Anncik Girardin et le préfet Frédéric Veau lors de la conférence de presse samedi soir
Annick Girardin et le préfet Frédéric Veau , en septembre à Mayotte.

Une enquête est ouverte au parquet de Mamoudzou pour « déterminer les causes de la mort » après la coulée de boue fatale à une famille de Koungou mercredi. Dans un communiqué, la ministre de l’Outre-mer Annick Girardin explique aussi que des mesures d’accompagnement des enfants seront prises par le Vice-Rectorat.
« Les services de la préfecture, en lien avec la mairie de Koungou, sont pleinement mobilisés pour soutenir les populations dans cette terrible épreuve et prendre les mesures qu’imposent l’urgence : évacuation de la zone, sécurisation du site et relogement pour les sinistrés. Au vu des nouvelles précipitations attendues dans les prochaines heures et par mesure de protection, une zone de danger et un arrêté de péril sont en train d’être constitués. Le préfet s’est entretenu ces dernières heures avec le père de famille et un appui psychologique lui a été proposé, en lien avec la mairie et les services du Centre Hospitalier de Mayotte. Le vice rectorat a fait le nécessaire pour accueillir les camarades de classe des jeunes disparus dans les meilleures conditions. De son côté, le Tribunal de grande instance de Mamoudzou vient d’ouvrir une enquête pour faire la lumière sur les causes du drame. Ces catastrophes doivent être évitées. La ministre des outre-mer a demandé au préfet de réunir en urgence les services de l’État concernés et les élus de Mayotte pour trouver des solutions de mise à l’abri pour les individus en situation de péril imminent sur l’ensemble du territoire pendant la saison des pluies. Le Gouvernement est engagé dans la lutte contre l’habitat précaire et illégal et la construction d’hébergements d’urgence. Ces dispositifs seront renforcés. »

Le Banga effondré vu du dessus, jeudi matin
Le Banga effondré vu du dessus, jeudi matin

Le parquet de Mamoudzou confirme qu’une enquête a bien été ouverte « pour rechercher les causes de la mort ». « Les premiers éléments indiquent bien que les décès sont consécutifs au glissement de terrain, lui-même consécutif aux pluies » mais « le père, survivant, n’était pas en état d’être entendu dans l’immédiat » nous explique-t-on.
Si le motif légal de l’enquête porte sur les causes de la mort, cette saisine du parquet permettra d’établir un certain nombre d’éléments dans un champ plus large. Comment et par qui le logement a été construit ? Qui est propriétaire des lieux ? « Tout cela va être vérifié » balaye le procureur Camille Miansoni.
Si d’aventure le propriétaire du terrain avait ainsi laissé « sciemment » ce logement se construire, il pourrait se voir poursuivi pour homicide involontaire. En théorie.

Y.D.