Signature de la convention entre l’intercommunalité et l'EPFA de Mayotte

Tout est parti d’un problème d’approvisionnement et de dépendance à la Grande Terre, rapporte le président de l’intercommunalité de Petite Terre, Saïd Omar Oili : « Lors de la dernière rumeur de grève de la barge, les habitants de Petite Terre se sont rués sur les réserves de gaz, qui s’est retrouvé en rupture. Nous avons donc décidé de créer une zone de stockage pour toute entreprise intéressée, que ce soit des denrées alimentaires, de matériaux de BTP ou autre. Lorsque nous voulons entretenir nos route, cela relève du parcours du combattant pour faire venir de l’enrobé : nous nous battons pour que le STM nous réserve une place, et quand nous l’obtenons, une fois sur deux, il arrive froid, il n’y a plus qu’à relancer la commande ! »

Un problème de rigidité lié aux transports qui a des répercussions sur les coûts : « Non seulement l’enrobé nous revient plus cher, mais lorsque nous lançons un marché public, peu d’entreprises répondent, effrayées par le temps passé à barger chaque jour, à rajouter aux embouteillages de Grande Terre qui grignotent la journée. » La barge Colas pourrait être affrétée au transport des marchandises pour la Petite Terre.

Des sous mais pas de terrain

Le casse-tête de l’attente à la barge

Quitte à faire une zone de stockage, l’intercommunalité envisage d’élargir le concept pour concevoir une Zone d’Activité Economique (ZAE). « Nous avons également besoin d’une cuisine centrale pour approvisionner les 2 collèges, le lycée et les écoles de Petite Terre, ainsi que le futur hôpital, environ 12.000 repas par jour, un projet créateur d’emplois. Les moyens financiers, nous les avons, il manque le foncier », complète Saïd Omar Oili. Qui s’est donc adressé à l’Etablissement Public Foncier et d’Aménagement de Mayotte (EPFAM). C’est une première en Petite Terre.

Ce dernier apporte l’ingénierie, comme l’explique son directeur Yves-Michel Daunar : « Nous devons définir le contenu précis du projet, avec les attentes de la mairie, puis cibler les entreprises intéressées, et enfin dégager le foncier adapté. » L’ensemble des démarches évolue favorablement puisque pour l’instant la zone des Badamiers semble faire l’affaire, et que 15.000m2 ont été ciblés. « Nous avons pu négocier le foncier pour arriver à un prix raisonnable, en descendant de 80 euros à 12 euros en moyenne le m2 », expliquait-il au JDM. Rien n’est encore conclu, mais des promesses de vente sont signées.

Du côté de l’aménagement non plus, rien n’est encore figé. Par exemple la mise en place d’une cuisine centrale implique le traitement des effluents, et donc la construction d’une station d’épuration, ce qui fait grimper l’addition. « Nous ne pouvons pas chiffrer le projet, ce sera possible d’ici 8 mois », nous expliquait Yves-Michel Daunar. La ZAE devrait commencer à voir le jour en 2019.

C’est une première convention nouée avec l’EPFA, mais sûrement pas la dernière comme le glissait Fadul Ahmed Fadul, membre de l’interco, « le vice-rectorat nous a demandé de trouver le foncier pour un 3ème collège, mais il n’y en a plus ! »

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com