23 tortues braconnées en un mois à peine : rude bilan pour le Remmat

225 actions, 3 braconniers interpellés, 23 tortues tuées et 3 sauvées. Le Réseau d'échouage des mammifères marins et tortues (Remmat) dresse un bilan lourd du deuxième confinement, qui a vu les actions anti braconnage se poursuivre.

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De nombreuses carcasses de tortues marines jonchent le chemin qui va de m’tsamoudou à Saziley.

Dans un long communiqué, le Remmat, qui intervient pour porter secours aux mammifères marins et tortues échoués ou référencer les animaux morts, dresse le bilan de la lutte anti braconnage, tous services et associations confondus. Le résultat est sanglant pour les tortues, même si trois ont pu être sauvées indique le réseau.

225 actions sur les plages de Mayotte

« Au vu des nombreux cas de braconnage constatés lors du premier confinement à Mayotte, les acteurs locaux de la protection des tortues marines, sont restés mobilisés tout au long de ce second confinement (6/02 au 14/03/2021). Ainsi, 225 actions de surveillance et de suivis des cas de braconnage ont été menées sur l’île depuis fin janvier 2021 grâce à la mobilisation des membres du Réseau d’Echouage Mahorais de MAmmifères marins et de Tortues marines (REMMAT). Et ça n’est pas tout.

Des actions nombreuses et coordonnées

Tout au long de ce second confinement, les organismes membres du REMMAT répartis sur l’île ont maintenu et parfois renforcé leur présence sur les plages fréquentées par les tortues marines. Ils ont ainsi pu assurer à la fois le suivi et la surveillance du braconnage pesant sur ces animaux. L’association les Naturalistes de Mayotte a assuré une présence régulière tous les weekends, du vendredi au dimanche, sur les différents sites de pontes sensibles du secteur de Saziley, et ce depuis la fin février 2020. A ce jour, un total de 112 sessions de suivi/surveillance nocturnes ont été réalisées par l’association sur les plages de Saziley et le programme continue.

Jean-Pierre Mathieu est en charge de la police intercommunale de Petite Terre, la protection des plages est une de ses missions

Depuis le début de l’année, la Police Intercommunale de l’Environnement du sud de Mayotte (CCSud) a également apporté sa contribution en réalisant près de 7 actions de lutte anti braconnage de nuit des plages de ponte du sud de l’île, hors Saziley.

La présence régulière des gardes du Conseil départemental de Mayotte sur les secteurs de Moya, Bouéni et Charifou leur a permis de poursuivre la surveillance et la prospection des plages de jour comme de nuit sur toute la période de confinement.

Ainsi, durant la période du second confinement, ils ont effectué 36 actions de surveillance nocturne et diurne à Moya et 8 soirées aux Charifou ou Gouéla, ainsi que 9 surveillances diurne aux Charifou et autant sur le secteur Bouéni. Depuis janvier, les agents ont effectué un total de 95 surveillances nocturnes et 342 inspections diurnes sur les plages de Moya, Charifou et secteur Bouéni.

Sur le secteur de Petite Terre, le Parc naturel marin de Mayotte a augmenté le nombre de ses tournées de recensement des cas de braconnage des tortues marines sur les différentes plages de ponte, soit 6 tournées de recensement au cour de ce second confinement, permettant d’assurer également une présence de jour, devenue nécessaire en raison de l’absence d’usagers sur les plages.

De son côté, l’association Oulanga Na Nyamba a maintenu ses actions de suivi scientifique sur la plage de Papani, tout en augmentant ses sorties de recensement des cas de braconnage en Petite terre (à des dates différentes de celles assurées par le Parc) et sur les plages du nord de l’île. Depuis fin janvier, l’association a ainsi encadré près de 20 actions de suivis diurnes sur ces secteurs.

Tortue, braconnage, Mayotte
Tortue tuée sur la plage de Moya en février dernier

L’équipe du Service départemental de l’Office français de la biodiversité s’est également mobilisée en réalisant 10 actions de surveillance sur les plages qui ont conduit à une interpellation. La Gendarmerie maritime a apporté sa contribution au dispositif de lutte contre le braconnage en réalisant 8 patrouilles de nuits en mer dans le secteur de Saziley et de Dapani. Elle a permis avec l’association Oulanga Na Nyamba l’interpellation à terre de deux braconniers sur la plage Aéroport Est Océan.

Une belle coordination des acteurs qui aboutit aux arrestations de trois braconniers. Grâce à la coordination du suivi et de la surveillance des tortues marines par l’ensemble des acteurs et grâce au partage d’informations par les membres du REMMAT au cours de cette période de confinement, plusieurs interpellations de braconniers ont pu être menées :  Alerté par un constat alarmant de braconnage de tortues sur le secteur de Sohoa, le Service Départemental de l’Office français de la biodiversité a pu appréhender deux braconniers.  Par ailleurs, la collaboration de l’association Oulanga Na Nyamba avec la Gendarmerie maritime a rendu possible l’arrestation de deux braconniers sur la plage d’Aéroport Est Océan, détenant 20 kg de viande de tortue. L’un a été condamné à 6 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt et au versement de 500€ par association et 500€ pour frais de procédure pour chaque partie civile, soit 1500 euros. L’autre individu a été condamné à 6 mois de prison ferme et 2 mois de sursis sans mandat de dépôt, avec une peine aménageable. Il devra s’acquitter de 1000 euros au titre du préjudice moral et de 400 euros de frais de procédure par associations.

Le  REMMAT sauve des vies 

L’association Oulanga Na Nyamba, membre du REMMAT, a également porté secours à une tortue verte coincée sur la plage de Papani dans les racines d’un arbre. L’animal a pu regagner la mer en toute sécurité ! De même, au cours de ses suivis nocturnes l’association des Naturalistes de Mayotte a réalisé plusieurs sauvetages de tortues en détresse dont celui, plus particulier, d’une tortue verte qui avait été retournée sur le dos par des braconniers prévoyant de revenir la chercher plus tard. De leur côté, les agents du Conseil Départemental ont permis de sauver 24 janvier d’une tortue en détresse à Charifou 1. »

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