Papou, voleur notoire de Majicavo, enfin en prison

Le dénommé Papou, dont la réputation de « grand voleur » est bien connue à Majicavo, a été jugé ce mercredi 5 août dans l’après-midi en comparution immédiate pour une tentative de vol avec effraction. Il a été reconnu coupable et condamné à 18 mois de prison dont 2 fermes et les 16 autres avec sursis probatoire, obligation de trouver un emploi et d’effectuer 180h de travaux d’intérêt généraux.

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C’est dans la nuit du 3 au 4 août dernier vers 2h du matin que le dénommé Papou a été interpelé sur le toit de la maison de Chaïma, une mère célibataire vivant seule avec ses 3 enfants à Majicavo-Koropa. Sa porte avait été cassée et le contre-plaqué, arraché. Chaïma a tout de suite eu le réflexe d’appeler au secours et ses voisins ont accouru après avoir appelé les gendarmes. Papou n’était pas seul lors de cette expédition, mais ses 4 complices ont eu le réflexe de s’enfuir. Pas de chance pour Papou, il n’a pas été assez rapide et a été interpelé par les gendarmes. Il était en outre alcoolisé et sous l’emprise de cannabis.

Lors de son jugement, il raconte qu’il était simplement « venu cueillir des fruits à pain » sur un arbre poussant dans le jardin de la victime, ce qui expliquerait sa présence sur le toit de la maison de cette dernière et que « la porte était déjà cassée lorsqu’il est arrivé ». Une version que ne confirme pas du tout Chaïma. Elle témoigne avoir vu le prévenu tenter d’entrer chez elle cette nuit-là. « Et même dans l’hypothèse où on vous croirait, monsieur, est-ce que 1h du matin est une heure décente pour aller cueillir des fruits à pain qui ne vous appartiennent pas qui plus est ? », a demandé le juge Laurent Ben Kemoun au prévenu lors du procès. Ce dernier a reconnu que ce qu’il avait fait n’était « pas bien », mais il a nié avoir cassé la porte de la victime.

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Le centre pénitentiaire de Majicavo

La peur des représailles

Chaïma a indiqué lors de son témoignage qu’elle avait peur de Papou car ce dernier l’a menacé à plusieurs reprises. « J’avais peur de venir au tribunal, car je crains qu’il soit relâché et qu’il s’en prenne à moi », a-t-elle déclaré. Elle a également indiqué que la mère du prévenu était venue s’excuser auprès d’elle pour le comportement de son fils. « Je n’en peux plus de lui ! », aurait-elle déclaré. Chaïma a également précisé que ses enfants étaient traumatisés depuis cette nuit-là d’autant plus qu’elle avait déjà subi un cambriolage trois semaines auparavant. Elle a donc réclamé 6000 euros de dommages et intérêt pour le préjudice moral et matériel.

Papou quant à lui a maintenu jusqu’au bout sa version des faits. Pas de chance pour lui, son casier ne jouait pas en sa faveur. Il a en effet déjà été condamné à 5 reprises pour vol avec violence dans la majorité des cas. Il est âgé de 22 ans et a un enfant de 14 mois. « Votre place devrait être à côté de votre enfant la nuit et non à voler du fruit à pain chez une honnête mère de famille », l’a tancé le juge Laurent Ben Kemoun.

Deux versions opposées

Pour la substitut du procureur, Mme Cherel, le tribunal était donc confronté à deux versions opposées. Cependant, de nombreux voisins ont confirmé la version de Chaïma et ils ont affirmé que Papou était déjà très connu dans le quartier de Majicavo pour ses nombreux vols. Il s’était notamment déjà rendu coupable d’un vol de bijoux il y a quelques temps. « En plus monsieur était alcoolisé, il se peut donc qu’il ne se souvienne pas exactement de ce qui s’est passé », a ajouté la procureure qui a donc requis contre lui 2 ans de prison dont 16 mois en sursis probatoire renforcé pendant 2 ans et 180h de travaux d’intérêt généraux. L’avocat du prévenu Me Andjilani a affirmé quant à lui qu’il n’y avait pas de réelles preuves que ce soit bien lui qui ait cassé la porte et a demandé la relaxe pour la tentative d’intrusion avec effraction. Sa plaidoirie n’a cependant pas réussi à convaincre le tribunal qui a condamné le jeune homme à 18 mois de prison dont 2 mois fermes et les 16 autres avec sursis probatoire, obligation de trouver un emploi et d’effectuer 180h de travaux d’intérêt généraux. Il a également été condamné à verser 1500 euros de dommages et intérêt à la victime.

N.G

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