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	<title>Archives des urgences - Le Journal De Mayotte</title>
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	<description>L&#039;information à Mayotte</description>
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	<title>Archives des urgences - Le Journal De Mayotte</title>
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		<title>À Mamoudzou, le CHM se prépare à l’éventualité d’un cas d’Ebola</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde HANGARD]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 02:30:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Océan Indien]]></category>
		<category><![CDATA[Outre-Mer]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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		<category><![CDATA[urgences]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors qu’un foyer épidémique d’Ebola a été signalé dans l’est de la République démocratique du Congo le 15 mai dernier, le centre hospitalier de Mayotte (CHM) anticipe un éventuel cas importé. Dans un territoire sous forte pression sanitaire, l’unique hôpital de l’île renforce ses protocoles, malgré des moyens contraints.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/05/27/a-mamoudzou-le-chm-se-prepare-a-leventualite-dun-cas-debola/">À Mamoudzou, le CHM se prépare à l’éventualité d’un cas d’Ebola</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">À Mamoudzou, le centre hospitalier de Mayotte (CHM) concentre l’ensemble de l’offre de soins hospitaliers de l’île. Dans cet établissement public, le seul du département, les couloirs des urgences restent animés en continu. Bips de monitorage, allées et venues du personnel, afflux régulier de patients : le site fonctionne sans interruption.</p>
<p style="text-align: justify;">L’hôpital, qui prend en charge une population estimée à plus de 345.000 habitants (Insee), est également la plus grande maternité de France. Il repose sur environ plus de 3.400 personnels, mais reste confronté à des difficultés de recrutement médical et à une activité soutenue. Malgré des investissements et une modernisation progressive de certains équipements, les équipes décrivent un établissement qui fonctionne souvent en conditions dégradées.</p>
<p style="text-align: justify;">Les traces du cyclone Chido, survenu le 14 décembre 2024, sont encore visibles, notamment à l&rsquo;extérieur du site où certaines façades sont abîmées, quelques fenêtres endommagées, et des infiltrations constatées dans plusieurs services. À cela s’ajoute une pression sur les capacités d’accueil, notamment en période de crise sanitaire ou d’épidémie saisonnière, comme avec le paludisme.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Une capacité hospitalière robuste malgré un état de contrainte permanent</b></h2>
<figure id="attachment_52090" aria-describedby="caption-attachment-52090" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-scaled.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-52090" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-300x225.jpg" alt="Mayotte, CHM, entrée, public," width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-300x225.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-1024x768.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-768x576.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-1536x1152.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-2048x1536.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-150x112.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-696x522.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-1068x801.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-1920x1440.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-265x198.jpg 265w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-500x375.jpg 500w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-800x600.jpg 800w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-1280x960.jpg 1280w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6511-1320x990.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-52090" class="wp-caption-text">Devant l&rsquo;hôpital, les patients affluent comme habituellement. À l&rsquo;intérieur, une véritable « machine de guerre » sanitaire se déploie pour répéter les protocoles de prise en charge de la maladie Ebola.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte, l’hypothèse d’un cas d’Ebola interroge directement la capacité de réponse du système hospitalier de l&rsquo;île. Le CHM ne dispose que de trois chambres d’isolement destinées aux pathologies infectieuses les plus sensibles. Une contrainte structurelle qui limite la prise en charge de maladies hautement contagieuses nécessitant des dispositifs lourds et des circuits strictement séparés.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans les couloirs du CHM, le personnel est sur le pont et les protocoles sont répétés quotidiennement pour faire face à un éventuel cas. Près de 36 médecins urgentistes et 4 infectiologues sont notamment en poste pour répondre à l&rsquo;éventualité de cette crise. À ce sujet, la direction de l’hôpital insiste sur l’anticipation. <em>« Cette dernière semaine a servi à répéter les gestes et les connaissances de tous nos médecins et personnels paramédicaux »</em>, explique le docteur Xavier Hubert, chef du service des urgences et du SMUR, et référent médical de crise Ebola au CHM.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux urgences, une tente spécifique a été installée devant l’entrée du service dans la cour extérieure. Elle doit permettre d’isoler un patient suspect dans les quinze premières minutes après son arrivée, avant son orientation vers un circuit dédié sous haute surveillance. <em>« On a une tente prévue devant les urgences pour accueillir un patient suspect »</em>, précise le médecin. À l&rsquo;intérieur des murs de l&rsquo;hôpital, le protocole prévoit une prise en charge strictement isolée afin de protéger les soignants et limiter tout risque de transmission, grâce à trois chambres d&rsquo;isolement, notamment une principale servant à isoler un patient potentiellement considéré comme étant dans un état grave.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Le protocole permet d’isoler le patient et de protéger les soignants »</em>, ajoute le docteur Hubert, qui rappelle que les dispositifs ont été renforcés à plusieurs reprises lors de précédentes alertes sanitaires. À ce stade, le risque d&rsquo;importation du virus sur l&rsquo;île mahoraise est toutefois évalué comme <em>« faible »</em> pour le territoire, commente l&rsquo;urgentiste.</p>
<p style="text-align: justify;">La fragilité du système hospitalier est surtout liée à son environnement global. À Mayotte, plus de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et les conditions de logement restent souvent marquées par la promiscuité et des difficultés d’accès à l’eau. Ces facteurs sont régulièrement identifiés comme aggravants en cas de crise sanitaire.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Une île sous pression sanitaire et des relais extérieurs nécessaires</b></h2>
<figure id="attachment_52091" aria-describedby="caption-attachment-52091" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512.jpg"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-52091" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-300x225.jpg" alt="Mayotte, CHM, maman, enfant," width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-300x225.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-1024x768.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-768x576.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-1536x1152.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-2048x1536.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-150x113.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-696x522.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-1068x801.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-1920x1440.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-265x198.jpg 265w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-500x375.jpg 500w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-800x600.jpg 800w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-1280x960.jpg 1280w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6512-1320x990.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-52091" class="wp-caption-text">« Oui ça m&rsquo;inquiète pour mon enfant mais j&rsquo;ai confiance », confie une maman à propos de l&rsquo;arrivée potentielle de la maladie sur le territoire.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Face aux limites de ses capacités internes, le CHM s’appuie régulièrement sur des renforts extérieurs, notamment le centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion. Ce recours avait déjà été particulièrement mobilisé lors de la crise du Covid-19, lorsque plusieurs centaines de patients avaient été évacués par avion sanitaire afin de désengorger les services hospitaliers mahorais, à l&rsquo;occasion d&rsquo;un pont sanitaire aérien.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette dépendance à des structures extérieures illustre un fonctionnement sous contrainte, où la gestion des crises repose sur des ajustements rapides et des transferts de patients. Dans le cas d’une maladie comme Ebola, cette organisation pourrait être sollicitée en cas de saturation des capacités locales.<em> « Les plans de montée en charge du CHM sont prêts (&#8230;) On a des dispositifs de recours à des renforts prévus avec la réserve sanitaire, mais aussi des établissements hospitaliers partenaires de La Réunion »,</em> rappelle le médecin.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Tsoundzou, un camp de fortune au cœur des enjeux sanitaires</b></h2>
<figure id="attachment_52053" aria-describedby="caption-attachment-52053" style="width: 200px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1.jpeg"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-52053" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-200x300.jpeg" alt="Mayotte, camp de Tsoundzou, Ebola, risque, " width="200" height="300" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-200x300.jpeg 200w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-682x1024.jpeg 682w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-768x1152.jpeg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-1024x1536.jpeg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-1365x2048.jpeg 1365w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-150x225.jpeg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-300x450.jpeg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-696x1044.jpeg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-1068x1603.jpeg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-500x750.jpeg 500w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-800x1200.jpeg 800w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-1280x1921.jpeg 1280w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1-1320x1981.jpeg 1320w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/05/Camp-de-Tsoundzou-1.jpeg 1706w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></a><figcaption id="caption-attachment-52053" class="wp-caption-text">Dans le camp de Tsoundzou, certains réfugiés ont déjà été confrontés, directement ou indirectement, au virus Ebola et redoutent son arrivée sur l’île, tout en restant prudents face aux informations sanitaires concernant une éventuelle épidémie.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Au-delà du centre hospitalier, les autorités sanitaires prennent également en compte les conditions de vie sur le territoire. À Tsoundzou, sur la commune de Mamoudzou, un vaste camp de fortune s’est progressivement installé. Plusieurs centaines de personnes y vivent dans des abris de bâches et de tôles, dans des conditions de forte densité. Les habitants sont notamment originaires de la région des Grands Lacs, mais aussi du Soudan, de la Somalie ou d’Afghanistan. Beaucoup ont rejoint Mayotte après des parcours migratoires longs et fragmentés.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le camp, les allées sont étroites, la poussière omniprésente et la chaleur difficilement soutenable. Une rampe d’accès à l’eau structure certaines zones du site, mais les conditions de vie restent précaires. C’est dans ce contexte que la question sanitaire prend une dimension particulière.<em> « Chez nous, on connaît Ebola… on en a déjà entendu parler au pays. Mais ici, on espère surtout que ça ne va pas arriver »</em>, confie un homme d&rsquo;origine congolaise, réfugié dans le camp.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre alertes internationales et contraintes locales, le CHM s’inscrit dans une logique d’anticipation. <em>« Pour une fois on se prépare avant que la crise arrive »</em>, confie une infirmière polyvalente du CHM, confiante sur les dispositifs mis en place. Les protocoles sont testés chaque jour, les équipes formées, et les circuits d’isolement testés. Mais les moyens restent contraints par la structure même du système hospitalier insulaire. <em>« Le risque est jugé faible pour le territoire de Mayotte, mais cela nécessite évidemment de rester en alerte »</em>, résume encore le docteur Xavier Hubert.</p>
<p style="text-align: justify;">Mathilde Hangard</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/05/27/a-mamoudzou-le-chm-se-prepare-a-leventualite-dun-cas-debola/">À Mamoudzou, le CHM se prépare à l’éventualité d’un cas d’Ebola</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>« On touche le fond mais on creuse encore », le CHM face à de nombreuses difficultés</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/04/28/on-touche-le-fond-mais-on-creuse-encore-le-chm-face-a-de-nombreuses-difficultes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Diwisch]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 02:30:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[CHM]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[pénurie]]></category>
		<category><![CDATA[urgences]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lejournaldemayotte.yt/?p=27804</guid>

					<description><![CDATA[<p>Plus de quatre mois après Chido, la situation au Centre hospitalier de Mayotte est difficile à tous les niveaux. La maternité et les urgences opèrent "avec les moyens du bord" en raison du manque de matériel, de personnel mais surtout de place. La qualité des soins est impactée, mais aussi le moral des effectifs et ils sont nombreux à vouloir partir alors que l'été qui arrive s'annonce compliqué.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/04/28/on-touche-le-fond-mais-on-creuse-encore-le-chm-face-a-de-nombreuses-difficultes/">« On touche le fond mais on creuse encore », le CHM face à de nombreuses difficultés</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">“</span><i><span style="font-weight: 400;">Quand je suis arrivé je me suis demandé : où j’étais ? », </span></i><span style="font-weight: 400;">raconte Mahamoud Said, à propos de la maternité du Centre hospitalier de Mamoudzou, « </span><i><span style="font-weight: 400;">voir ces draps blancs partout, ces femmes dans les couloirs et toute cette activité, c’était particulier, mais finalement l’accouchement s’est bien déroulé, tout comme la prise en charge », </span></i><span style="font-weight: 400;">poursuit l’homme, son nouveau-né dans les bras, ce vendredi 25 avril en milieu d’après-midi.</span></p>
<figure id="attachment_27827" aria-describedby="caption-attachment-27827" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-27827" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-300x200.jpg" alt="CHM, urgences, maternité, pénuries" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-27827" class="wp-caption-text">Plusieurs « tipis » ont été installés dans les couloirs de la maternité faute de chambres pour accueillir les patientes. Le CHM a perdu un bâtiment complet dédié aux consultations suite à Chido, ce qui réduit la place</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Suite à des complications, lui et sa femme Faiza Boina, ont directement été envoyés à Mamoudzou depuis le centre de soin de Pamandzi, pour qu’elle puisse être suivie par un médecin. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas de médecin à Pamandzi, mais si on en réquisitionne un de Mamoudzou, il va leur manquer, alors qu’ils sont déjà en pénurie »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> continue Mahamoud Said, conscient de la situation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Vous étiez au bon endroit au bon moment, parce qu&rsquo;il arrive que des patients soient délaissés »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> lui répond Halima*, une auxiliaire de puériculture, qui travaille depuis plus d’une dizaine d&rsquo;années au CHM. « </span><i><span style="font-weight: 400;">On a eu 17 accouchements hier soir, c’était le rush, je devais courir partout »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> ajoute-t-elle, « </span><i><span style="font-weight: 400;">et ce matin je devais rendre visite à plus de 40 bébés toute seule ! ».</span></i></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>« On arrive plus à assumer la masse »</strong></h2>
<figure id="attachment_27833" aria-describedby="caption-attachment-27833" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-27833" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-11-300x225.jpg" alt="CHM, urgences, maternité, pénuries" width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-11-300x225.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-11-768x576.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-11-150x113.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-11-696x522.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-11.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-27833" class="wp-caption-text">Trois femmes sont décédées ces derniers mois après leur accouchement</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Depuis la fermeture des maternités périphériques de Dzoumogné et de Mramadoudou, et depuis Chido, on reçoit tout le monde à Mamoudzou et on n&rsquo;a pas assez de places. C’était déjà compliqué avant mais là c’est grave, on doit faire avec les moyens du bord », </span></i><span style="font-weight: 400;">ajoute l’auxiliaire, tandis qu’une de ses collègues transporte un bébé dans un berceau à travers le couloir. Cet après-midi la situation est plutôt calme. Quelques femmes, assises sur des chaises, attendent un rendez-vous avec le médecin, tandis que d’autres récupèrent après leur accouchement, allongées sur des brancards ou sur des lits à l’abri des regards derrière des draps blancs suspendus : les « </span><i><span style="font-weight: 400;">tipis ».</span></i><span style="font-weight: 400;"> Faute de places, ces « tipis » ont été installés à côté des toilettes, mais aussi des portes d’entrée et permettent aux jeunes mères de garder un semblant d’intimité. Une organisation d’urgence qui devient la norme. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Rester là pendant trois à quatre jours, pour les patientes c’est compliqué, mais au moins elles ont quand même un endroit, c’est pas un hamac », </span></i><span style="font-weight: 400;">estime Halima</span><i><span style="font-weight: 400;">, « des fois on est obligé de les installer sur une chaise ou sur un fauteuil ».</span></i></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">On arrive plus à assumer la masse »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> constate Roger Serhal, chef de service au Pôle gynécologie-obstétrique de l’établissement. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Sur l’ensemble des maternités de Mayotte on arrivait à gérer 18.000 consultations par an, dorénavant on ne peut prendre en charge que 60%. Suite à Chido on a perdu le bâtiment des consultations, qui nous permettait d’effectuer plus de 10 consultations par jour. Ça a été un coup dur pour moi. On a mis en place des algécos, on a transformé des chambres en lieux de consultations, mais ça ne suffit pas, donc on doit mettre des femmes dans un </span></i><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">service couloir »</span><i><span style="font-weight: 400;">« ,</span></i><span style="font-weight: 400;"> déplore-t-il.</span></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Des pénuries quotidiennes de médicaments</strong></h2>
<figure id="attachment_27828" aria-describedby="caption-attachment-27828" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-27828" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-300x225.jpeg" alt="CHM, urgences, maternité, pénuries" width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-300x225.jpeg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-1024x768.jpeg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-768x576.jpeg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-1536x1152.jpeg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-2048x1536.jpeg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-150x113.jpeg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-696x522.jpeg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-1068x801.jpeg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-1920x1440.jpeg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-7-1320x990.jpeg 1320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-27828" class="wp-caption-text">Léa Perd et Marine Kouri, sages-femmes au CHM, se questionnent sur leur avenir à Mayotte face aux problèmes rencontrés</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Au manque de place, s’ajoutent le manque de médicaments et de matériel ainsi que la pénurie de personnel. Des problématiques existantes depuis de nombreuses années mais qui ont été exacerbées par le passage de Chido.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La réserve de pharmacie du port de Longoni a été détruite par le cyclone, obligeant la direction à trouver des alternatives en stockant les médicaments dans différentes pharmacies à travers le territoire, ce qui a paralysé la logistique. De plus, certaines livraisons sont arrivées en retard depuis la métropole, « <em>car elles n’étaient pas prioritaires »</em>, indique la direction. Résultat : plus de quatre mois après le cyclone, la situation est toujours compliquée et peine à se décanter.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Quand on arrive le matin on demande ce qu’il y a de disponible, pas ce qu’il manque », </span></i><span style="font-weight: 400;">lance Léa Perd, 26 ans, sage-femme</span> <span style="font-weight: 400;">au CHM</span> <span style="font-weight: 400;">depuis mars 2023. « <em>Toutes les semaines on subit de </em></span><em><span style="font-weight: 400;">courtes pénuries. Dès qu’il nous manque une chose on en récupère une autre et le lendemain c’est un troisième médicament qui est absent. Là par exemple, on a plus de tubes pour faire certaines analyses ou de pansements pour tenir des cathéters donc on bidouille comme on peut », </span></em><span style="font-weight: 400;">note-t-elle. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Un jour, je me suis retrouvée avec une patiente qui avait une hémorragie et on n&rsquo;avait rien pour quantifier les saignements. Il y a une réelle mise en danger des patientes ». </span></i></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Ces derniers mois, trois femmes sont décédées à la suite de complications après leur accouchement, notamment en raison d’embolies amniotiques. Une autre femme a été sauvée, après avoir été réanimée au bloc opératoire. “</span><i><span style="font-weight: 400;">On fait 10.000 accouchements par an, les complications arrivent</span></i><span style="font-weight: 400;">”, remarque Roger Serhal, qui précise que de nombreuses patientes viennent depuis les Comores sans suivi de grossesse et dans des conditions très difficiles. “</span><i><span style="font-weight: 400;">On n’est pas à l’abri de nouveaux drames</span></i><span style="font-weight: 400;">”, observe Halima, inquiète, “</span><i><span style="font-weight: 400;">pour le nombre de patientes on devrait avoir 25 gynécologues mais on en a peut-être 5 au total</span></i><span style="font-weight: 400;">”. Une pénurie de personnel qui touche tous les services et toutes les professions.</span></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>« A la base je voulais rester à Mayotte »</strong></h2>
<figure id="attachment_27829" aria-describedby="caption-attachment-27829" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-27829" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-300x225.jpeg" alt="CHM, urgences, maternité, pénuries" width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-300x225.jpeg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-1024x768.jpeg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-768x576.jpeg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-1536x1152.jpeg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-2048x1536.jpeg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-150x113.jpeg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-696x522.jpeg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-1068x801.jpeg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-1920x1440.jpeg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-8-1320x990.jpeg 1320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-27829" class="wp-caption-text">Des patients installés dans le couloir aux urgences sous un plafond toujours absent</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><em>« Actuellement il nous manque près de 48 sages-femmes</em><span style="font-weight: 400;">. <em>Normalement une sage-femme doit gérer entre 10 et 15 personnes, là elle gère plus de 30 patientes », </em>constate de son côté Roger Serhal. « <em>Et le souci c</em></span><span style="font-weight: 400;"><em>’est qu&rsquo;il est de plus en plus difficile de trouver de bons médecins car ils vont ailleurs. Pourtant avec la quantité et la difficulté du travail, on a besoin de médecins compétents, sinon ça ne marche pas ». </em>Aux conditions de travail difficiles s&rsquo;ajoutent la situation sécuritaire et la question du logement. Pour le personnel soignant il est de plus en plus difficile de s&rsquo;inscrire à Mayotte dans le long terme.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><i><span style="font-weight: 400;">« A la base je voulais rester, j’aime bien Mayotte. Mais la situation ne s&rsquo;améliore pas. Parfois je me dis que ça va aller mais il</span></i><i><span style="font-weight: 400;"> suffit d’une garde où on vit quelque chose de grave et on se dit : </span></i><span style="font-weight: 400;">non je peux pas !</span><i><span style="font-weight: 400;">« , </span></i><span style="font-weight: 400;">indique Léa Perd, qui « <em>compte les jours</em> » avant ses vacances. <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400;">A chaque fois on pense que ça ne peut pas être pire, mais au final si ça le devient. Le CHM c&rsquo;est ça, on touche le fond mais on creuse encore ».</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Un sentiment partagé à l&rsquo;étage inférieur, aux urgences. « <em>C&rsquo;est bon j</em><i><span style="font-weight: 400;"><em>’ai posé ma disposition, à partir de juillet c’est fini Mayotte », </em></span></i><span style="font-weight: 400;">confie Lamia Louimi, 26 ans, infirmière en poste depuis plus de trois ans au CHM. « </span><i>Moi aussi, on arrive à bout, on fatigue. C’est un métier difficile et si en plus on n&rsquo;est pas soutenu c’est compliqué »,</i> partage Léo Lles, 25 ans, qui vient travailler à Mayotte par intermittence depuis deux ans, et qui a le sentiment d&rsquo;une rupture avec la direction. « <em>Il y a eu d<span style="font-weight: 400;">es recrutements et des réservistes mais au final ce sont des gens qu&rsquo;il faut former, ça nous rajoute encore plus de travail au lieu de nous soulager », </span></em><span style="font-weight: 400;">ajoute Léo Lles.</span></p>
<figure id="attachment_27823" aria-describedby="caption-attachment-27823" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-27823" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-2-300x200.jpg" alt="CHM, urgences, maternité, pénuries" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-2-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-2-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-2-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-2-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-2.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-27823" class="wp-caption-text">Une chambre en pédiatrie aux urgences qui accueille trois bébés au lieu de deux</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Un manque de personnel qui a entraîné la condamnation d&rsquo;une aile entière de l&rsquo;unité d&rsquo;hospitalisation de courte durée pédiatrique et adulte qui comporte une dizaine de chambres. Résultat : les patients se retrouvent sur des brancards dans les couloirs lorsqu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de places dans les « <em>box</em>« , les chambres de consultations. Ces dernières ont été doublées voir triplées pour absorber le plus de monde possible.</p>
<p style="text-align: justify;">« <i><span style="font-weight: 400;">Le problème c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;a pas assez de prises à oxygène. Si une personne fait un arrêt je ne peux pas la changer de place, je ne peux pas la brancher à l’oxygène et commencer les massages »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> constate amèrement Lamia Louimi. « <em>Tu</em></span><i><span style="font-weight: 400;"><em> te retrouves à faire une hiérarchie, à faire des choix en fonction de l&rsquo;état du patient. Celui que tu sens le moins tu le mets près de la prise ». </em></span></i><span style="font-weight: 400;">Au niveau de la pédiatrie, les chambres ont également été triplées, ce qui rapproche les bébés les uns des autres et qui peut faciliter la dispersion de pathologies.</span></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>La solution des contrats annualisés</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><i><span style="font-weight: 400;">« Psychologiquement tu prends un coup quand tu vois l’augmentation de la charge de travail »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> relève Hanifati Boinali, 42 ans, aide soignante depuis 14 ans au CHM. « <em>D</em></span><em><span style="font-weight: 400;">éjà avant Chido c’était compliqué, mais le cyclone n’a pas arrangé les choses, car les locaux sont en train de dégringoler », </span></em><span style="font-weight: 400;">poursuit-elle en insistant sur la salle de repos des soignants qui est dans un état d&rsquo;insalubrité important, avec de l&rsquo;eau qui s&rsquo;infiltre à travers le plafond. « <em>L</em></span><i><span style="font-weight: 400;"><em>es</em> urgences c’est mon service de coeur, je ne me vois pas dans un autre service, mais en voyant le turnovers des infirmiers et des médecins, c’est compliqué. On n&rsquo;a plus l’envie ni la force de s&rsquo;investir par rapport aux arrivants, car on sait qu&rsquo;ils restent que deux trois mois ».</span></i></p>
<figure id="attachment_27831" aria-describedby="caption-attachment-27831" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-27831" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-10-300x200.jpg" alt="CHM, urgences, maternité, pénuries" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-10-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-10-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-10-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-10-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-10.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-27831" class="wp-caption-text">Une dame blessée aux urgences. Avec la fermeture des centres de soins périphériques, les patients arrivent au CHM avec des pathologies plus importantes</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Après 3 années à Mayotte, Tiphaine Medori, désormais cheffe adjointe des urgences, a décidé de rester dans la durée. “</span><i><span style="font-weight: 400;">On est plusieurs médecins à vouloir nous stabiliser ici et on a une forte volonté de remonter le service »</span></i><span style="font-weight: 400;">, observe-t-elle, un discours qui tranche avec celui d’une grande partie du personnel interrogé.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">“</span><i><span style="font-weight: 400;">Avec le même hôpital pour une population qui ne fait que croître, et avec les dégâts de Chido c’est normal que ça déborde. Là le problème c’est que même les paramédicaux (aides-soignants, infirmiers, brancardiers…) s’en vont également, on a une diminution drastique des ressources humaines. Il faut donc accroître l’attractivité dès maintenant ». </span></i><span style="font-weight: 400;">Pour cela, elle a mis en place avec la direction des contrats annualisés pour l’année à venir. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">L’idée est de dire qu’un médecin fait 50% de son contrat à Mayotte, pour qu’il puisse retrouver la métropole ou La Réunion par exemple s’il le souhaite l’autre partie du temps. Et ça fonctionne, une vingtaine de médecins sont déjà en accord avec cela. En plus ça permet de maintenir en poste les personnes qui connaissent Mayotte. 80% de l’effectif qui était là pendant Chido a été annualisé »</span></i><span style="font-weight: 400;">, se réjouit Tiphaine Medori.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">En attendant de voir les résultats de cette expérimentation, le CHM se prépare à un été difficile. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Le déficit de personnel médical et paramédical va s&rsquo;accroître d’ici mai, juin »</span></i><span style="font-weight: 400;">, avertit Tiphaine Medori. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Avec une population qui augmente, des pathologies plus graves suite à la rupture thérapeutique qu’a entraîné Chido, l’arrivée du chikungunya, mais aussi de la bronchiolite, ça va être compliqué. Mais on l’a bien vu avec Irma, le plus dur ce n’est pas pendant le cyclone mais maintenant dans la reconstruction sur la durée ».</span></i></p>
<p>Victor Diwisch</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/04/28/on-touche-le-fond-mais-on-creuse-encore-le-chm-face-a-de-nombreuses-difficultes/">« On touche le fond mais on creuse encore », le CHM face à de nombreuses difficultés</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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