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	<title>Archives des Sage-femme - Le Journal De Mayotte</title>
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	<title>Archives des Sage-femme - Le Journal De Mayotte</title>
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	<item>
		<title> La CPTS Sud œuvre pour des soins sans rupture </title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2026/02/20/la-cpts-sud-oeuvre-pour-des-soins-sans-rupture/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde HANGARD]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Feb 2026 02:15:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Système de santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au sud de Mayotte, les professionnels de santé s’organisent pour éviter les ruptures de soins dans un territoire sous tension.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/02/20/la-cpts-sud-oeuvre-pour-des-soins-sans-rupture/"> La CPTS Sud œuvre pour des soins sans rupture </a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Au sud de Mayotte, médecins, infirmières et sages-femmes se sont regroupés pour créer la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Sud. Objectif : garantir aux patients un parcours de soins fluide, coordonner les acteurs du territoire et préparer l’île aux urgences sanitaires. Dans ce réseau, chaque échange, chaque geste et chaque dossier compte. <em>« On se parle, on communique »</em>, résume Carole Capelli, infirmière libérale, vice-présidente de la CPTS Sud. Et pour Jean-Marc Roussin, médecin généraliste, président de la CPTS Sud, <em>« une équipe qui fonctionne, que ce soit dans le libéral ou l’hospitalier, c’est la garantie de meilleurs soins ».</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Une coopération qui devient un projet structuré</b></h2>
<p style="text-align: justify;">Dans le Sud de Mayotte, les professionnels de santé travaillaient déjà bien ensemble depuis plusieurs années. <em>« Il y a quelques années, les acteurs travaillaient en harmonie »</em>, se souvient Carole. Cette entente a naturellement conduit à la création d’une Communauté professionnelle territoriale de santé, un dispositif national visant à structurer la coopération entre soignants.</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet a commencé à se concrétiser vers 2018. <em>« Vers 2021, l’ARS a dit qu’il fallait formaliser une CPTS, mais nous, on travaillait dessus depuis trois ans »</em>, explique encore Carole. Les statuts ont été rédigés, et Christelle Weil, infirmière et coordinatrice du dispositif, a pris en main l’organisation administrative et opérationnelle. Jean-Marc précise : <em>« La CPTS est soumise à un cadre bien défini par le ministère de la Santé, avec des objectifs de prévention et de continuité des soins ».  </em>L’objectif : améliorer la prise en charge des patients dans un territoire où les ressources sont limitées et poser les bases d’une future intégration du social et du médico-social.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Des projets concrets pour les patients</b></h2>
<figure id="attachment_46784" aria-describedby="caption-attachment-46784" style="width: 290px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-46784" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-290x300.png" alt="Mayotte, dossier, infirmier, CPTS, " width="290" height="300" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-290x300.png 290w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-991x1024.png 991w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-768x793.png 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-150x155.png 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-300x310.png 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-696x719.png 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-1068x1103.png 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE-1320x1363.png 1320w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/Dossier-IDE.png 1338w" sizes="(max-width: 290px) 100vw, 290px" /></a><figcaption id="caption-attachment-46784" class="wp-caption-text">Le dossier de soins infirmiers commun, conçu par les infirmiers du Sud de Mayotte, un outil papier, volontairement non informatisé, pour assurer la continuité des soins des patients.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Parmi les premières réalisations, le dossier de soins infirmier commun occupe une place centrale. <em>« Désormais, la majorité des cabinets infirmiers utilisent, pour les patients chroniques, ce dossier commun de soins, avec la même nomenclature et rangé de la même manière »</em>, explique Carole. Ce dossier, finalisé en 2025, reste volontairement sur format papier. <em>« Il ne faut surtout pas l&rsquo;informatiser »</em>, alerte le Dr Roussin.<em> « L’informatisation rend vulnérable et peu résilient »</em>, estime-t-il encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre initiative clé : la coordination de l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) médicamenteuse. Les sages-femmes, les infirmiers et les médecins du Sud se concertent pour assurer une permanence et éviter toute rupture de soins. <em>« Ce projet IVG a particulièrement du sens pour moi, cela fait partie des choses qui me semblent importantes, pour faire avancer la société »</em>, confie le médecin. La CPTS Sud développe aussi des actions de prévention, comme la vaccination, et délègue certaines tâches aux infirmiers de pratique avancée (IPA) pour libérer le temps médical des médecins.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Se coordonner avec l’hôpital et se préparer aux crises</b></h2>
<figure id="attachment_38345" aria-describedby="caption-attachment-38345" style="width: 225px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/b0eada1d-1970-4da7-b43d-ee22ed7405f3.jpg"><img decoding="async" class="wp-image-38345 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/b0eada1d-1970-4da7-b43d-ee22ed7405f3-225x300.jpg" alt="Mayotte, Chido, tôle," width="225" height="300" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/b0eada1d-1970-4da7-b43d-ee22ed7405f3-225x300.jpg 225w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/b0eada1d-1970-4da7-b43d-ee22ed7405f3-768x1024.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/b0eada1d-1970-4da7-b43d-ee22ed7405f3-150x200.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/b0eada1d-1970-4da7-b43d-ee22ed7405f3-300x400.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/b0eada1d-1970-4da7-b43d-ee22ed7405f3-696x928.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/10/b0eada1d-1970-4da7-b43d-ee22ed7405f3.jpg 960w" sizes="(max-width: 225px) 100vw, 225px" /></a><figcaption id="caption-attachment-38345" class="wp-caption-text">Sur une île confrontée à des crises permanentes, la CPTS Sud souhaite élaborer un plan de réponse pour anticiper les catastrophes et éviter les ruptures de soins pendant et après ces événements majeurs.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">La CPTS Sud ne se limite pas au secteur libéral. Les professionnels veulent aussi fluidifier le parcours entre le CHM (Centre Hospitalier de Mayotte) et les professionnels de santé du Sud, notamment pour la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC).<em> « Avant qu&rsquo;on ait la CPTS, on voyait beaucoup plus de gens qui étaient livrés à eux-mêmes, dans une forme de déshérence pendant plusieurs semaines parce qu’on ne savait pas qu’ils étaient rentrés chez eux après un passage à l&rsquo;hôpital »</em>, se souvient le Dr. Roussin.</p>
<p style="text-align: justify;">Le réseau prépare également un plan d’action pour les crises majeures – cyclones, tremblements de terre ou tsunamis. Ici, chaque minute compte.<em> « Le problème, ce n’est pas le matériel, mais l’humain. À Mayotte, le matériel s’achète et se remplace, l’humain, pas »,</em> souligne Jean-Marc.</p>
<p style="text-align: justify;">La CPTS Sud collabore avec des structures locales, comme le Centre médical de référence (CMR) de Mramadoudou et le Centre médico-psychologique (CMP- de Bandrélé, et organise les visites régulières de spécialistes (endocrinologue, cardiologue) afin de maintenir la continuité des soins malgré la faible densité médicale dans l&rsquo;île.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Des résultats encourageants malgré les difficultés</b></h2>
<figure id="attachment_20693" aria-describedby="caption-attachment-20693" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CSSM-Centre-Kinga-copie.jpg"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-20693" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CSSM-Centre-Kinga-copie-300x217.jpg" alt="Sécurité sociale, conseil des ministres, Mayotte" width="300" height="217" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CSSM-Centre-Kinga-copie-300x217.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CSSM-Centre-Kinga-copie-150x108.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CSSM-Centre-Kinga-copie-696x503.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CSSM-Centre-Kinga-copie.jpg 750w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-20693" class="wp-caption-text">La CPTS Sud dépend de fonds gérés par la Caisse de Sécurité Sociale, dont le montant varie selon la taille du territoire et les missions menées, de la coordination des soins à la prévention en passant par la préparation aux crises sanitaires.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, la CPTS Sud rassemble plus de cinquante professionnels. Les premiers bilans sont positifs. <em>« Cela fonctionne, cela permet de créer du lien, on voit vraiment des améliorations dans la prise en charge des patients »</em>, note Jean-Marc. Pour Carole, l’impact sur les patients est concret : <em>« À Mayotte, favoriser la communication, c’est très important, car tout le monde est dans la même galère, donc se parler, faire du lien, ça ne peut qu&rsquo;être mieux&#8230; On est plus fort pour soigner à plusieurs ». </em></p>
<p style="text-align: justify;" data-start="159" data-end="407">Pourtant, le parcours reste semé d’embûches. Les fonds dédiés à la CPTS, près de 200.000 euros par an et gérés par la Sécurité sociale de Mayotte (CSSM), n’arrivent pas à temps : <em>« On attend nos fonds depuis six mois  »</em>, souligne le président de la CPTS.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="409" data-end="1034">Trouver un local sur l’île relève presque de l’exploit. Après le passage du cyclone Chido, le marché immobilier a été complètement paralysé. <em>« Après Chido, il n’y avait plus rien sur le marché »</em>, observe le Dr. Roussin. L’administration française déverse pourtant des subventions, mais cela a un effet pervers : la moindre association qui cherche un local se voit immédiatement confrontée à des loyers exorbitants, parfois 3.000 euros par mois, alimentant une véritable inflation immobilière. Pour tenir, le réseau a fini par mutualiser un local avec la POPAM (Plateforme Oppelia de prévention et soin des addictions), une solution temporaire qui, selon le médecin, <em>« pour l’instant, cela nous convient  ». </em></p>
<p style="text-align: justify;" data-start="1036" data-end="1270">L’insécurité accentue encore la pression. Les professionnels craignent pour leur matériel médical. <em>« On a peur des braquages, des cambriolages… Tout ce qu’on achète pour les soins peut disparaître en un instant, c&rsquo;est difficile de travailler à Mayotte »</em>, confie le Dr. Roussin. D&rsquo;autre part, le manque de soutien politique se fait sentir. <em>« On ne sent pas que la santé soit une priorité dans le Sud, au niveau des élus »</em>, déplore Carole, alors même que ces derniers sont en campagne pour les municipales, prévues dans un mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré les contraintes matérielles et organisationnelles, l’engagement des soignants reste fort. <em>« Cela dit, faire mes soins, j’adore cela »</em>, confie le médecin. <em>« On le fait pour les patients, par passion pour notre métier »</em>, ajoute l’infirmière.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le sud de Mayotte, la CPTS apparaît ainsi comme une tentative de réponse collective à un territoire fragilisé par des crises multiples et durables. Sans prétendre résoudre à elle seule les difficultés d’accès aux soins, cette organisation locale mise sur la coordination et le travail en réseau pour rompre l’isolement des professionnels comme celui des habitants. Une dynamique encore récente, mais qui interroge plus largement la place des initiatives de terrain dans les politiques de santé, en particulier dans les territoires ultramarins confrontés à la pénurie, la solitude et la débrouille permanente.</p>
<p>Mathilde Hangard</p>
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			</item>
		<item>
		<title>À Mayotte, les sages-femmes en première ligne : la vie et la mort entre les mains</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/05/16/a-mayotte-les-sages-femmes-en-premiere-ligne-la-vie-et-la-mort-entre-les-mains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde HANGARD]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 May 2025 01:45:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Centre hospitalier de Mayotte]]></category>
		<category><![CDATA[Centre médical de référence]]></category>
		<category><![CDATA[CHM]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[Mayotte]]></category>
		<category><![CDATA[Pamandzi]]></category>
		<category><![CDATA[Sage-femme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lejournaldemayotte.yt/?p=28688</guid>

					<description><![CDATA[<p>À Pamandzi, deux sages-femmes assurent seules la vie, la mort et les urgences d’un territoire débordé. Leur quotidien, entre débrouille, surcharge et solitude médicale, met en lumière les défis de la santé publique dans l’un des départements les plus précaires de France.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Lorsque l’on pénètre dans le Centre médical de référence de Pamandzi, sur l’île de Petite-Terre à Mayotte, l’écart entre le paysage idyllique et la réalité du service est frappant. Le lagon est à portée de vue, mais à l’intérieur de la maternité, c&rsquo;est un tout autre décor qui se déploie : les cliquetis métalliques des chariots poussés en urgence, les pas précipités des sages-femmes qui s’activent pour répondre aux urgences, les cris de douleur qui résonnent dans l’air. Dans ce service bouillonnant, deux femmes orchestrent la vie. Sophie et Natacha sont sages-femmes. Elles sont deux. Deux pour gérer l’ensemble. Deux pour faire naître, soigner, transférer, rassurer, décider, sauver. Deux, parfois une seule. Dans cet endroit de France où les tensions sont constantes, elles tiennent la digue.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Un binôme à bout de bras </b></h2>
<p style="text-align: justify;">À la maternité de Pamandzi, les sages-femmes ne sont que deux. L’une s’occupe des accouchements, l’autre des suites de couches, comme c&rsquo;est le cas de Sophie et de Natacha. Mais cette répartition théorique est rapidement bousculée par les contraintes du terrain. « <em>Le problème, c’est que lorsqu’une femme doit être transférée à Mamoudzou, il n’y a plus qu’une sage-femme en poste à Pamandzi », explique Natacha. « On peut vite être débordées si on doit gérer deux, voire trois services, car il y a aussi la gynécologie et les urgences obstétricales</em>. »</p>
<figure id="attachment_27827" aria-describedby="caption-attachment-27827" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-27827" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-300x200.jpg" alt="CHM, urgences, maternité, pénuries" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-27827" class="wp-caption-text">Exemple de « tipis » installés dans les couloirs de la maternité du CHM à Mamoudzou.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Pamandzi sert de relais pour l’hôpital principal de Mamoudzou, lui-même saturé. Là-bas, les patientes sont dans des couloirs quand il n&rsquo;y a plus de place. À Mamoudzou, plusieurs « tipis » ont été installés dans les couloirs de la maternité faute de chambres pour accueillir les patientes. «  <em>Il n’y a aucune intimité. Les femmes sont là, dans les couloirs, sur des lits, protégées par un drap, avec leur nouveau-né, et derrière elles, il y a des gens malades, les gens qui passent, les toilettes. C&rsquo;est aberrant. Cinq mois après Chido, le plafond n&rsquo;a pas été réparé et les câbles électriques pendent toujours</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette situation de surcharge, les sages-femmes de Pamandzi se retrouvent régulièrement dans l’obligation de prendre des décisions difficiles. « <em>Si j’ai quatre sorties prévues et deux autres éventuelles, même si j&rsquo;aurais aimé garder plus longtemps ces patientes pour les accompagner, je dois les faire sortir pour libérer des lits car il arrive souvent qu&rsquo;on nous appelle en nous disant que huit femmes sont dans des couloirs à Mamoudzou et qu&rsquo;il leur faut un lit. Alors, on les accueille. Parfois, j&rsquo;ai l’impression qu’on fait du rendement.</em>« </p>
<h2 style="text-align: center;"><b>L’urgence dans la langue, l’urgence dans les mains</b></h2>
<figure id="attachment_6971" aria-describedby="caption-attachment-6971" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-6971" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite-300x212.jpg" alt="Mayotte, enfants, parents, parentalité, CCAS, CSSM, CAF, PMI" width="300" height="212" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite-300x212.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite-150x106.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite-696x491.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite.jpg 750w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-6971" class="wp-caption-text">À Mayotte, chaque soin est aussi un défi en matière de traduction.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Les défis ne se limitent pas à la surcharge. À Mayotte, plusieurs langues y sont parlées, et notamment le shimaoré. Le français n&rsquo;est pas toujours parlé ou bien compris par la population. « <em>On a une traductrice, mais dans l’urgence, on sollicite tous ceux qui parlent un peu le shimaoré, </em>explique Natacha<em>. Mais souvent, il n’y a pas d’équivalent médical dans la langue</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces difficultés sont critiques ici, où l’isolement médical est la norme et où les conséquences de chaque erreur peuvent être dramatiques. Les recommandations nationales sont parfois mises à mal. « <em>En métropole, on ne met pas le bébé dans le lit de la mère pour éviter les risques d’étouffement. Ici, les traditions disent que c&rsquo;est bien de le faire pour calmer l’enfant. Il y a une différence constante entre les consignes nationales et les réalités locales, et pourtant, on attend de nous les mêmes résultats, avec moins de moyens</em>. »</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Un accompagnement confronté à des réalités multiples</b></h2>
<p style="text-align: justify;">En effet, les sages-femmes de Mayotte doivent naviguer à travers un ensemble de réalités sociales et culturelles complexes qui façonnent le parcours des patientes. La grossesse n’est pas seulement un suivi médical, elle peut être aussi le reflet d&rsquo;une histoire marquée par l’instabilité, la précarité et la méfiance envers les institutions. « <em>Dans notre formation de sage-femme, on nous apprend que les patientes doivent être au cœur de leur parcours de soins et en être pleinement actrices. »</em>, explique Natacha<em>. « Mais ici, beaucoup de femmes suivent nos conseils, selon ce qu’elles peuvent faire, et pas toujours ce qu’elles voudraient faire. » </em></p>
<figure id="attachment_20939" aria-describedby="caption-attachment-20939" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-20939 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge-300x176.jpg" alt="HCFEA, prestations familiales, Mayotte" width="300" height="176" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge-300x176.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge-150x88.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge-696x408.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge.jpg 750w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-20939" class="wp-caption-text">En situation irrégulière, la peur d’une arrestation l’emporte souvent sur le besoin de soins.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Les craintes liées à leur situation administrative rendent souvent difficile l’accès aux soins, entre la peur des contrôles et le stress constant. <em>« Beaucoup de patientes n&rsquo;iront pas consulter à Mamoudzou</em>, <em>s&rsquo;il</em> f<em>aut prendre la barge, de peur de se faire arrêter », </em>confie Natacha<em>. « Et c&rsquo;est dramatique, pour les patientes qui doivent se rendre au centre d&rsquo;ortogénie pour avoir recours à une interruption volontaire de grossesse et qui n&rsquo;iront pas car pour elles, être expulsées c&rsquo;est plus grave qu&rsquo;avoir un enfant. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">Cette insécurité affecte directement l&rsquo;état de santé des femmes. Mais les sages-femmes doivent s’adapter, souvent à contre-cœur. « <em>Il arrive que certaines patientes placent leur confiance dans la volonté divine face à une complication, </em>poursuit Natacha.<em> Cela demande beaucoup de pédagogie et de tact, mais parfois il faut poser des limites et expliquer qu’il est nécessaire d’agir pour éviter un danger.</em> » La maladie est aussi perçue différemment tant qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas visible. « <em>Tant que ça ne se voit pas, beaucoup de femmes ne se considèrent pas malades. Et ça, c’est particulièrement compliqué pour traiter des infections par exemple.</em>« </p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Accouchements sans médecins, quand l’urgence dicte les gestes</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">À Pamandzi et à Kahani, les maternités périphériques sont sans médecins. Ni obstétriciens, ni anesthésistes, ni pédiatres. Pourtant, les accouchements ne s’arrêtent pas. « <em>On n&rsquo;accouche que des patientes qui ont les feux au vert pour accoucher chez nous, mais les imprévus existent », </em>confie Sophie<em>. « Et quand ça bascule, la nuit, on est seules. Une collègue d’astreinte met entre cinq et dix minutes pour arriver. C’est long, une vie peut être en jeu.</em>« </p>
<p style="text-align: justify;">Les sages-femmes ont été formées à poser les ballons de Backri en cas d&rsquo;hémorragie sévère, des actes normalement réservés aux obstétriciens en métropole. « <em>Quand une femme fait une hémorragie ici, on est deux, sans anesthésie et on la prend en charge complètement. Ce qu’on fait normalement à cinq, six, en métropole, on le fait à deux. C’est de la maltraitance, mais si on ne fait rien, elle meurt</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Mais parfois, même quand tout est fait dans les règles, le système reste absurde. Sophie raconte l’histoire d’un bébé prématuré, pesant à peine deux kilos. Après son accouchement, la mère et son enfant tentent d&rsquo;être transférés à Mamoudzou, mais l’issue est décevante : aucun lit n’est disponible pour la mère et l&rsquo;enfant. « <em>On m’a dit qu’il n’y avait pas de place. La mère devait rester sur une chaise dans le couloir. Et le bébé ? En nurserie, loin de sa mère. C’était frustrant, terrifiant même. J&rsquo;avais envie de les reprendre à Pamandzi mais il fallait que le bébé soit vu par un pédiatre et qu&rsquo;il ait des soins adaptés</em>. »</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Pénuries et épuisement : un système en tension</b></h2>
<p style="text-align: justify;">Le manque de personnel est une chose, mais la pénurie de matériel empire la situation. Depuis le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024, tout est plus difficile. « <em>En 2020, on avait encore un peu de matériel. Maintenant, on court après des aiguilles, on appelle la pharmacie plusieurs fois par jour pour obtenir un simple cathéter. C’est épuisant.</em> » Le rythme est infernal. Natacha gère six à huit sorties en suites de couche par jour, seule. « <em>On ne mange pas, ou en cinq minutes. Il n’y a pas de répit. Comment parler de qualité des soins dans ces conditions ?</em> » Mais malgré tout, ni Sophie ni Natacha ne désignent un responsable. « Mayotte, c’est un effet domino. On alerte, mais sans accuser. »</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>« On prend tout sur la tête, et face à nous, il y a la patiente » </b></h2>
<figure id="attachment_24431" aria-describedby="caption-attachment-24431" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-24431" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-300x200.jpg" alt="Mayotte, CHM, Urgences, box pédiatrique, box adulte, déchocage, Frédéric Lecenne, Christophe Laplace, médecins," width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1024x683.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1536x1024.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-2048x1366.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1068x712.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1920x1280.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1320x880.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-24431" class="wp-caption-text">Malgré l’épuisement et la pénurie, les soignantes continuent de tenir la ligne, seules face à des patientes qu’elles ne peuvent abandonner.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Le manque de soignants est aggravé par l’absence de soutien logistique. Les équipements de base sont souvent défectueux, et il faut batailler pour obtenir les fournitures essentielles. « <em>Travailler sans médecins, on s&rsquo;y fait, travailler avec peu de sages-femmes, on s&rsquo;adapte, mais quand les tensiomètres ne fonctionnent pas, que les thermomètres sont cassés, que les aiguilles manquent, tout devient insupportable</em>. » La frustration atteint son sommet lorsqu’il s’agit de se battre pour faire fonctionner des outils informatiques, plutôt que de se concentrer sur les soins. <em>« On est la dernière ligne du domino. On prend tout sur la tête, et face à nous, il y a la patiente</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Quand la pression devient insoutenable, les répercussions sont dévastatrices. «<em> Il m’arrive de me demander si j’ai perdu la vocation de ce métier</em> », confie Natacha. « <em>Parfois j’ai envie de crier : Aidez-moi, faites ce que je dis ! Tellement je suis seule.</em> » Sophie ressent cette pression différemment, la portant comme une lourde culpabilité. Mais il y a toujours un moteur : une conviction profonde, une humanité brute qui les pousse à continuer. « <em>Heureusement qu’elles sont tombées sur moi »</em>, se dit tous les jours Natacha. « <em>Parce que je fais tout ce que je peux avec ce que l’on me donne</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">À Pamandzi, l’hôpital tient grâce à deux femmes, à bout de bras. Elles ne demandent pas la perfection, juste des moyens, des collègues, du matériel, du temps. Car à Mayotte, être sage-femme, ce n’est pas seulement faire naître ou ne pas faire naître, c’est défendre, chaque jour, le droit des femmes à disposer de leur corps. C’est résister face aux urgences, aux silences, aux inégalités. C’est organiser le chaos, traduire l’indicible, maintenir un espace de soin et de dignité. Et parfois, simplement, empêcher la mort.</p>
<p>Mathilde Hangard</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/05/16/a-mayotte-les-sages-femmes-en-premiere-ligne-la-vie-et-la-mort-entre-les-mains/">À Mayotte, les sages-femmes en première ligne : la vie et la mort entre les mains</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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