Le Comité de Tourisme de Mayotte attire la presse allemande

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Le CDTM est en passe d’atteindre sa cible allemande, tout en se penchant sur les problématiques locales et régionales.

Michel Ahamed se donne des objectifs en local et à l'international
Michel Ahamed se donne des objectifs en local et à l’international

«En France, on n’a pas de pétrole, on a des idées», avait soutenu Giscard. Histoire de souligner qu’en l’absence de moyens, on table sur son cerveau, Michel Ahamed, directeur du Comité Départemental de Tourisme de Mayotte (CDTM), poursuit ses propres initiatives : «on fait avec les moyens que nous alloue le Conseil général. Si ça ne marche pas, on recadre.»

Nous avions relayé l’accord passé avec Roland Fischer, directeur commercial d’Air France Océan Indien, sur les réservations de la destination mahoraise depuis Paris, mais c’est aussi avec Air Austral que le directeur du CDTM vient de négocier un accord pour accueillir trois journalistes allemands du 19 au 25 juin. Et pas des moindres : «ils représentent deux des plus grands magazines de plongée allemands, Tauchen et Aquanaut», indique Michel Ahamed.

Ils succèderont à un de leurs confrères puisque le CDTM a accueilli du 8 au 14 mai Sascha Lehnartz, journaliste du quotidien allemand “Die Welt”, « l’équivalent du quotidien français Le Figaro, distribué dans plus de 130 pays», pour un séjour découverte. Ainsi, Mayotte sera à l’honneur dans le supplément tourisme dominical “Welt am Sonntag” avec plus de 5 pages dédiées à l’île au lagon.

Cette action est le fruit d’un partenariat avec la patrie de Goethe puisque le 15 mai 2014, le CDTM ouvrait une agence à Kehl, en Allemagne, qualifiée de «marché secondaire pour la destination Mayotte». Et le choix de Kehl permet une ouverture sur les pays voisins comme la Suisse et la Belgique. C’est Christophe Denny qui en a la charge.

Mayotte présidente des Iles Vanille en 2017
die welt
Autre avancée qui aura demandé plus d’énergie que de moyens, la mise en place d’un pôle d’accueil pour ceux qui souhaitent investir dans le tourisme à Mayotte, « qui sont souvent baladés de bureaux en bureaux ».

Ces porteurs de projets ou investisseurs seront envoyés vers le CDTM pour être entendus par un interlocuteur qui en cernera les besoins et convoquera les partenaires concernés, « la Dieccte, le SGAR de la préfecture, le Conseil général, la Chambre de Commerce (CCI), la DEAL et la DAAF (services de l’Etat), les établissements bancaires et l’Agence française de Développement ».

Ce groupement, sorte de guichet unique, baptisé « Pool d’Accueil des Investisseurs touristiques » est déjà constitué et s’est réuni le 26 mai dernier.

Une autre avancée, plus régionale celle-là, concerne les endormies Iles Vanille. Pour répondre au peu de résultats, certaines destinations tirant la couverture à elles, les membres que sont La Réunion, Madagascar, Maurice, Les Comores et Mayotte viennent de s’entendre sur une présidence tournante. Elle reviendra à Mayotte en 2017, «le temps de former les compétences», glisse Michel Ahamed.

Toujours dans une logique de défendre la zone et non pas une île en particulier,  un site internet dédié et un accueil standardisé avec numéro vert renverra indifféremment sur les cinq îles.

Sécurité et propreté
Nettoyage plages Angalia 1
Dans ce domaine, les autres régions ont une avance sur nous, celle de la facilité d’obtention des visas. La Réunion vient de l’obtenir avec la ministre Pau-Langevin, sur les visas chinois, «et nous, et nous, et nous ?», serait-on tenté de dire.

A entendre Michel Ahamed, le partenariat CDTM-CCI-Dieccte (direction du travail et de l’emploi) fonctionne à plein puisqu’un GEMTOUR (Groupement des Entreprises Mahoraises du Tourisme) a été créé le 16 mai. Uniquement destinée aux professionnels du tourisme, «il leur fournira notamment une information continue sur les évolutions du secteur».

Mais l’information en matière de tourisme à Mayotte resterait partiale si on ne parlait pas de délinquance et de propreté. Ces deux thèmes étaient l’objet de la rencontre du 28 mai avec les maires : « ils interpellent tous l’Etat en parlant de mission régalienne, mais aussi le Conseil général en demandant des structures et des activités pour tous ces jeunes inoccupés». Un laisser aller irresponsable des institutionnels.

Certains maires se sont déjà saisis du problème de la propreté : «ce week-end, Ali Moussa, le maire de Bandrélé a fait nettoyer, en sa présence, les plages de sa commune, dont Musical Plage.»

Les finances n’ayant pas suivi, il n’y a plus de Brigades vertes affectées à la surveillance des plages, «les maires doivent réfléchir à y installer des vendeurs de boissons et de glaces sur les plus fréquentées».

On le voit, le travail du principal acteur de tourisme s’est recentré sur les professionnels et les opérateurs locaux, pour assainir la situation tout en développant les partenariats extérieurs.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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