Air Austral teste son gros porteur B777-300ER sur la piste courte

Pour pallier à l’immobilisation de son B787, Air austral étudie la possibilité d’opérer de façon exceptionnelle des vols entre Mayotte et La Réunion au moyen de son Boeing 777-300ER.

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Tests d'atterrissage du B777-300ER ce jeudi

Le jeudi 23 janvier 2020, Air Austral effectuera un vol « dit de calibration » entre La Réunion et Mayotte au moyen de l’un de ses Boeing 777-300ER. Ce vol, réalisé sans passagers à bord, piloté par l’encadrement pilotes d’Air Austral, permettra à la compagnie de valider la possibilité de pouvoir effectuer, de façon exceptionnelle, des vols Moyen-Courrier de et vers Mayotte en Boeing 777-300ER.

Avant l’achat des deux B787, c’est le B777-200LR, plus petit, qui effectuait les rotations depuis Mayotte.

La compagnie s’explique dans un communiqué. « Les contraintes d’exploitation liées à la piste courte de l’Aéroport de Dzaoudzi sont connues et limitent l’accueil d’appareils « Gros Porteurs », à Mayotte. Des contraintes qui réduisent les possibilités de desserte de l’île, tout comme les solutions alternatives aux aléas d’exploitation que les compagnies peuvent rencontrer sur place.

A son arrivée, en 2012, Marie-Joseph Malé, PDG d’Air Austral, avait lancé l’étude de desservir Mayotte au moyen du Boeing 777-300ER. Deux problématiques majeures avaient alors été identifiées :
– La piste de Mayotte, courte et étroite, ne permet pas au Boeing 777-300ER particulièrement long (73,9m), de faire demi-tour de manière autonome une fois arrivé en bout de piste.
– La poussée et la soufflerie des moteurs puissants du Boeing 777-300ER au moment du décollage représentaient un risque pour la Mosquée installée à proximité de la piste de Dzaoudzi.

Air Austral a relancé de nouvelles études après la mise en place de ses vols directs Mayotte-Paris, dans le but d’améliorer la robustesse de son exploitation,  et de faciliter le traitement des irrégularités exceptionnelles, et ce dans l’intérêt de ses passagers.

Restrictions pour préserver la mosquée

Diminution de la distance de décollage et de la poussée pour préserver la mosquée

Jusqu’à aujourd’hui, lorsqu’il est nécessaire de réacheminer les passagers via La Réunion, la seule possibilité est de programmer des fréquences supplémentaires en Boeing 737-800. Une alternative qui peut s’avérer compliquée, surtout en période de haute saison (le 737 étant plus petit, ndlr). Pouvoir déclencher le Boeing 777-300ER serait ainsi une solution plus simple pour Air Austral.

Ces études menées en collaboration avec l’EDEIS (Aéroport de Mayotte), MAS (Mayotte Air Service), la DSAC (Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile) ont mis en évidence l’hypothèse de pouvoir opérer la ligne Mayotte-Réunion, au moyen de son 777-300ER, mais cela de façon exceptionnelle sous des conditions d’exploitation très strictes :
–          Immobilisation de la piste de Mayotte pour une durée de 30 minutes, le temps de permettre une manœuvre spéciale de tractage de l’appareil.
–          Pour ne pas impacter la mosquée de Pamandzi, l’appareil procèdera à une réduction de la distance de décollage de 140 mètres, et une réduction de 20% de la poussée de ses moteurs. Cette réduction n’est rendue possible que pour des vols Moyen-Courriers et uniquement si la charge de l’appareil est limitée,

Un vol de calibration est en ce sens programmé ce jeudi 23 janvier 2020. Il a pour but de vérifier la faisabilité de cette hypothèse et les conditions associées.

Si ce vol de calibration s’avère être concluant, les Boeing 777-300ER d’Air Austral pourraient ainsi effectuer certains vols moyen-courrier de/vers Mayotte. La complexité de l’opération ne permettra toutefois de le faire que de façon exceptionnelle, en cas de panne d’un autre appareil par exemple. Les conditions à réunir resteront strictes. »

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