Violences à Mayotte : les maires en appellent au 1er ministre

En temps normal, une partie de la population n'ose plus sortir après 18h. Une situation qui, faute d'être traitée, s'est logiquement aggravée. Face à une île dont une partie de la jeunesse semble déterminée à semer le chaos, le président de l'Association des Maires de Mayotte (AMM) se tourne vers l'Etat.

Les violences ont monté d’un cran ces derniers jours à Mayotte. Des jeunes qui ne craignent plus de défier les adultes en plein jour, et les forces de l’ordre appelées à intervenir sur plusieurs scènes chaudes.

En réponse aux exactions commises par des jeunes cagoulées, des habitants excédés ont érigé des barrages, rajoutant à la confusion.

En réponse, un conseiller départemental, Daniel Zaïdani, demande que le Préfet de Mayotte décrète l’état d’urgence sur toute l’île de Mayotte et demande l’envoi immédiat de force de l’ordre supplémentaire, « s’il veut vraiment rétablir l’ordre à Mayotte ! »

De leur côté, les maires, réunis en assemblée générale extraordinaire ce mardi 22 février, ont décidé d’en appeler directement au premier ministre.

Jean Castex, Mayotte, Maires
Madi Madi Souf, président de l’AMM, dépassé par la situation comme les autres élus

Ils font état de la généralisation d’un climat anxiogène sur l’ensemble de l’île, « d’une multiplication des violences avec armes, avec l’intention de tuer, d’une peur de sortir après 18h », et constatent que « Mayotte est devenue une île morte le soir ». Des violences qui ont entrainé la mort, que ce soit par des agressions gratuites ou des règlements de compte.

Les habitants sont démunis, peu de réactions de prise en charge de la jeunesse. Les parents sont dépassés.

La population est « exaspérée », et « veut se faire justice elle-même ». L’Association des Maires des Mayotte évoque tour à tour « une recrudescence des actes de torture et de barbarie, dans une violence qui nous ramène aux temps obscures du moyen âge, des jeunes très violents, qui n’ont plus peur de rien et de personne, un système judiciaire dépassé ».

Ils demandent à rencontrer le premier ministre « dans l’urgence », « parce que cette situation de peur permanente ne peut plus durer. »

Ils sollicitent « des aides exceptionnelles de l’Etat pour un renforcement rapide des effectifs de la police municipale », et sont favorables à « une généralisation de la vidéo protection ».

Une situation qui rappelle qu’il y a quelques mois se tenaient les Assises de la sécurité. Les points actés doivent être mis en place en urgence, « tout y a été dit, il y a va de la crédibilité de toutes les autorités publiques. »

A.P-L.

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