation, mais pour l’heure, rien n’est sûr.

L’université de Franche-Comté UFR sciences du langage, de l’homme et de la société

En attendant, elle a validé son premier semestre, ce qui lui permettra d’avoir son billet retour pour Mayotte afin d’aller se ressourcer et revenir plus forte.
Quant à Housna, elle confirme son choix de réorientation pour ne plus perdre de temps.

Sarah Feti

(1) Prénoms d’emprunt, les jeunes filles ne souhaitant pas dévoiler leur identité

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