Me Morel
Me Jean-Jacques Morel assurait la défense du Mahorais (archives)
Me Jean-Jacques Morel assurait la défense du Mahorais (archives)

Que s’est-il passé ce trois octobre 2015 à la Plaine Saint-Paul à La Réunion ?
Ce jour-là, René-Paul Tatel, 55 ans, est mort. Tué à coups de barre de fer. Son voisin, Amada Bacar Assani, un Mahorais de 31 ans, vient d’être condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour meurtre.
Les faits se sont déroulés en début de matinée, vers 6h du matin. L’accusé rentre alors de soirée, fortement alcoolisé -en témoignent les quelque 3g d’alcool qu’il avait encore dans le sang quand il a été arrêté-. Il gare sa voiture devant le portail de son voisin, René-Paul Tatel, qui sort de chez lui. Le ton monte. Les deux ne s’entendent déjà pas. Pour la famille de l’accusé, il y avait « un terreau raciste ». Pour la partie civile, « il y avait eu d’autres locataires comoriens et tout se passait bien ».
Reste que suite à un échange houleux, chacun rentre chez soi. Le quinquagénaire appelle les gendarmes, tandis que son voisin se saisit d’une barre de fer et revient à la charge. Les mots laissent place aux coups. Le Mahorais rentre chez lui avec une bosse sur le front. Il affirme s’être défendu contre son voisin, lequel n’avait pas d’arme. « Il m’a donné des coups, j’ai eu peur, j’ai répondu avec la barre de fer pour me défendre. »

« Un crime de la bêtise »

Le voisin lui, ne rentre pas chez lui. Il s’effondre au sol, le crâne défoncé, et décède quelques heures plus tard à l’hôpital.
« Je regrette beaucoup ce qui s’est passé, autant pour lui, autant pour moi. Je ne pensais pas que ça allait faire autant de dégâts » s’est défendu l’accusé, en détention provisoire depuis deux ans.

Des excuses qui exaspèrent l’avocat général qui rappelle la suite des faits, alors que la victime gisait au sol. « Il est facile de dire que vous êtes désolé, mais après, qu’avez vous fait ? Vous êtes allé vous recoucher. Vous allez juger quelqu’un qui, quand il a bu, devient un meurtrier » lance le représentant du ministère public à la Cour. Il requérait 25 ans de réclusion criminelle.
Pour l’avocat de la défense, il y avait « une volonté d’en découdre, mais pas de tuer. Il n’y a pas d’acharnement. C’est un crime de la bêtise ».
La Cour a finalement prononcé une peine de 18 ans de prison ferme, et 100 000€ de dommages et intérêts pour la famille de la victime.
Y.D. avec Le Quotidien de la Réunion et le JIR.

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