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	<title>Archives des Réussite - Le Journal De Mayotte</title>
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	<description>L&#039;information à Mayotte</description>
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	<title>Archives des Réussite - Le Journal De Mayotte</title>
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	<item>
		<title>Abdou Mrendada : l’exception qui confirme que tout est possible</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2026/06/23/abdou-mrendada-lexception-qui-confirme-que-tout-est-possible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benoit Jaëglé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 02:15:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[éducation]]></category>
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		<category><![CDATA[Jeunesse mahoraise]]></category>
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		<category><![CDATA[Réussite]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abdou Mrendada, âgé de moins de 30 ans, pourrait être l’exception qui confirme la règle… Né en 1997 à Koungou dans une famille extrêmement modeste, il a réussi de brillantes études sans jamais redoubler jusqu’à devenir le plus jeune directeur de cabinet de l’île. Preuve que même si le système éducatif à Mayotte est en décalage avec les autres territoires de la République, avec persévérance et goût de l’effort on peut s’en sortir et réussir.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/06/23/abdou-mrendada-lexception-qui-confirme-que-tout-est-possible/">Abdou Mrendada : l’exception qui confirme que tout est possible</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Abdou Mrendada est le symbole de cette jeunesse mahoraise qui a compris que l’éducation est un moyen de s’élever et de sortir de sa condition, et que même si à Mayotte on n’a pas les mêmes armes qu’en métropole, il est possible de réussir. <em>« Mes parents vendaient des bananes… Illettrés, ils n’ont pas fait d’études et ne possèdent aucun diplôme. Les conditions de vie étaient difficiles à la maison : pas de TV, pas d’Internet&#8230; En tant qu’aîné de la famille et seul garçon j’avais l’obligation de réussir, je me devais de donner l’exemple »</em>, explique-t-il.</p>
<h2 style="font-weight: 400; text-align: center;"><em><strong>« Je me suis débrouillé tout seul »</strong></em></h2>
<figure id="attachment_23120" aria-describedby="caption-attachment-23120" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-23120" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/college-Koungou2-300x156.jpg" alt="commune de Koungou, police municipale, sécurité" width="300" height="156" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/college-Koungou2-300x156.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/college-Koungou2-150x78.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/college-Koungou2.jpg 660w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-23120" class="wp-caption-text">Abdou a suivi ses années de collège à Koungou. (illustration)</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Après avoir effectué son école primaire et son collège à Koungou, Abdou a fait ses années de lycée à Chirongui. <em>« Au début de ma seconde j’étais au lycée de Kawéni mais à cette époque il y avait pas mal de problèmes avec des bandes… Mon père habitant à Malamani j’ai fait seul les démarches et utilisé son adresse pour m’inscrire au lycée de Chirongui où la situation était plus apaisée »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Il faut dire qu’Abdou était motivé pour suivre ses études sereinement en évitant un maximum d’obstacles et en mettant toutes les chances de son côté, même au prix de nombreux efforts et sacrifices. <em>« Tous les jours je me levais à 4h, je prenais le premier bus vers 4h30 à Koungou… il nous déposait à la rocade de Mamoudzou vers 6h et là je reprenais un autre bus direction Chirongui où j’arrivais vers 6h50 juste avant le début des cours », </em>se souvient-il<em>. </em></p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Le soir, il fallait faire le même trajet mais cette fois-ci dans l’autre sens.<em> « Après 8h de cours je reprenais le bus, j’arrivais chez moi à Koungou sur les coups de 20h. C’était compliqué, fatiguant, épuisant, j’étais KO ! Je mangeais et après je faisais mes devoirs et le lendemain je recommençais. Je n’avais pas le choix, pour réussir à Mayotte, il faut mettre les bouchées doubles »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Abdou a adopté ce rythme de vie pendant trois ans, de la seconde à la terminale, et a eu son bac L avec mention « assez bien » (AB). <em>« Durant tout ce temps je me suis débrouillé tout seul, je n’avais personne pour m’accompagner dans mes devoirs à la maison. Mes parents n’ont pas pu bénéficier d’un système éducatif… Aussi ma mère se battait pour payer mes études jusqu’à réussir à me trouver un smartphone ».</em></p>
<h2 style="font-weight: 400; text-align: center;"><strong><em>« Rien de grand ne s&rsquo;est jamais accompli dans le monde sans passion »</em></strong></h2>
<figure id="attachment_54035" aria-describedby="caption-attachment-54035" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-54035" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/images-300x300.jpeg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/images-300x299.jpeg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/images-150x149.jpeg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/images.jpeg 419w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-54035" class="wp-caption-text">Le philosophe Hegel a nourri la pensée d&rsquo;Abdou (illustration/ source : German Culture)</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">En 2015, une fois son bac en poche, Abdou a poursuivi ses études en licence de philosophie à l’université d’Aix-Marseille. <em>« Plus jeune je rêvais d’intégrer le GIGN, </em>sourit-il<em>. J’allais souvent chez ma voisine pour regarder des séries TV avec le FBI… »</em>. Mais la vie en a visiblement décidé autrement et l’a orienté, dans un premier temps, vers la philosophie. <em>« C’est mon professeur de philosophie en terminale au lycée de Chirongui, Hamidani-Attoumani AMBRIRIKI, qui m’a donné envie de poursuivre dans cette voie. Il était docteur en philosophie, le premier Mahorais docteur en philosophie ! Cela m’a frappé d’emblée ! Je me suis dit : je veux devenir comme lui ! »</em>, raconte le jeune homme.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Une fois arrivé à Aix, après un parcours non moins éprouvant (1<sup>er</sup> voyage en avion et en métropole, changement de climat…), Abdou a dû s’adapter à son nouvel environnement. <em>« C’était la première fois que je quittais Mayotte… J’ai choisi Aix car je savais qu’il y avait une importante communauté comorienne. Je me suis dit que ce serait plus facile pour moi d’avoir de l’aide et m’adapter à cette vie nouvelle »</em>. Une fois inscrit en licence de philosophie, Abdou constate qu’il est l’unique Mahorais. <em>« J’étais seul, il y avait que des mzungu ! »,</em> dit-il en plaisantant. <em>« Toutefois je voulais devenir philosophe, j’avais l’ambition de réussir, de faire quelque chose de grand, prouver que tout est possible même quand on vient de Koungou. Comme disait le philosophe Hegel : Rien de grand ne s&rsquo;est jamais accompli dans le monde sans passion »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Durant les vacances, Abdou ne rentrait pas dans son île natale mais restait en métropole, à Aix, où il faisait des petits boulots pour payer ses études. <em>« Je n’avais pas d’autre choix que de réussir. Je n’étais pas dans les mêmes conditions qu’un étudiant originaire de métropole… Aussi, je finançais mes études en travaillant dans un hôpital psychiatrique. J’accompagnais notamment les personnes malades dépendantes à la drogue et à l’alcool »</em>, se remémore-t-il.</p>
<h2 style="font-weight: 400; text-align: center;"><strong>Professeur de philosophie puis directeur de cabinet</strong></h2>
<figure id="attachment_46240" aria-describedby="caption-attachment-46240" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-46240" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-1024x683.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-1536x1024.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-2048x1365.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-1068x712.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-1920x1280.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/IMG_1828-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-46240" class="wp-caption-text">Abdou a enseigné la philosophie durant 2 ans au lycée des Lumières à Kawéni.</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Lauréat d’une licence de philosophie, le Mahorais se destine à être enseignant. Pour cela il s’inscrit à l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPE), devenue par la suite l’INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation), où il obtient son master du premier coup. <em>« J’ai suivi cette formation pour être professeur avec une spécialité ingénierie de la formation mais je n’ai pas passé le concours »</em>, précise-t-il. Abdou décide alors de rentrer à Mayotte, nous sommes en 2020. Il postule pour devenir professeur contractuel. <em>« J’ai enseigné la philosophie pendant 2 ans au lycée de Kaweni. J’étais le plus jeune prof de l’établissement »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">C’est un <em>« concours de circonstances »</em>, comme il dit, qui le fera démissionner de son poste de professeur pour s’investir dans sa commune natale. <em>« En 2021 il y a eu l’incendie de l’Hôtel de ville à Koungou… il y avait une rupture des liens avec la jeunesse, elle saccageait tout. J’ai alors proposé un projet au maire de l’époque : « les assises de la jeunesse » afin de recréer du lien entre la municipalité et les jeunes. Visiblement ça lui a plu puisque peu de temps après il a fait appel à moi en me proposant de devenir son directeur de cabinet. Je suis devenu alors le plus jeune « dircab » de l’île »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Ne se reposant pas sur ses lauriers et poursuivant sa philosophie de : on n’a rien sans rien, le Kounguai décide de reprendre ses études et d’intégrer l’École des directeurs de cabinet. <em>« J’ai souhaité aller plus loin, comprendre les choses, j’avais besoin de formation… J’ai alors déposé un dossier pour faire l’École des directeurs de cabinet et j’ai été accepté »</em>. Une surcharge de travail en plus pour le jeune « dircab » puisqu’il suivait ses cours en distantiel les week-ends.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;"><em>« C’était compliqué car cela s’ajoutait en plus de mon travail. Je devais quand même continuer à gérer les urgences au sein de la mairie, sans compter qu’il y avait le décalage horaire… C’était des semaines très denses »</em>, raconte Abdou. Mais une fois de plus, il fait un parcours sans fautes puisqu’il réussit ses examens et obtient son diplôme de directeur de cabinet. <em>« J’ai encore dû travailler double pour réussir, au prix de nombreux sacrifices, mais ça a payé ! Je suis le premier à l’avoir eu en étant originaire de Koungou »</em>.</p>
<h2 style="font-weight: 400; text-align: center;"><strong>Mettre plus de moyens pour accompagner la jeunesse mahoraise</strong></h2>
<figure id="attachment_54036" aria-describedby="caption-attachment-54036" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-54036 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/Abdou-Mrendada-remise-diplome-dircab-300x249.jpg" alt="" width="300" height="249" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/Abdou-Mrendada-remise-diplome-dircab-300x249.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/Abdou-Mrendada-remise-diplome-dircab-768x638.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/Abdou-Mrendada-remise-diplome-dircab-150x125.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/Abdou-Mrendada-remise-diplome-dircab-696x578.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/Abdou-Mrendada-remise-diplome-dircab-500x415.jpg 500w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/Abdou-Mrendada-remise-diplome-dircab-800x664.jpg 800w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/06/Abdou-Mrendada-remise-diplome-dircab.jpg 903w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-54036" class="wp-caption-text">Abdou a été le plus jeune directeur de cabinet de l&rsquo;île, à seulement 25 ans. Ici lors de la cérémonie de remise de son diplôme à Paris.</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Malgré son brillant parcours, Abdou reste lucide concernant les conditions d’enseignement sur notre territoire et porte un regard parfois critique. <em>« C’est plus difficile ici… A Mayotte on n’a pas le choix, on n’a pas les mêmes conditions qu’en métropole. Pour moi, l’égalité des chances à Mayotte est discutable, moi je n’y crois pas ! »</em>, soutient-il.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Il en veut pour preuve la fragilité sociale de nombreuses familles mahoraises, des classes surchargées, l’absence d’accueil périscolaire et de moyens pour accompagner la jeunesse, ou encore des méthodes d’enseignement inadaptées au territoire. <em>« Le niveau est très hétérogène ici à Mayotte. La fragilité sociale est omniprésente. Pour la plupart des élèves il n’y a pas de continuité éducative à la maison, c’est un véritable handicap, les conditions sont extrêmement fragiles. Le cyclone Chido a été un révélateur et n’a fait qu’aggraver les choses. Pour s’en sortir il ne faut pas travailler deux fois plus mais au moins quatre fois plus ! »</em>, martèle le Kounguai.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Il déplore ainsi l’absence d’accompagnement des familles et des élèves qui pourrait selon lui résoudre bien des problèmes. <em>« Je pense qu’il est nécessaire de s’adapter pour amener les élèves à la réussite. Cela passe par de l’innovation pédagogique, par une autre méthodologie. L’enseignement à Mayotte est différent de celui que l’on peut avoir à Paris ou à Lyon par exemple. Pour moi, les méthodes de la métropole sont difficilement applicables ici »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">En outre, il plaide pour une collaboration renforcée entre les municipalités et le Rectorat afin d’encadrer les élèves après les cours notamment. <em>« Il faut mettre plus de moyens pour accompagner la jeunesse en généralisant par exemple l’aide aux devoirs et en recrutant des éducateurs pour suivre et rassurer les familles. Il faut apprendre dès le plus jeune âge le goût du travail, de l’effort, le sens du sacrifice pour réussir. Les jeunes n’ont pas les mêmes chances à la maison, ils n’ont d’autres choix que de s’accrocher aux études pour s’en sortir »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Abdou souhaiterait également voir se mettre en place un petit déjeuner gratuit chaque matin dans les établissements scolaires. Une idée que l’ancien recteur, Jacques Mikulovic, avait déjà posé sur la table. <em>« Les élèves se lèvent très tôt, ils arrivent à l’école le matin le ventre vide. Pas étonnant qu’à la mi-journée ils dorment ! »</em>, déplore le Mahorais.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Enfin selon lui, il faudrait mettre l’accent sur l’école primaire. <em>« Il faut donner des réponses pour encourager les études, cela peut passer par exemple par la distribution de kits scolaires. Beaucoup de familles n’ont pas accès à Internet et ont encore moins les moyens d’acheter des tablettes… Leur priorité c’est de manger en achetant notamment des cartons de poulet ! Il faut changer les choses, ouvrir les esprits, combler les manques, proposer des alternatives aux jeunes. En somme, offrir des rêves, un idéal »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">B.J.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Avec UM-Mentor, Chaybia Maftaha ouvre des portes aux jeunes ultramarins</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/11/03/avec-um-mentor-chaybia-maftaha-ouvre-des-portes-aux-jeunes-ultramarins/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Shanyce MATHIAS ALI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 02:00:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
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		<category><![CDATA[UM-Mentor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 14 octobre 2025, l’association UM-Mentor a fêté sa première année. Fondée par Chaybia Maftaha, 24 ans, cette structure accompagne les jeunes ultramarins à distance grâce à un réseau de mentors issus des Outre-mer. Parti d’un besoin personnel, le projet s’est transformé en un véritable espace de solidarité et de soutien pour la jeunesse. UM-Mentor vise à donner confiance et repères aux jeunes qui s’installent loin de leur île.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" data-start="721" data-end="1293">Il y a deux semaines, l’association UM-Mentor soufflait sa première bougie. La fondatrice nous a partagé cette aventure avec une voix posée et calme, mais remplie de fierté et détermination. « <em>C’est fou de se dire qu’en un an, ce projet né d’un besoin personnel est devenu une structure qui agit concrètement</em> », confie l’entrepreneuse. En douze mois, UM-Mentor a déjà accompagné deux promotions, réuni plus d’une trentaine de mentors actifs, vingt jeunes suivis, une vingtaine d’ateliers organisés et un partenariat solide avec la Fondation Pierre Bellon.</p>
<h3 style="text-align: center;" data-start="721" data-end="1293"><strong>Apprendre à se construire seule</strong></h3>
<figure id="attachment_39900" aria-describedby="caption-attachment-39900" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-39900" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1641-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1641-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1641-1024x682.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1641-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1641-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1641-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1641-1068x712.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1641.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-39900" class="wp-caption-text">Chaybia Maftaha, 24 ans, originaire de Nyambadao et créatrice d&rsquo;UM-Mentor.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;" data-start="1295" data-end="2041">Pourtant, le parcours de la jeune femme n’a rien d’un long fleuve tranquille. Née et ayant grandi à Nyambadao, un petit village du sud de Mayotte, elle quitte son île à seulement seize ans, un bac Sciences et Technologies du Management et de la Gestion (STMG) en poche, direction La Réunion, puis Toulouse. Là-bas, tout est nouveau : le système universitaire, les codes, la solitude. « <em>J’ai découvert un monde où il fallait être autonome tout de suite, sans vraiment savoir comment s’y prendre. Je ne connaissais même pas les autres voies possibles, comme les BTS</em> », raconte la mahoraise.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="1295" data-end="2041">Sans repères, elle décroche au bout de deux mois. Commence alors une période de survie : de ses seize à vingt ans, elle enchaîne les petits boulots dans la vente, la restauration ou encore l’alimentation. « <em>J’ai touché à tout ! J’ai commencé à coudre, coiffer, mais aussi à gérer des pages sur les réseaux sociaux&#8230;</em> ».  Mais derrière cette énergie se cachent aussi des années de précarité. « <em>J’ai connu des périodes très dures, notamment une année où je n’avais pas de logement fixe</em> », confie celle qui a créé UM-Mentor avec une pointe de tristesse. En 2021, Chaybia Maftaha décide de retourner sur les bancs de l&rsquo;école. <span lang="FR">Elle entame alors un BTS MCO (Management commercial opérationnel) en alternance, en tant qu’assistante manager. </span></p>
<p style="text-align: justify;" data-start="1295" data-end="2041"><span lang="FR">Mais très vite, la Mahoraise  va se rendre compte que ce n’est pas la voie qu’elle a envie de suivre. « <em>Moi je voulais créer, entreprendre et construire quelque chose à mon image</em> ». Elle va donc se réorienter en BTS Négociation et digitalisation de la relation client (NDRC), qu’elle obtiendra en 2024. En parallèle, la jeune femme travaille dans l’accompagnement de startups à impact social et environnemental notamment dans le secteur de la <em>DeepTech</em>. Une expérience qu’elle juge de décisive. « <em>C’est là </em></span><em>que j’ai compris que j’aimais aider les autres à structurer leurs projets</em> <span lang="FR">», partage l’entrepreneuse avec un grand sourire.  </span></p>
<h3 style="text-align: center;" data-start="1295" data-end="2041"><strong data-start="2990" data-end="3039">UM-Mentor, un projet né d’un besoin personnel</strong></h3>
<figure id="attachment_39902" aria-describedby="caption-attachment-39902" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-39902 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1643-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1643-300x300.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1643-150x150.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1643.jpg 621w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-39902" class="wp-caption-text">Les accompagnements 100% distancielle d&rsquo;UM-Mentor.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;" data-start="3042" data-end="3449">Petit à petit, Chaybia Maftaha commence à accompagner des entrepreneurs à son compte, dont la plupart sont d&rsquo;origine mahoraise. Et puis, en 2023, un déclic : alors qu’elle cherche un mentor pour l’un de ses projets, elle se rend compte qu’il n’existe aucun dispositif pensé pour les jeunes venant des territoires ultramarins. « <em>Je me suis dit : si moi je ressens ce manque, combien d’autres le vivent aussi</em> ? ». C’est de ce constat qu’est née UM-Mentor. Créée en octobre 2024, UM pour “Ultramarins”, l’association propose une plateforme 100 % distancielle où les jeunes peuvent être accompagnés par des tuteurs issus des Outre-mer, participer à des ateliers et échanger dans un cadre bienveillant. « <em>Je voulais créer un espace d’identification, un réseau où chacun peut avancer sans se sentir seul</em> », explique la fondatrice.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="3042" data-end="3449">Les débuts sont compliqués : « <em>J’ai tout fait seule : la communication, les entretiens, la création des ateliers, le suivi mensuel, les interventions quand ça n’allait pas. Je travaillais souvent jusqu’à tard dans la nuit</em> ». Mais la détermination finit par payer, le bouche-à-oreille fonctionne, les mentors s’engagent, et les étudiants rejoignent l’aventure. Parmi les souvenirs marquants, elle cite sans hésiter la clôture de la première promotion, en avril 2025. « <em>C’était la première fois qu’on se rencontrait tous physiquement : mentors, étudiants, équipe. Voir cette énergie, ces sourires, ces échanges sincères… c’était bouleversant. Je me suis dit : voilà, j’ai créé quelque chose qui unit</em> ».</p>
<h3 style="text-align: center;" data-start="4494" data-end="4567"><strong data-start="4498" data-end="4565">Un an plus tard, une communauté soudée et tournée vers l’avenir</strong></h3>
<figure id="attachment_39901" aria-describedby="caption-attachment-39901" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-39901 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1640-300x170.jpg" alt="" width="300" height="170" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1640-300x170.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1640-1024x579.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1640-768x434.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1640-150x85.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1640-696x394.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1640-1068x604.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1640.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-39901" class="wp-caption-text">« C’était la première fois qu’on se rencontrait tous physiquement : mentors, étudiants, équipe ».</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;" data-start="4568" data-end="5123">Aujourd’hui, l’association poursuit sa croissance. Des simples ateliers mensuels, UM-Mentor est passée aux “Causeries UM-Mentor” : des discussions gratuites, ouvertes à tous, autour de thèmes variés. L’objectif, à horizon 2026 : organiser ces rencontres en présentiel, renforcer les partenariats avec les associations, les écoles et les institutions, et bâtir un véritable écosystème ultramarin durable. En parallèle, la jeune femme développe son entreprise d’accompagnement entrepreneurial et souhaite y créer un volet dédié pour l’association, tout en gardant un lien fort avec son île natale. «  <em>J’aimerais y développer quelque chose. J’aimerais préparer les jeunes de Mayotte avant leur départ, les aider à comprendre le système, à construire leur projet. Mon rêve, c’est qu’aucun jeune ne parte sans bagage</em> », dit-elle avec enthousiasme.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="4568" data-end="5123">Quand on lui demande ce qu’il manque le plus aux jeunes des Outre-mer, elle répond sans hésiter : la confiance. <em>« Ce n’est pas le talent ni la motivation qui manquent, c’est la confiance. On nous renvoie souvent une image d’échec, comme si c’était normal de ne pas y arriver. Mais ce n’est pas vrai »</em>. La Mahoraise insiste aussi sur l’importance des modèles et de la représentation. « <em>Quand on voit quelqu’un qui nous ressemble réussir, ça change tout. Ça nous donne de l’espoir, du courage. C’est tout le sens du mentorat</em> ».</p>
<div>
<p style="text-align: justify;">Et si Chaybia Maftaha devait livrer un dernier conseil aux jeunes Mahorais ou ultramarins qui hésitent à se lancer, ce serait celui qu’elle s’applique à elle-même : « <em>Transforme tes obstacles en force !</em> ». Puis elle ajoute, « <em>Tout ce que tu vis peut devenir une ressource. Rien n’est perdu. Et surtout, entoure-toi bien. Les bonnes personnes, c’est ce qui fait toute la différence</em> ».</p>
</div>
<p><strong>Shanyce MATHIAS ALI. </strong></p>
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		<title>De Mayotte au monde : Youmna Mouhamad ou le parcours d’une entrepreneuse hors norme</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/10/15/de-mayotte-au-monde-youmna-mouhamad-ou-le-parcours-dune-entrepreneuse-hors-norme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Shanyce MATHIAS ALI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 02:15:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bien-être]]></category>
		<category><![CDATA[Inspiration]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Entrepreneuriat féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[innovation]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Réussite]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fondatrice de Nyfasi, première marque mahoraise à breveter une innovation inspirée d’un geste de soin ancestral, Youmna Mouhamad s’impose aujourd’hui sur la scène internationale. Son peigne applicateur “Nyfasi Deluxe Detangler” lui ouvre les portes des États-Unis, où elle a participé à “The Colors”, un événement sur la beauté multiculturelle.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Titulaire d’un doctorat en physique, et six ans d’experience en tant que chercheur scientifique, Youmna Mouhamad, originaire de Pamandzi, n’aurait jamais imaginer finir créatrice de la première marque mahoraise à avoir breveté une innovation. Entre son enfance partagée entre Mayotte et la France, et des études qui l’ont menée de l’université de Leeds à l’université de Sheffield au Royaume-Uni, elle rêvait de travailler sur les panneaux solaires à Mayotte. Mais très vite, le côté trop théorique de la recherche l’a poussée vers quelque chose de plus concret : la création et l’invention.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Pour financer la fin de son doctorat, la jeune femme devient fille au pair, s’occupant quotidiennement d’une petite fille. C’est en observant les soins capillaires de l’enfant que l’idée lui vient. <em>« À chaque fois que sa mère lui lavait les cheveux, c’était des pleurs non-stop, et je me suis dit qu’il fallait trouver un moyen de rendre ce moment plus doux »</em>, raconte-t-elle. Elle identifie rapidement une problématique complexe : les cheveux texturés peuvent provoquer douleur, stress et anxiété, affectant la confiance en soi des jeunes filles noires. Cette observation s’appuie aussi sur les gestes traditionnels mahorais, comme l’usage d’eau et d’huile pour faciliter le « coiffage ». <em>« Je me suis inspirée de ce que faisait ma mère à Mayotte&#8230; elle plongeait toujours le peigne dans un verre d’eau avec un peu d’huile. Je me suis dit : pourquoi ne pas moderniser ça  ? »</em>.</p>
<h3 style="font-weight: 400; text-align: center;"><strong>Du concept au peigne : la naissance de Nyfasi</strong></h3>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-38916 alignleft" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-300x300.png" alt="" width="266" height="266" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-300x300.png 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-1024x1024.png 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-150x150.png 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-768x768.png 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-1536x1536.png 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-696x696.png 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-1068x1068.png 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392-1320x1320.png 1320w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/IMG_1392.png 1755w" sizes="auto, (max-width: 266px) 100vw, 266px" />Pour transformer son idée en produit concret, l’entrepreneuse s’est d’abord tournée vers son public cible. <em>« J’ai interviewé une cinquantaine de femmes pour comprendre exactement leurs besoins : combien de temps elles passent à prendre soin de leurs cheveux, ce qui les stresse, ce qui est douloureux »</em>, explique-t-elle. Ces échanges ont permis de définir des priorités claires pour le peigne applicateur. Chaque prototype a ensuite été testé pour valider le produit final. <em>« Je ne voulais pas créer quelque chose de théorique, comme souvent dans la science, mais un produit qui fonctionne vraiment pour les femmes et leurs cheveux »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Grâce à ses compétences scientifiques, elle a pu imaginer le fonctionnement du peigne et travailler avec des fab-labs (ndlr, contraction de l&rsquo;anglais fabrication laboratory « laboratoire de fabrication » ; les fab labs sont un réseau mondial de laboratoires locaux, qui rendent possible l’invention en donnant aux individus accès à des outils de fabrication numérique pour fabriquer les premiers modèles). Le geste traditionnel mahorais d’utiliser un mélange d’eau et d’huile a servi d’inspiration pour concevoir un outil pratique et efficace.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Le dépôt du brevet national a été financé entièrement sur ses fonds personnels ainsi que la production des premiers prototypes du Nyfasi Deluxe Detangler. Pour cela, la Mahoraise a organisé sa vie autour de ressources limitées, louant une petite chambre pour économiser au maximum. <em>« Je devais faire des sacrifices pour que ce projet voit le jour. Chaque euro comptait »</em>, confie-t-elle. Cette discipline et cette patience ont permis de poser les premières pierres d’une marque innovante, prête à conquérir l&rsquo;Europe et le monde.</p>
<h3 style="font-weight: 400; text-align: center;"><strong>Défis et reconnaissance : la route vers l’international</strong></h3>
<figure id="attachment_38963" aria-describedby="caption-attachment-38963" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-38963 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/0ca3f316-632c-485f-956e-fdb9be7f379d-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/0ca3f316-632c-485f-956e-fdb9be7f379d-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/0ca3f316-632c-485f-956e-fdb9be7f379d-1024x683.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/0ca3f316-632c-485f-956e-fdb9be7f379d-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/0ca3f316-632c-485f-956e-fdb9be7f379d-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/0ca3f316-632c-485f-956e-fdb9be7f379d-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/0ca3f316-632c-485f-956e-fdb9be7f379d-1068x713.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/0ca3f316-632c-485f-956e-fdb9be7f379d.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-38963" class="wp-caption-text">« Le plus difficile, c’était de convaincre les investisseurs professionnels. Beaucoup ne comprenaient pas le problème que je voulais résoudre ». (DR)</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">L’aventure entrepreneuriale n’a pas été un long fleuve tranquille. <em>« Le plus difficile, c’était de convaincre les investisseurs professionnels. Beaucoup ne comprenaient pas le problème que je voulais résoudre »</em>, nous explique Youmna. En tant que femme noire développant un produit destiné principalement aux femmes noires et métissées, elle a dû presque « éduquer » ses interlocuteurs sur la réalité quotidienne des cheveux texturés. <em>« On me disait souvent que le marché que je visais était minime, mais je savais que c’était important et qu’il fallait tenir bon »</em>, poursuit la Mahoraise. Le soutien de sa famille a été déterminant. Hébergement, aide financière et encouragements ont permis à la Pamandzienne de se concentrer pleinement sur son projet. Sans cette base solide, elle aurait été contrainte de renoncer aux étapes les plus exigeantes de développement. Cette persévérance a été reconnue et soutenue par plusieurs bourses prestigieuses. La plus notable est celle de la <em>Royal Academy of Engineering</em> au Royaume-Uni, d’un montant de 72 .000 pounds (plus de 80.000 euros), qui a permis de financer les phases finales de développement du produit. D’autres bourses entrepreneuriales sont venues compléter ce soutien, notamment une subvention du Conseil départemental de Mayotte pour le dépôt du brevet international.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">La recherche et le développement du peigne Nyfasi ses sont achevés en 2021. Le produit était prêt, mais la production à grande échelle nécessitait un moule industriel dont le coût, estimé entre 150.000 et 200.000 euros, rendait l’opération impossible sans soutien financier. En 2024 elle obtient une bourse de l’Agence Nationale pour la Recherche et le Développement, d’un montant de 50.000 euros, elle a pu se rendre en Chine pour lancer la fabrication du moule et amorcer les premières productions. Les premières ventes ont rapidement dépassé les frontières : le peigne Nyfasi Deluxe Detangler s’est vendu dans onze pays, dont l’Angleterre, la France, les États-Unis, Dubaï et l’Allemagne entre autres.</p>
<h3 style="font-weight: 400; text-align: center;"><strong>De Mayotte à New York : une vitrine pour la culture et l’innovation</strong></h3>
<figure id="attachment_38962" aria-describedby="caption-attachment-38962" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-38962 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/c32472a0-24b8-42b6-a452-9a5dba45ff78-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/c32472a0-24b8-42b6-a452-9a5dba45ff78-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/c32472a0-24b8-42b6-a452-9a5dba45ff78-1024x683.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/c32472a0-24b8-42b6-a452-9a5dba45ff78-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/c32472a0-24b8-42b6-a452-9a5dba45ff78-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/c32472a0-24b8-42b6-a452-9a5dba45ff78-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/c32472a0-24b8-42b6-a452-9a5dba45ff78-1068x713.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/c32472a0-24b8-42b6-a452-9a5dba45ff78.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-38962" class="wp-caption-text">Youmna a participé à The Colors, un événement international consacré à la beauté multiculturelle. (DR)</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Actuellement à New York où elle a participé à <em>The Colors</em>, un événement international consacré à la beauté multiculturelle, organisé au consulat de France à New York, Youmna Mouhamad savoure ce moment unique. <em>«  J’ai des étoiles pleines les yeux, c’est incroyable d’être ici. Quand je repense à mes débuts, d’où je viens, c’est beau de pouvoir représenter Mayotte à l’international et de faire connaître notre île  »</em>. Pour elle, cet événement est bien plus qu’une vitrine pour Nyfasi : c’est l’occasion de partager la culture maoraise avec le monde et d’inspirer d’autres jeunes entrepreneurs.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Prochainement, Youmna Mouhamad ambitionne de produire le « Nyfasi Deluxe Detangler » en grande quantité afin de faire un maximum de ventes et de le distribuer dans des boutiques spécialisées comme Nocibé. Elle souhaite également développer une gamme de produits capillaires à base de plantes locales de Mayotte. Au-delà du produit, elle souhaite contribuer au développement de l’entrepreneuriat à Mayotte en formant et en inspirant les jeunes. « Il faut encourager les jeunes à sortir des cases et à croire en leurs idées », insiste-t-elle, rappelant l’importance du soutien et de la confiance dans la réussite entrepreneuriale.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: justify;">Pour les jeunes Mahorais qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat, elle a deux conseils : <em>« Comprendre son pourquoi, ses valeurs et sa vision »</em> et <em>« travailler sur soi pour développer la discipline et la conscience de soi, des qualités essentielles pour tout leader »</em>.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Shanyce Mathias Ali</strong></p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/10/15/de-mayotte-au-monde-youmna-mouhamad-ou-le-parcours-dune-entrepreneuse-hors-norme/">De Mayotte au monde : Youmna Mouhamad ou le parcours d’une entrepreneuse hors norme</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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