28.8 C
Mamoudzou
dimanche 26 janvier 2025

« Les adultes sont complices ! » Coup de gueule du syndicat Alliance après les affrontements de Tsoundzou

C'est une scène surréaliste qu'on vécue les policiers dépêchés à Tsoundzou ce jeudi après-midi, et jusque tard dans la soirée. Des jeunes caillassant les forces de l'ordre et les automobilistes, et à côté, des adultes spectateurs, qui en plus d'observer sans être inquiétés, ont même demandé aux policiers de ne plus envoyer de gaz. Une attitude "complice" qui interroge le syndicat Alliance.

« C’est pour déposer plainte, on a été caillassés hier à Tsoundzou ». Au comptoir du commissariat de Mamoudzou, les deux soignants qui se présentent ne sont pas les seuls à se plaindre des dégradations subies jeudi après-midi. Alors qu’ils remontaient vers Mamoudzou, les affrontements le long de la nationale les ont contraints à emprunter les petites ruelles. Là, le piège se referme. Organisés, des jeunes tendaient des guet-apens sur ces voies étroites et difficiles à sécuriser. La voiture trinque, les deux soignants de la réserve sanitaire s’en tirent  sans blessures.

Les affrontements ont pourtant failli conduire à un drame. Sur ces mêmes ruelles, où la police nationale tentait d’appréhender les fauteurs de trouble, un jeune fonctionnaire s’est retrouvé isolé de son groupe et pris à partie. « Ils ont crié qu’ils savaient qui il était, qu’ils allaient le tuer » relate Bacar Attoumani en qualité de secrétaire départemental d’Alliance police nationale. Acculé, le policier sort son arme et parvient à s’extraire sans avoir à tirer.

Pour le syndicaliste, ces faits doivent alerter. Mais ce qui alarme encore plus Alliance Police nationale, c’est l’attitude d’adultes du quartier sur place pendant les affrontements.

« Ce n’est pas dans la culture à Mayotte de laisser des jeunes affronter la police sans agir, en tant qu’adulte on est a minima responsable, on peut agir sur ce qui se passe sur la voie publique » assure le syndicaliste. Pourtant ce qu’il a constaté sur place, ce sont « des adultes qui sont dans les parages, qui ne sont pas du tout inquiétés ni concernés. On part de l’entrée de Kwalé jusqu’à la station, et sur le parc on a des adultes qui assistent, qui consomment ou qui vendent, on a une guérilla et les gens sont comme chez eux » décrit Bacar Attoumani, interloqué par la scène. Dans le parc ou devant la mosquée, ces adultes sont comme spectateurs, et ne cherchent pas à se mettre à l’abri. Pis, au lieu d’agir pour faire cesser les caillassages, « des adultes sont venus nous voir en nous demandant d’arrêter de gazer car ça créait un désagrément » s’étrangle le syndicaliste qui s’interroge. « Pour Alliance, ces adultes sont complices. Les adultes sont complices à partir du moment où ils restent et n’agissent pas. Et on s’interroge car là, ça ne partait pas d’affrontements entre bandes, alors comment 200 jeunes se retrouvent au même endroit pour caillasser les forces ? »

Pour lui, deux suppositions, aussi inquiétantes l’une que l’autre. « Soit c’est volontaire et des adultes manipulent les jeunes, et alors l’Etat doit trouver les bons relais. Soit c’est par crainte de représailles qu’ils n’agissent pas, et ça veut dire que la politique de la peur l’emporte, et que l’Etat a perdu dans les quartiers… »

Les violences auraient pu partir d’un simple contrôle du GAO, le groupe d’appui opérationnel de la police aux frontières, non loin du collège de Kwalé, avant d’embraser tout Tsoundzou. Une demi-douzaine de mineurs ont été interpellés.

Y.D.

Partagez l'article:

Société

NEWSLETTER

Recevez gratuitement les articles

du Journal De Mayotte

Nous ne vous enverrons jamais de spam ni ne partagerons votre adresse électronique.
Consultez notre [link]politique de confidentialité[/link].

Les plus lus

Articles similaires
Similaire

Saïd Omar Oili quitte le groupe de la majorité au Sénat

Ses nombreuses questions sur l'immigration clandestine ou sur la...

Le ministre des Outre-mer attendu à Mayotte jeudi prochain

Selon le ministère des Outre-mer, Manuel Valls devrait se...

Bien trier ses déchets après Chido

Le passage du cyclone Chido a produit énormément de...

L’université de Mayotte organise des journées d’accueil social & solidaire la semaine prochaine

Suite au passage du cyclone Chido et la tempête Dikeledi, l’université de Mayotte met en place des journées d’accueil social et solidaire à partir du lundi 27 janvier, sur le campus de l’université de 8h à 16h. Ces journées sont conçues pour offrir un soutien individuel à la communauté universitaire.
WP Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com