TGI-MAMOUDZOUC’est une affaire monstrueuse, d’une cruauté rarement entendue au tribunal correctionnel de Mayotte. Un homme était poursuivi pour «agression sexuelle par conjoint» et l’audience a visiblement secoué toux ceux qui y ont assisté. C’est le cas de notre confrère des Nouvelles de Mayotte, qui a fait un récit glaçant de cette terrible affaire dans son édition d’hier. L’histoire est l’histoire de Roukia, 20 ans et déjà mère 4 fois. Elle est arrivée à Mayotte après le décès de son mari à Anjouan, elle rejoignait sa sœur et espérait vivre une vie meilleure.

Elle s’installe et trouve un mari en la personne de Mohamed Moussa. Il a deux fois son âge, 40 ans, et a lui aussi des enfants, mais le nouveau couple semble vivre une vie tranquille. Pourtant, peu à peu, le quotidien de la jeune femme va devenir un enfer.

L’homme boit régulièrement et une fois ivre, il semble ne plus avoir de limite. Roukia commence à recevoir des coups. Elle subit, en silence et ce n’est que le début d’un cauchemar absolu. Lorsqu’elle tombe enceinte, elle reçoit une rouste. Quand elle demande 2 euros à son mari pour aller à l’hôpital au bout de 8 mois de grossesse, il refuse. Roukia fait une fausse couche, seule, sans assistance, dans les toilettes. L’horreur.

Une scène terrifiante

Le contexte posé, le tribunal se penche sur les faits pour lesquels l’homme est effectivement poursuivi. La scène s’est déroulée le 7 août 2015. Mohamed Moussa rentre à nouveau ivre et provoque une scène de ménage qui se transforme dans un premier temps en bagarre. Il donne des baffes, frappe et va même jusqu’à prendre le fer à repasser pour donner un coup au visage de sa femme. «L’arcade sourcilière explose», le sang coule, relate notre confrère.

Salle d'audience du TGI de MamoudzouEt tandis que la femme se protège, l’homme lui écarte les cuisses pour lui enfoncer dans le sexe les mabawas qu’elle lui a préparé pour dîner. A la barre, le prévenu nie ces faits mais l’ensemble du dossier ne laisse pourtant que peu de doute aux magistrats sidérés face à une telle ignominie.
Après cette nuit, Roukia dépose plainte et obtient un certificat médical indiquant une incapacité de travail de 30 jours, signe de blessures très sérieuses.

Le maximum requis

Me Buttet, l’avocate de Roukia, regrette que le procès ne se tienne pas devant la cour d’assises. Et après avoir rappelé le terrible parcours subi par sa cliente, elle demande 10.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice physique et 35.000 euros pour le préjudice moral pour ce qui s’apparente à une véritable scène de torture.

La procureure Guégan s’emporte et «fait dans le brutal», indiquent les Nouvelles. «… De la nourriture (dans le vagin), avec du piment, le plus fort de Mayotte, alors qu’elle était enceinte? Elle a perdu son enfant d’ailleurs!» Chose rarissime, la procureure va demander l’application de la peine maximum, soit 7 ans de prison ferme.

C’est effectivement la peine à laquelle le prévenu a été condamné. Il doit également s’astreindre à un suivi socio-judiciaire de 6 ans et à une obligation de soins. Concernant les dommages et intérêts, il devra verser 20.000 euros à son épouse. Il sera enfin inscrit dans le fichier des délinquants sexuels.

RR
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