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	<title>Archives des PAF - Le Journal De Mayotte</title>
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	<description>L&#039;information à Mayotte</description>
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	<title>Archives des PAF - Le Journal De Mayotte</title>
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		<title>Njörd : un nouvel intercepteur pour renforcer la police aux frontières mahoraise</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2026/04/17/njord-un-nouvel-intercepteur-pour-renforcer-la-police-aux-frontieres-mahoraise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde HANGARD]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 01:30:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
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		<category><![CDATA[Lutte contre l'immigration clandestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’État a inauguré à Mayotte un nouvel intercepteur destiné à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine en mer.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/04/17/njord-un-nouvel-intercepteur-pour-renforcer-la-police-aux-frontieres-mahoraise/">Njörd : un nouvel intercepteur pour renforcer la police aux frontières mahoraise</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Sur le quai Ballou, en Petite-Terre, le préfet du département, François-Xavier Bieuville, et des représentants de la police maritime, ont présenté ce jeudi 16 avril un nouvel intercepteur intégré aux moyens de la Police aux frontières (PAF). Cet événement s’inscrit dans la stratégie de renforcement des capacités de surveillance et d’interception en mer, dans un territoire où la lutte contre l’immigration clandestine constitue l’un des principaux axes d’action de la préfecture.</p>
<p style="text-align: justify;">L’État met en avant un investissement présenté comme structurant pour les années à venir, avec la livraison progressive de plusieurs unités identiques et une modernisation des moyens navals et technologiques.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Un renforcement des moyens en mer</b></h2>
<figure id="attachment_50062" aria-describedby="caption-attachment-50062" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-scaled.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-50062 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-300x200.jpg" alt="Mayotte, PAF, intercepteur, " width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-1024x683.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-1536x1024.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-2048x1365.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-1068x712.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-1920x1280.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6629-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-50062" class="wp-caption-text">La cérémonie d&rsquo;inauguration avait lieu sur le quai Ballou en Petite-Terre. Léo Vignal / JDM.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Cet après-midi, l’inauguration du nouvel intercepteur <em>Njörd</em> a été l’occasion pour les autorités de présenter les caractéristiques de ce navire destiné aux opérations d’interception en mer. Le coût unitaire est annoncé à 800 000 euros. Selon les éléments communiqués, 13 modèles identiques devraient être opérationnels d’ici 2027 dans le cadre du plan de renforcement des moyens maritimes.</p>
<p style="text-align: justify;">La principale évolution technique de ce nouveau modèle réside dans sa motorisation. Alors que les anciens intercepteurs disposaient de deux moteurs de 300 chevaux, celui-ci en compte désormais trois. Cette configuration doit permettre une meilleure réactivité en mer, notamment pour intercepter plus rapidement les embarcations (<em>kwassa</em>) utilisées pour des traversées clandestines.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Un dispositif de moyens et de résultats en forte progression</b></h2>
<figure id="attachment_50060" aria-describedby="caption-attachment-50060" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739.jpg"><img decoding="async" class="wp-image-50060 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-300x200.jpg" alt="Mayotte, PAF, intercepteur, " width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-1024x683.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-1536x1024.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-2048x1366.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-1068x712.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-1920x1280.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/04/2T8A6739-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-50060" class="wp-caption-text">Le Njörd, nouveau navire intercepteur mis en service. Léo Vignal / JDM.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de la modernisation des équipements, les autorités mettent en avant une montée en puissance globale des moyens et des résultats opérationnels sur le territoire.</p>
<p style="text-align: justify;">En matière de lutte contre l’immigration clandestine, les services de l’État ont recensé 23 421 éloignements du territoire en 2025, soit une hausse de 21,6 % par rapport à 2024. La dynamique se poursuit en 2026, avec 6 694 éloignements enregistrés au 12 avril, en augmentation de 19,9 % par rapport à la même période de l’année précédente.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette politique s’accompagne d’investissements financiers importants. 8 millions d’euros sont consacrés à la création d’un atelier mécanique nautique dans le cadre du plan <em>« Uhura Wa Shaba »</em> (« Mur de fer »), tandis que 62 millions d’euros sont prévus pour la construction de nouveaux bâtiments de rétention administrative. À cela s’ajoutent 2,8 millions d’euros destinés à des expérimentations d’une solution de radar côtier renforcée par l’intelligence artificielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les moyens humains et opérationnels sont également renforcés. Pour l’année 2026, 1 710 heures de surveillance aérienne sont financées, complétées par 1,3 million d’euros pour la création d’un réseau de stations autonomes de drones. Enfin, 4,9 millions d’euros sont engagés pour la construction de nouveaux bâtiments de la Police nationale à Mayotte.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Un dispositif politique assumé par l’État</b></h2>
<p style="text-align: justify;">Dans cette logique, l’État insiste sur une montée en puissance progressive de ses capacités opérationnelles, intégrant à la fois des moyens navals modernisés et, à terme, des dispositifs complémentaires comme les drones.</p>
<p style="text-align: justify;">Lors de son discours, le préfet de Mayotte a défendu la cohérence de cette politique de renforcement. <em>« Pour tous les esprits grincheux que j&rsquo;entends ici ou là, qui se permettent de dire de façon hasardeuse que Wuambushu n&rsquo;a pas de concrétisation, eh bien si, nous avons une concrétisation, en espèces sonnantes et trébuchantes, avec des navires de cette nature ; les prochains arriveront prochainement »</em>, s’est-il exclamé.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques mois plus tôt, la députée du Rassemblement national, Anchya Bamana, avait critiqué les dispositifs de surveillance maritime, estimant que les moyens annoncés pour la sécurisation des frontières maritimes de Mayotte n’étaient pas encore pleinement déployés, notamment les radars, drones et intercepteurs.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>La préfecture mise aussi sur les drones</b></h2>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des intercepteurs, l’État prévoit également le déploiement de nouveaux drones dans son arsenal de surveillance. Ces équipements doivent, à terme, compléter voire remplacer certains moyens aériens jugés plus coûteux, notamment les avions de surveillance actuellement utilisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette évolution technologique s’inscrit dans une volonté affichée d’optimisation des coûts et d’efficacité opérationnelle. L’objectif annoncé par le préfet est ambitieux : atteindre 35 000 voire 40 000 reconduites à la frontière à l’horizon 2027.</p>
<p style="text-align: justify;">Mathilde Hangard et Léo Vignal</p>
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			</item>
		<item>
		<title>À Mayotte, des étudiants sans papiers coincés entre cours et contrôles</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/12/19/a-mayotte-des-etudiants-sans-papiers-coinces-entre-cours-et-controles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde HANGARD]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 02:15:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
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		<category><![CDATA[titre de séjour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il a 18 ans, il est brillant… et pourtant, malgré une attestation officielle de dépôt de demande sur le site de l’ANEF, il continue à être interpellé et envoyé au centre de rétention.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/12/19/a-mayotte-des-etudiants-sans-papiers-coinces-entre-cours-et-controles/">À Mayotte, des étudiants sans papiers coincés entre cours et contrôles</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">À Mayotte, des étudiants majeurs, scolarisés mais sans titre de séjour, vivent un paradoxe cruel : ils sont parmi les meilleurs de leur classe, mais chaque trajet vers l’école peut tourner au cauchemar administratif. Même avec une attestation de l&rsquo;Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) censée les protéger, certains se retrouvent encore au centre de rétention. Nous avons rencontré l’un d’eux, que nous appellerons <em>« l’étudiant de Petite-Terre »,</em> pour préserver son anonymat.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Quand aller en cours devient un parcours du combattant</b></h2>
<figure id="attachment_43692" aria-describedby="caption-attachment-43692" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-scaled.jpg"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-43692" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-300x200.jpg" alt="Mayotte, barge, contrôles, " width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-1024x683.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-1536x1024.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-2048x1365.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-1068x712.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-1920x1280.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/BARGE-2-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-43692" class="wp-caption-text">Contrôles d’identité aux abords des transports à Mayotte. Pour de nombreux étudiants majeurs sans titre de séjour, ces vérifications répétées transforment chaque déplacement scolaire en risque d’interpellation ou de placement en centre de rétention.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><em>« Au début de l’année 2024, je pouvais traverser facilement, il n’y avait pas de gêne, je pouvais aller à l’école. Mais depuis le passage du cyclone Chido, tout est plus compliqué »,</em> raconte notre étudiant, la voix ponctuée d’un mélange de résignation et de frustration. Né aux Comores et installé à Mayotte depuis 2017, il vit à Labattoir avec sa mère. Depuis qu’il a 18 ans, chaque sortie devient une épreuve : <em>« Quand on est majeur et sans papiers, c’est compliqué ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il poursuit : <em>« Le matin, à la barge de 5h ou 6h, pour aller étudier, on nous arrête. Soit j’arrive à passer, soit j’ai une garde à vue, soit je vais au CRA… je suis un peu traumatisé. Quand je sors de chez moi et que je vois les agents, je fais demi-tour, je ne vais pas étudier juste pour éviter les contrôles ». </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le paradoxe est cruel. Brillant, ambitieux, il est pourtant réduit à la débrouille pour pouvoir suivre sa scolarité. <em>« Je fais partie des meilleurs éléments de ma classe »</em>, dit-il. Ses professeurs confirment : son absence se fait sentir dans le groupe, tant son rôle est central.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Des interpellations répétées malgré une attestation officielle</b></h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis mars 2025, il est régulièrement interpellé à Mamoudzou, Dzaoudzi ou autour de l’ancien hôpital de Dzaoudzi. <em>« Ils savent que j’ai le droit à un titre de séjour, c’est juste que je n’arrive pas à obtenir un rendez-vous à la préfecture, au bureau de l’immigration »,</em> explique-t-il. Ces interpellations répétées sont non seulement humiliantes, mais elles compromettent aussi sa scolarité et sa santé mentale.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Ce qui me cause de la souffrance, c’est comment on nous traite. Même si on coopère, on nous traite comme des criminels, psychologiquement tu te retrouves à te faire dépouiller, c’est dégradant »</em>, confie-t-il.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Une scolarité fragilisée et des ambitions freinées</b></h2>
<figure id="attachment_30808" aria-describedby="caption-attachment-30808" style="width: 274px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/06/Bamana-3-696x464-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-30808 " src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/06/Bamana-3-696x464-1-300x107.jpg" alt="Mayotte, école, classe, " width="274" height="97" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/06/Bamana-3-696x464-1-300x107.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/06/Bamana-3-696x464-1-150x53.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/06/Bamana-3-696x464-1.jpg 696w" sizes="auto, (max-width: 274px) 100vw, 274px" /></a><figcaption id="caption-attachment-30808" class="wp-caption-text">Les absences répétées d’étudiants sans papiers, contraints d’éviter les contrôles, perturbent leur scolarité malgré leur investissement et leur niveau scolaire.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Malgré ces obstacles, l’étudiant poursuit son BTS au Lycée des Lumières en deuxième année. Mais chaque interpellation, chaque absence forcée pèse lourdement. <em>« Aujourd’hui, je vois carrément l’échec de ma vie devant moi »</em>, admet-il, l’air grave. Les cours manqués, il les rattrape grâce aux vidéos et liens transmis par ses professeurs. Une débrouille quotidienne qui témoigne de sa motivation, mais aussi de la précarité dans laquelle il se trouve.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa vie professionnelle est également entravée. Il devait effectuer un stage chez Carrefour, qui voulait l’embaucher et envisager un partenariat avec La Réunion. Impossible sans papiers. En janvier 2026, il commencera un stage dans les PMU sur la gestion des petites et moyennes entreprises et la gestion des risques. Mais là encore, l’absence de titre de séjour complique les démarches administratives. <em>« Quand on part en stage, c’est compliqué pour nous, sans pièce d’identité ou de titre de séjour »</em>, explique-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">L’étudiant nourrit pourtant de grands projets. <em>« J&rsquo;ai beaucoup d&rsquo;idées, j&rsquo;aimerais créer ma propre entreprise plus tard. J’ai analysé tous les statuts, mais je ne peux pas le faire tant que je n’ai pas mes papiers ».</em> Le contraste est frappant : un jeune capable de gérer des projets complexes, mais bloqué par un simple rendez-vous administratif.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Des arnaques et une administration difficilement accessible</b></h2>
<figure id="attachment_43696" aria-describedby="caption-attachment-43696" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-43696" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF-300x173.jpg" alt="Mayotte, ANEF, ministère de l'intérieur, " width="300" height="173" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF-300x173.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF-1024x589.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF-768x442.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF-150x86.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF-696x400.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF-1068x614.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/12/ANEF.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-43696" class="wp-caption-text">Alors qu&rsquo;il pourrait disposer d&rsquo;un titre de séjour, cet étudiant s&rsquo;est vu refuser sa demande sans raisons.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">La précarité administrative crée aussi des vulnérabilités. <em>« Je me suis fait arnaquer deux fois. J’ai payé des gens qui se sont fait passer pour des cyber pour obtenir un rendez-vous, et rien n’a été fait »</em>, raconte-t-il. Les sites officiels comme l’ANEF sont saturés ou restreints à certains profils, familiaux notamment, comme des personnes ayant des enfants français, ou sur le point de se marier à une personne de nationalité française. Pour les étudiants comme lui, le système reste inaccessible.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Depuis l’année dernière, on ne peut rien y faire. Les rendez-vous ne sont pas ouverts, mais ils continuent de contrôler les gens et d’être sévères, ce n&rsquo;est pas logique »</em>, résume-t-il, amer. Il décrit avec précision la situation de certains de ses amis : les interpellations dans les bus scolaires, l’impossibilité de déposer une demande, la frustration des enseignants et la solitude face à l’administration. <em>« J&rsquo;ai des amis qui vivent au Sud de Mayotte et quand ils prennent le bus, la police vient faire des contrôles jusque dans les bus ». </em></p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Une administration muette face aux difficultés</b></h2>
<p style="text-align: justify;">Contactée le 17 décembre 2025, la préfecture a choisi de ne pas répondre à nos questions sur les fondements juridiques de ces interpellations, l’impact sur la scolarité et les solutions concrètes pour obtenir un rendez-vous. Cette absence de réponse accentue le sentiment de découragement des étudiants concernés.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’étudiant, la frustration est quotidienne : <em>« Je passe mes journées à me poser des questions matin et soir, je ne sais pas comment je vais faire »</em>, confie-t-il.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>La voix des droits humains</b></h2>
<p style="text-align: justify;" data-start="71" data-end="485">Il avait pourtant déposé une demande de régularisation sur le site de l’ANEF et disposait d’une attestation officielle censée le protéger.<em> « En théorie, ce document doit faire foi lors des contrôles et empêcher tout placement en centre de rétention administrative »,</em> rappelle le référent de la Ligue des droits de l’homme à Mayotte. Mais la clôture automatique de son dossier a rendu l’attestation caduque.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="487" data-end="962">Sur le terrain, l’écart entre le droit et la pratique est saisissant. Ce dysfonctionnement administratif, loin d’être isolé, entraîne des conséquences lourdes : interruptions de scolarité, fragilisation psychologique et incertitude quant à l’avenir professionnel. Le parcours de cet étudiant illustre une problématique plus large : comment permettre aux jeunes de Mayotte de contribuer pleinement à la reconstruction de l’île sans se perdre dans les méandres administratifs ?</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="964" data-end="1199" data-is-last-node="" data-is-only-node="">Pour l’heure, la question reste ouverte. Chaque matin, des dizaines d’étudiants se voient refuser le passage lors des contrôles, contraints de rebrousser chemin, leurs projets suspendus à un rendez-vous administratif qui tarde à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mathilde Hangard</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/12/19/a-mayotte-des-etudiants-sans-papiers-coinces-entre-cours-et-controles/">À Mayotte, des étudiants sans papiers coincés entre cours et contrôles</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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		<title>Le rideau de fer sous la surveillance constante de la police aux frontières</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/04/11/le-rideau-de-fer-sous-la-surveillance-constante-de-la-police-aux-frontieres/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde HANGARD]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 02:15:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre l'immigration clandestine]]></category>
		<category><![CDATA[Mayotte]]></category>
		<category><![CDATA[PAF]]></category>
		<category><![CDATA[police aux frontières]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Reportage – Dans le lagon mahorais, aux côtés de la police aux frontières, entre surveillance, secours et imprévisibilité. </p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/04/11/le-rideau-de-fer-sous-la-surveillance-constante-de-la-police-aux-frontieres/">Le rideau de fer sous la surveillance constante de la police aux frontières</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Mayotte, Dzaoudzi</em> &#8211; À la surface, la mer se donne des airs de miroir. Sous la coque de l’intercepteur rapide de la police aux frontières (PAF), les reflets turquoises vibrent à peine. À 9h, ce jeudi matin, sur le ponton de la direction des transports maritimes (DTM) de Petite-Terre, la chaleur monte d’un cran. L’air est dense. Le soleil cogne sur le « vecteur », un des bateaux de l&rsquo;unité nautique, comme on les appelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis Paris, le gouvernement avait promis d’ériger un « <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2024/08/29/immigration-premieres-esquisses-du-rideau-de-fer-maritime/">rideau de fer</a> » contre l’immigration clandestine à Mayotte. À plus de 8.000 kilomètres de la métropole, ce discours résonne dans chaque interpellation en mer, chaque kwassa intercepté, chaque silhouette aperçue à l’horizon. Mais sur cette frontière liquide, devenue une traque silencieuse, l’annonce politique prend les traits concrets d’une guerre d’usure.</p>
<h2 class="LC20lb MBeuO DKV0Md" style="text-align: center;"><strong>Des vecteurs en mer </strong><strong>24h/24 et 7j/7</strong></h2>
<figure id="attachment_26472" aria-describedby="caption-attachment-26472" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-26472" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-300x225.jpg" alt="Manuel Valls, Mayotte, Visite officielle, îlot Mtsamboro," width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-300x225.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-1024x768.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-768x576.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-1536x1152.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-2048x1536.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-150x113.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-696x522.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-1068x801.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-1920x1440.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2323-1320x990.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-26472" class="wp-caption-text">Les agents de la policière aux frontières disposeront prochainement d&rsquo;un ponton sur l&rsquo;îlot Mtsamboro</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Sur le quai, trois agents s’activent. Éric, le chef de bord, fait l’inventaire. Deux moteurs de 300 chevaux, matériels de sécurité, brassières, kits de secours, radios, filets de remorquage, tout y est. Ben, chef de l’unité nautique, monte à bord, concentré sur le programme de la journée à venir et sur ses réponses à nos questions. Bruno détache la vedette accrochée sur un autre bateau et l&rsquo;installe plus loin sur le ponton. À Mayotte, la mission de la PAF ne commence jamais vraiment : elle se poursuit, sans interruption, jour et nuit, autour de l’île. Et ce jour-là, comme tant d’autres, les routes maritimes vers Bandrélé et Hajangua sont à couvrir. Tout le monde monte à bord. Bruno largue les amarres. La mission peut commencer.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le trajet, Ben rappelle les ravages laissés par le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024. La houle, les pluies torrentielles et des vents soufflant à plus de 200 km/h ont laissé des traces indélébiles, visibles comme invisibles. Toutes les infrastructures publiques de l&rsquo;île ont été profondément affectées. Dans ce chaos généralisé, les moyens étatiques n’ont pas tous échappé à la dévastation. Les deux vedettes côtières de surveillance maritime ont été échouées et endommagées. Certains radars de surveillance, installés aux quatre coins de l&rsquo;île, ont été partiellement abîmés mais remplacés depuis. Les pontons des ports de Mamoudzou et de Dzaoudzi ont été détruits, et la station d’essence est devenue inutilisable. « <em>Aujourd’hui, on fonctionne avec une seule station d’avitaillement, sur une logistique disruptive »</em>, explique Ben.</p>
<figure id="attachment_26599" aria-describedby="caption-attachment-26599" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/3940182b-0885-4a96-a5f9-194e03347910.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-26599" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/3940182b-0885-4a96-a5f9-194e03347910-300x169.jpg" alt="Mayotte, police aux frontières, PAF, ponton, port de Mamoudzou " width="300" height="169" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/3940182b-0885-4a96-a5f9-194e03347910-300x169.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/3940182b-0885-4a96-a5f9-194e03347910-768x432.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/3940182b-0885-4a96-a5f9-194e03347910-150x84.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/3940182b-0885-4a96-a5f9-194e03347910-696x392.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/3940182b-0885-4a96-a5f9-194e03347910.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-26599" class="wp-caption-text">Le port de Mamoudzou quatre mois après Chido, avant le démarrage des opérations de sortie d&rsquo;épaves du lagon</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Malgré ces pertes, les patrouilles n’ont jamais cessé. Deux vecteurs de jour et deux vecteurs de nuit ont sillonné le lagon pour assurer la continuité du service. Bien que ses moyens aient été temporairement mis à mal, la LIC n&rsquo;a jamais interrompu sa mission, après le passage du cyclone, contrairement à ce qu’ont pu avancer certains responsables politiques, plus soucieux d&rsquo;alimenter un buzz médiatique et de diffuser des inquiétudes dans un contexte déjà très tendu, pour se démarquer de leurs opposants.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui, comme après Chido, ces patrouilles de police se poursuivent. Parmi les 52 agents de l’unité nautique, environ dix-sept sont permanents. Les autres, sont contractuels, et pourraient quitter le territoire une fois leur mission terminée. Après le cyclone, la situation humaine, de certains agents, est toujours tendue. De nombreux logements ont été détruits, des collègues policiers ont été relogés chez d&rsquo;autres, une situation personnelle qui, à moyen et long terme, peut épuiser. « <em>Beaucoup d&rsquo;agents se posent des questions sur leur suite ici après Chido. Mais on continue. Parce que les passages, eux, ne s’arrêtent pas</em>« , soutient le chef d&rsquo;unité nautique, déterminé.</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Identifier et prévenir les menaces </strong></h2>
<figure id="attachment_3699" aria-describedby="caption-attachment-3699" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Pecheurs-barques-jpg.webp"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-3699" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Pecheurs-barques-jpg-300x201.webp" alt="" width="300" height="201" /></a><figcaption id="caption-attachment-3699" class="wp-caption-text">Les embarcations de pêcheurs sont identiques à celles utilisées lors du transport de migrants</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">À bord, le silence est rompu par le bruit régulier des moteurs et les radios qui s&rsquo;animent. Sur l’écran du radar, un point lumineux se déplace lentement. Cap stable, vitesse modérée. Impossible de savoir à l’œil si c’est un pêcheur ou un passeur. Il faut s’approcher. « <em>Dès qu&rsquo;on a un cap et une certaine vitesse, on doit s&rsquo;y déplacer pour lever les doutes</em>« , explique Ben. Mauvaise pioche, c&rsquo;est une barque de pêcheurs. Connu des services, le pêcheur est en règle, il ne sera pas contrôlé. « <em>C&rsquo;est aussi cela la lutte contre l&rsquo;immigration clandestine. Elle intègre la protection de l’environnement, la police des pêches, le trafic de contrebandes, le trafic de stupéfiants&#8230;</em>« , explique Ben.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais pour les agents de la police aux frontières, ce sont surtout les contrôles des kwassas qui représentent la majeure partie de leur activité. « <em>À Mayotte, un kwassa peut tout réunir plusieurs délits. Les passeurs font entrer des migrants en situation irrégulière, de manière illégale sur le territoire. Ils peuvent aussi transporter des marchandises illégales ou des stupéfiants</em>« , commentent unanimement les agents.</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Un dispositif efficace face à des passeurs plus violents</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Présent sur le territoire depuis une dizaine d&rsquo;années, le chef d&rsquo;unité est arrivé pour la première fois à Mayotte en 2006. Il explique qu&rsquo;avant, seul le Nord de Mayotte faisait figure de point de repère pour les passeurs de kwassas. Car au Nord, à Mtsamboro, où Anjouan n’est qu’un trait à l’horizon, la frontière entre les Comores et Mayotte se dilue dans le paysage des vallées au loin. Aujourd&rsquo;hui, les kwassas peuvent affluer de toute part sur l&rsquo;île : autant au Nord, qu&rsquo;au Sud, qu&rsquo;à l&rsquo;Ouest et qu&rsquo;à l&rsquo;Est. La raison ? La traque des embarcations illégales s&rsquo;est <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/03/03/le-gouvernement-va-renforcer-sa-politique-de-controle-de-limmigration/">intensifiée</a> et la justice sanctionne <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2024/06/05/justice-un-passeur-lourdement-sanctionne-apres-un-naufrage/">sévèrement</a> les passeurs. Les passeurs tentent alors par tout moyen d&rsquo;arriver à Mayotte, coûte que coûte, en dépit des courants et de la vie des passagers, notamment sur les derniers kilomètres.</p>
<figure id="attachment_26581" aria-describedby="caption-attachment-26581" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-26581" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-300x225.jpg" alt="Mayotte, police aux frontières, PAF, radar" width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-300x225.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-1024x768.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-768x576.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-1536x1152.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-2048x1536.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-150x113.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-696x522.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-1068x801.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-1920x1440.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2348-1320x990.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-26581" class="wp-caption-text">Les radars, répartis sur l&rsquo;île, permettent de dresser une image tactique en temps réel des eaux intérieures et de la mer territoriale de Mayotte</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Face aux moyens déployés par la lutte contre l&rsquo;immigration clandestine, les réseaux des passeurs se sont adaptés : ils ont trouvé de nouveaux itinéraires, des relais sur terre pour leur indiquer des zones plus accessibles pour s&rsquo;infiltrer et tentent de masquer leurs embarcations en se faisant passer pour des pêcheurs en réutilisant de vieilles immatriculations d&#8217;embarcations mahoraises. <em>« On voit arriver des barques faussement immatriculées avec deux moteurs de quarante chevaux. Ils veulent aller vite, contourner les patrouilles, poser les passagers et repartir sans se faire prendre</em>« , explique Éric, les yeux fixés sur l’horizon. « <em>Il y a aussi des embarcations qu&rsquo;on appelle V.I.P, où seuls deux passagers sont à bord, ils payent alors très cher la traversée, et essaient de se faire passer pour des pêcheurs.</em>« </p>
<p style="text-align: justify;">Et plus la lutte contre l&rsquo;immigration clandestine s&rsquo;est renforcée et adaptée, notamment avec la mise en place du <em>plan <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2023/05/12/bilan-de-loperation-shikandra/">Shikandra</a> en 2018,</em> plus les comportements des passeurs sont devenus violents. « <em>On a déjà eu des collègues blessés lors de caillassages car certains passeurs passeurs partent avec des cailloux dans le bateau pour nous viser mais surtout, ils essaient par tout moyen de crever nos bateaux avec des machettes ou des lances attachées au bout d’une perche</em>… », raconte le chef d&rsquo;unité. Face à ces attaques, les agents de la police aux frontières ont des protections&#8230;cachées. « <em>Comme on passe douze heures en mer, on a des uniformes légers, mais on a aussi des armements intermédiaires, des casques, des boucliers, des gilets par balle, du matériel de sécurité, dans des coffres…</em> » Souvent des cibles des passeurs, ces incidents conduisent bien souvent à des drames que les policiers tentent d&rsquo;éviter. « <em>Quand un passeur refuse d&rsquo;obtempérer, il prend de la vitesse et il fait des zigzags dangereux pour nous éviter, on est obligés de faire des 180 degrés pour l&rsquo;intercepter », </em>évoque Éric, avant de nous montrer la manoeuvre en nous suggérant de nous attacher vivement. « Une fois, un<em> passeur a foncé à toute allure sur notre bateau et le kwassa s&rsquo;est fendu en plusieurs morceaux, les gens se sont retrouvés à l&rsquo;eau, et nous avons réussi à sauver l&rsquo;ensemble des passagers, alors que les agents n&rsquo;étaient que trois », se remémore Ben. </em></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>À bord, secours et contrôle entremêlés</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Le moins que l&rsquo;on puisse dire c&rsquo;est que le quotidien des agents de la police aux frontières est loin d&rsquo;être monotone. Près d&rsquo;Hanjangua, Ben et ses collègues racontent qu&rsquo;une nuit, ils ont intercepté jusqu&rsquo;à sept embarcations illégales en seulement quelques heures, quand d&rsquo;autres journées, le compteur était à zéro. « <em>C&rsquo;est très cyclique. Parfois il n’y a pas de départs d’Anjouan</em>« , mentionnent-t-ils. Plusieurs facteurs entrent en jeu. « <em>Certains jours,</em> l<em>a mer est trop agitée, le calendrier scolaire ou religieux a également des répercussions sur l&rsquo;activité de ces passage</em>s », commentent les policiers. Et le profil des personnes varie considérablement d&rsquo;une embarcation à une autre. « <em>Il arrive qu&rsquo;il n&rsquo;y ait que des hommes à bord, parfois des familles, avec des enfants, des marchandises et des animaux&#8230; »</em></p>
<figure id="attachment_26568" aria-describedby="caption-attachment-26568" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-26568" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-300x225.jpg" alt="Mayotte, police aux frontières, PAF," width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-300x225.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-1024x768.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-768x576.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-1536x1152.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-2048x1536.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-150x113.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-696x522.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-1068x801.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-1920x1440.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/IMG_2352-1320x990.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-26568" class="wp-caption-text">« Souvent, des gens me disent merci car on les sauve d’une traversée qui était dangereuse même s’ils sont déçus de ne pas être arrivés à Mayotte comme ils le voulaient et inquiets de la suite, forcément », confie le chef d&rsquo;unité</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Dans tous les cas, « <em>la priorité c&rsquo;est de mettre en sécurité les personnes »</em>, explique le chef d&rsquo;unité. Lorsqu’un kwassa est intercepté, la procédure est rodée. Un premier contact, visuel et sonore. Puis la mise à l’arrêt. Si le passeur coopère, les passagers sont transférés un à un sur le vecteur. La barque est remorquée, ou pilotée par un agent de police si les conditions le permettent. À bord de l’intercepteur, les passagers sont regroupés à l’avant, sous surveillance. Le passeur présumé est menotté et isolé à l&rsquo;arrière du bateau. Une brassière lui est également donnée « <em>pour éviter qu&rsquo;il ne se jette par dessus bord car c&rsquo;est déjà arrivé</em>« , se souvient l&rsquo;agent de police.</p>
<p style="text-align: justify;">Les agents ont des modules de flottabilité stockés dans des trappes hermétiques pour secourir jusqu’à 30 personnes en cas de problème. Le secours est intégré à la mission. « <em>Après un tel périple, la plupart des gens à bord sont fatigués, trempés, parfois blessés. On les traite avec humanité, quelle que soit leur situation administrative »</em>, insiste Ben. À l’arrivée à quai, une cellule sanitaire effectue une première évaluation. Moins de 2 % des personnes nécessitent une prise en charge médicale urgente. La suite se joue ensuite dans le centre de rétention administrative (CRA), où les procédures administratives et judiciaires prennent le relais. La plupart des passagers font l’objet d’une obligation de quitter le territoire et sont reconduits dès le lendemain.</p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="0" data-end="37"><strong data-start="0" data-end="37">Une mission sous forte adrénaline</strong></h2>
<p class="" style="text-align: justify;" data-start="39" data-end="926">Sur les routes maritimes, la pression ne faiblit jamais. Les agents de la police aux frontières se confrontent quotidiennement à des enjeux sensibles, où se mêlent impératifs sécuritaires et humanitaires, dans un climat social tendu et complexe. Le chef de l’unité nautique en mesure pleinement l’intensité : « <em>On nous reproche parfois de ne pas en faire assez. Mais nous faisons le maximum, chaque jour, avec l’ensemble des services mobilisés. Certes, il y a plus de kwassas qu&rsquo;au début des années 2000, mais nous les interceptons mieux. </em><em>Ce n’est pas une mission facile certes, mais elle est unique</em>« , confie Ben, qui fait la promotion de son unité, pour attirer de nouveaux talents, et notamment des femmes policières, qui sont encore trop peu nombreuses dans cette filière. « <em>Sur les 52 agents de l&rsquo;unité, quatre sont des femmes. Cette unité est spécifique et elle a besoin de nouveaux agents passionnés par ce type d&rsquo;opération. Nous avons développé une formation précise, reconnue. La formation est construite sur mesure, en fonction des réalités de notre métier. Les agents font partie intégrante de la stratégie globale de réflexion et apportent des propositions concrètes. C’est rare dans une administration</em>. »</p>
<p class="" style="text-align: justify;" data-start="1192" data-end="1496">À cet instant précis, une alerte résonne dans le poste. Un point radar a été détecté au Nord, près de Mtsamboro. Les trois agents se concentrent sur la radio, scrutant les coordonnées de l’embarcation. À tout moment, ils peuvent se lancer, prêts à intervenir, dans cette mission où chaque seconde compte.</p>
<p>Mathilde Hangard</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/04/11/le-rideau-de-fer-sous-la-surveillance-constante-de-la-police-aux-frontieres/">Le rideau de fer sous la surveillance constante de la police aux frontières</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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