Conçue par Mariama Ibouroi Mze, "parlons shimaore" propose un parcours intensif de quatre semaines. L'objectif : rompre avec l’appréhension de mal prononcer, surmonter la peur du jugement et oser formuler ses premières phrases.
Pensée pour valoriser le patrimoine linguistique mahorais, l’application Shimaore offre aux jeunes une nouvelle manière d’apprendre leur langue maternelle. À travers dictionnaire, leçons, jeux, podcasts et vidéos, son créateur souhaite transmettre bien plus qu’un vocabulaire : une identité et une mémoire vivante.
Voilà une tribune qui va faire réagir. L’écrivain Madi Abdou N’tro fait le constat d’une discrimination sociale engendrée par la plus ou moins grande maitrise de la langue française au sein de la société mahoraise. Qui peut conduire certains au mutisme. Comme solution, il propose l’introduction de quelques notions de shimaore et kibushi, seule façon de traduire au plus près les réalités mahoraises selon lui. Pas jusqu’à rebâtir une tour de Babel néanmoins, ce serait marginal. En espérant que nos grands-mères bretonnes ou alsaciennes qui se sont heurtées à la langue française, n’aient pas la même idée…
Le court-métrage de 20 min « Laka » (« pirogue à balancier » en shimaoré) a été projeté à l’antenne réunionnaise de l’Aadtm le 14 décembre dernier. Centré sur un père et sa fille partis à la recherche de leur pirogue disparue, le film dévoile un visage différent de Mayotte, loin des problèmes de délinquance et de bidonvilles dont la presse nationale fait souvent ses choux gras.
Depuis le 18 juillet, la municipalité de Bouéni a organisé des ateliers d’écriture en shimaoré et kibushi. Les travaux d’expression écrite réalisés à partir de contes mahorais seront présentés lors des prochaines Journées européennes du patrimoine les 17 et 18 septembre prochains. Une initiative qui veille à améliorer une meilleure connaissance écrite de ces langues locales, et ainsi sauvegarder le patrimoine de l’île
Ce vendredi, le jeune Rachid Abdou Moussa présentait aux médias sa start-up Maoclav Concept. A l'honneur, un clavier ouvrant la porte à l'utilisation du shimaoré et du kibushi, spécialement adapté pour toutes les langues dérivées du Swahili. Entre modernité et préservation du patrimoine local, l'initiative promet des usages multiples dans des domaines divers.
Mêlant traditions locales et musique jazz, près de 150 élèves d'écoles élémentaires et de collèges se sont retrouvés à la MJC de Mtsapéré pour un spectacle haut en couleurs, prouvant qu'une musique jugée parfois élitiste peut être jeune et se marier avec les traditions d'ici. Mzindzano pour les uns, paroles revisitées en shimaore pour les autres, séduisant.
La journée nationale des langues régionales était ce lundi l'occasion de revenir sur les efforts entrepris pour valoriser les deux langues vernaculaires de Mayotte. Le rectorat et le Département ont fait de ce patrimoine oral une clé de l'apprentissage et de la réussite scolaire, sur un territoire où le français reste "un frein" pour beaucoup d'élèves.
C’est un premier et grand pas à la fois politique et technique qui a été fait ce mardi par quatre partenaires institutionnels déterminés à lancer l’enseignement à l’école des langues régionales désormais reconnu nationalement. La « fin de la 1ère guerre de la salive », et elle n’est pas finie…
Souvent minimisée, rarement bien comprise, l'histoire de l'esclavage à Mayotte revêt plusieurs formes, de la traite négrière des envahisseurs arabes il y a près de 1000 ans à l'engagisme pratiqué par les cultivateurs occidentaux au XIXe siècle. Sans oublier l'asservissement des habitants par les sultans locaux. Un passé d'autant plus difficile à enseigner que le shimaore ne dispose pas de mot spécifique pour désigner l'esclavage, ce qui n'est pas sans conséquence de nos jours.
Personne n’aurait parié en 2014 sur un excédent de plus de 50 millions d’euros au Département 6 années après. C’est pourtant sur cette bonne note que des décisions ont été approuvées en assemblée, parmi lesquelles la formation à l’enseignement du shimaore et du kibushi.