Kwassa et immigrés clandestins : une histoire sans fin
Alors que les grandes vacances ont débuté, les affaires impliquant des passeurs pour l’aide à l’entrée irrégulière d’étrangers sur le territoire s’enchainent au tribunal judiciaire de Mamoudzou.
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Alors que les grandes vacances ont débuté, les affaires impliquant des passeurs pour l’aide à l’entrée irrégulière d’étrangers sur le territoire s’enchainent au tribunal judiciaire de Mamoudzou.
Quatre prévenus ont été jugés en comparution immédiate ce lundi 15 juillet. Le procès a tenté de déterminer leur degré d’implication dans un réseau de passeurs d’immigrés clandestins, mais aussi de stupéfiants, entre Anjouan et Mayotte.
En octroyant cette aide à tous les justiciables de France quelle que soit leur situation administrative, les Sages ont ravivé le débat sur l’immigration clandestine aux portes des élections européennes. A Mayotte peuplée pour un quart d’étrangers en situation irrégulière, la pratique était quasiment entrée dans les mœurs du barreau
Cela fait 4 ans que le propriétaire d'une grande maison sise à Dzaoudzi hébergeait des clandestins dans des conditions insalubres : 53 matelas y étaient entassés, ont découvert les enquêteurs de la "Task Force 976"
Les autorités comoriennes disent être confrontées à « deux soucis majeurs »: les passagers en situation régulière à Mayotte et qui souhaitent rentrer dans l’île au lagon, tout comme ceux qui sont à Mamoudzou et souhaitent venir à Mutsamudu. L’autre souci est l’approvisionnement en médicaments à Anjouan. Les pharmacies qui s’approvisionnent depuis Mayotte risquent d’être vides dans les prochaines semaines
Dans un communiqué publié ce lundi, le député de la 2e circonscription de Mayotte a fait savoir qu’au regard de « la remise systématique en liberté d’immigrés clandestins par la Justice », anéantissant « l’activité des forces de l’ordre en matière de police aux frontières », il a demandé l’envoi « en urgence, à Mayotte », d’une inspection de l’institution judiciaire.
Un manutentionnaire du Conseil départemental, fonctionnaire territorial donc, a été jugé coupable de violences envers les forces de l'ordre, sur fond de décasage et de revendication de terrain agricole. Un ancien collègue l'accusait aussi d'enlèvement, ce qui n'a pu être prouvé après 5 ans d'enquête.
Sa réaction ne s'est pas faite attendre. Avec l'arrivée du variant sud-africain, le député Mansour Kamardine réitère son message à l'attention du gouvernement. Des demandes "d’accélération de mise en œuvre du plan vaccinal à Mayotte, d’organisation d’un blocus des arrivées des kwassas clandestins en provenance des Comores et de déclenchement d’une coopération sanitaire régionale renforcée", écrit-il.
Le préfet Jean-François Colombet avait tenu des propos fracassants pour un représentant de l’Etat sur le plateau de Mayotte La 1ère, évoquant un lien de cause à effet entre immigration clandestine et délinquance, « Ce n’est pas politiquement correct de le dire mais je le dis : il y a un lien direct entre l’arrêt de l’éloignement des clandestins (depuis le 16 mars, ndlr), et la flambée de violence que nous avons connu récemment ». Le sénateur mahorais LREM Thani Mohamed Soilihi en revendique la paternité, et s’en explique.
La gendarmerie de Mayotte a décidé de lutter activement contre les élevages clandestins de chiens. Elle a effectué jeudi 9 juillet dernier une première opération en Petite-Terre avec le concours de l’association Gueules d’amour.
Le procureur avait fait le choix de largement médiatiser cette affaire en avril 2018. Un "barragiste" du sud qui faisait travailler des clandestins pour garder son bateau avant de les décaser avait été interpellé. Le procès a montré une facette plus prudente de cette affaire.