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	<title>Archives des Jacqueline Djoumoi-Guez - Le Journal De Mayotte</title>
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	<description>L&#039;information à Mayotte</description>
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	<title>Archives des Jacqueline Djoumoi-Guez - Le Journal De Mayotte</title>
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		<title>COLOCS saison 3 : la série qui fait rayonner Mayotte revient sur les écrans</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2026/03/24/colocs-saison-3-la-serie-qui-fait-rayonner-mayotte-revient-sur-les-ecrans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Shanyce MATHIAS ALI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 02:15:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Social]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[Avant-première]]></category>
		<category><![CDATA[Clap Production]]></category>
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		<category><![CDATA[Jacqueline Djoumoi-Guez]]></category>
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		<category><![CDATA[Saison 3]]></category>
		<category><![CDATA[Série]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Connu pour sa représentation de la société locale, le premier épisode de la saison 3 de la série Colocs a été diffusé ce lundi sur Mayotte la Première après une projection au lycée des Lumières. Elle introduit de nouveaux thèmes comme l’entrepreneuriat au féminin.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/03/24/colocs-saison-3-la-serie-qui-fait-rayonner-mayotte-revient-sur-les-ecrans/">COLOCS saison 3 : la série qui fait rayonner Mayotte revient sur les écrans</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" data-start="301" data-end="709">La série <em data-start="310" data-end="318">COLOCS</em> a fait son retour ce lundi avec une avant-première organisée au lycée des Lumières, avant la diffusion du premier épisode de la troisième saison sur Mayotte la 1ère. Faisant partie des séries les plus regardées en Outre-mer, la fiction portée par la réalisatrice Jacqueline Djoumoi-Guez, poursuit son installation dans le paysage audiovisuel local, avec une nouvelle saison qui s’inscrit dans la continuité des précédentes tout en cherchant à franchir un cap.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="711" data-end="1219">Composée de huit épisodes de 26 minutes, cette nouvelle saison ne marque pas une rupture, mais <em>« une autre dimension »</em>, selon la réalisatrice. L’objectif est de proposer un véritable divertissement, accessible au-delà de Mayotte, tout en conservant des thématiques ancrées dans la réalité du territoire comme les relations familiales, les secrets, l’entrepreneuriat au féminin, la maternité, ou encore l’infertilité.</p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="711" data-end="1219"><strong>Des acteurs formés sur le terrain</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis la première saison, <em data-start="1310" data-end="1318">COLOCS</em> repose sur un fonctionnement particulier, en effet, l’ensemble des comédiens sont des acteurs non professionnels. Une réalité directement liée au contexte local. « <em>À Mayotte, il n’y a pas d’acteurs professionnels, ni de structures pour former des jeunes</em> », souligne Jacqueline Djoumoi-Guez.</p>
<figure id="attachment_48790" aria-describedby="caption-attachment-48790" style="width: 214px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" class=" wp-image-48790" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6152-300x198.jpg" alt="" width="214" height="141" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6152-300x198.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6152-768x507.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6152-150x99.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6152-696x459.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6152-741x486.jpg 741w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6152.jpg 953w" sizes="(max-width: 214px) 100vw, 214px" /><figcaption id="caption-attachment-48790" class="wp-caption-text">La série demande un énorme travail car les acteurs ne sont pas des comédiens professionnels et doivent donc suivre un entraînement.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;" data-start="1602" data-end="1944">Les comédiens sont sélectionnés à l’issue de <em>castings</em>, puis accompagnés sur la durée. Une fois retenus, ils bénéficient d’un travail intensif : coaching, ateliers sur les émotions, improvisation, travail sur la présence face caméra. Pour cette saison 3, la préparation a été renforcée, avec près de deux mois de répétitions avant le tournage. « <em>On les coache durant de très nombreux mois pour qu’ils puissent jouer leur personnage</em> », précise la réalisatrice. Un travail mené notamment avec un coach dédié, afin de faire évoluer progressivement les acteurs, déjà présents pour certains depuis les premières saisons.</p>
<h2 data-start="2218" data-end="2503"></h2>
<h2 style="text-align: center;" data-start="2218" data-end="2503"><strong>Un tournage marqué par des contraintes </strong></h2>
<p style="text-align: justify;" data-start="2569" data-end="2798">La réalisation de cette troisième saison s’est déroulée dans un contexte particulièrement difficile. Le passage du cyclone Chido a entraîné un report du tournage et une adaptation du scénario pour pouvoir intégrer cette nouvelle réalité qui avait touché l&rsquo;île.</p>
<figure id="attachment_48788" aria-describedby="caption-attachment-48788" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-48788" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6151-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6151-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6151-768x511.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6151-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6151-696x463.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6151.jpg 953w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-48788" class="wp-caption-text">Le tournage a été compliqué au vu de la situation post-Chido et l&rsquo;insécurité dans certains endroits.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;" data-start="2569" data-end="2798">Sur le terrain, les conditions étaient complexes et le groupe a dû faire face à diverses situations telles que des habitations fortement endommagées, un accès limité à certaines zones, ainsi que des difficultés d’approvisionnement en eau. L’équipe, composée d’une vingtaine de personnes, a dû subir ces contraintes tout en poursuivant la production. « <em>On s’est retrouvés à tourner alors que près de 90 % des maisons étaient abîmées</em> », confie la réalisatrice Mahoraise. « <em>Il y a eu des défis, mais ils ont été relevés grâce au collectif et à la volonté de tous</em> », poursuit-elle.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="3282" data-end="3472">Malgré ces difficultés, elle insiste sur la cohésion des équipes, évoquant un tournage porté par une forte solidarité entre techniciens et comédiens. «<em> On était une famille !</em> », résume-t-elle.</p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="3282" data-end="3472"><strong>Une fiction ancrée dans le réel et tournée vers l’avenir</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Si <em data-start="3543" data-end="3551">COLOCS</em> reste une fiction, elle s’inspire de situations concrètes. La série aborde ainsi des dynamiques familiales, des trajectoires personnelles et des réalités sociales dans lesquelles la plupart du public peut se reconnaître peu importe les générations. « <em>Personne ne regarde Colocs en se disant que la série est invraisemblable et que ça ne rappelle rien à personne</em> », explique-t-elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de l’écran, la réalisatrice inscrit son projet dans une réflexion plus large sur le développement du secteur audiovisuel à Mayotte. Elle pointe un manque de structures, de formations et de moyens pour accompagner les talents locaux. « <em>Nous sommes une dizaine à faire de l’audiovisuel artistique à Mayotte</em> », souligne-t-elle. Jacqueline Djoumoi-Guez appelle ainsi à une prise de conscience des institutions publiques. « <em>J’ose espérer que les institutions vont prendre la mesure du talent à Mayotte</em> ». Pour elle, le développement de ce secteur représente à la fois un enjeu culturel et économique, la production audiovisuelle permettrait de mobiliser des équipes, de créer de l’emploi et de réinjecter des ressources dans le territoire.</p>
<figure id="attachment_48789" aria-describedby="caption-attachment-48789" style="width: 159px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-48789" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6154-159x300.jpg" alt="" width="159" height="300" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6154-159x300.jpg 159w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6154-150x283.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6154-300x567.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/03/IMG_6154.jpg 408w" sizes="(max-width: 159px) 100vw, 159px" /><figcaption id="caption-attachment-48789" class="wp-caption-text">Pour cette saison il y&rsquo;aura un peu plus de place pour les hommes dans la série après une demande du public.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;" data-start="4626" data-end="5118">La réalisatrice insiste également sur l’importance de l’image dans la construction des imaginaires. Elle souhaite voir émerger à l’écran des figures variées : « <em>des médecins, des chercheurs et des astronautes mahorais</em> ». L’objectif est de permettre aux jeunes de se projeter et d’élargir leur champ du possible. « <em>Les enfants s’imprègnent de ce qu’ils voient</em> », explique-t-elle.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="5120" data-end="5398">Si la série reste centrée sur des trajectoires féminines, cette saison 3 marque aussi une évolution avec l’introduction de davantage de personnages masculins en réponse aux retours du public.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="5120" data-end="5398">Pour finir, la réalisatrice a souhaité s’adresser directement aux téléspectateurs. Elle rappelle que regarder <em data-start="902" data-end="910">COLOCS</em>, c’est soutenir une production locale et un secteur audiovisuel encore en développement. « <em>Ce sont des Mahorais qui sont devant et derrière la production</em> », souligne-t-elle, appelant le public à se mobiliser pour accompagner cette dynamique.</p>
<p data-start="5120" data-end="5398">Shanyce MATHIAS ALI.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/03/24/colocs-saison-3-la-serie-qui-fait-rayonner-mayotte-revient-sur-les-ecrans/">COLOCS saison 3 : la série qui fait rayonner Mayotte revient sur les écrans</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Jacqueline Djoumoi-Guez ou l&#8217;art de donner vie à la société mahoraise</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/11/20/jacqueline-djoumoi-guez-ou-lart-de-donner-vie-a-la-societe-mahoraise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Shanyce MATHIAS ALI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 02:15:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Clap Production]]></category>
		<category><![CDATA[Colocs]]></category>
		<category><![CDATA[Jacqueline Djoumoi-Guez]]></category>
		<category><![CDATA[serie TV]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jacqueline Guez, ancienne juriste devenue scénariste et productrice, explore la société mahoraise à travers sa série « Coloc ! ». En donnant la parole à de jeunes femmes confrontées aux traditions et aux pressions familiales, elle aborde des thématiques sensibles comme les violences, l’indépendance et les secrets familiaux, tout en impliquant la population locale et en inspirant les jeunes générations à se lancer dans l’audiovisuel.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/11/20/jacqueline-djoumoi-guez-ou-lart-de-donner-vie-a-la-societe-mahoraise/">Jacqueline Djoumoi-Guez ou l&rsquo;art de donner vie à la société mahoraise</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans son bureau au siège de Clap Production, aux Hauts-Vallons, Jacqueline Djoumoi-Guez affiche un large sourire, lunettes vissées sur le nez. C’est ici, entourée de ses carnets et de ses idées, qu’elle passe la majeure partie de son temps à faire naître de nouveaux personnages et à tisser des histoires qui finissent sur nos écrans.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Du métier de juriste à celui de scénariste et productrice</strong></h3>
<figure id="attachment_41643" aria-describedby="caption-attachment-41643" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-41643" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-300x225.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-1024x768.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-768x576.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-1536x1152.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-2048x1536.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-150x113.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-696x522.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-1068x801.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-1920x1440.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-265x198.jpg 265w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2306-1320x990.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-41643" class="wp-caption-text">La scénariste en plein travail dans son bureau dans les locaux de Clap Production.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Originaire de M’Gombani, où elle a suivi son parcours scolaire du collège au lycée, rien ne laissait prévoir que Jacqueline Guez s’engagerait dans l’audiovisuel. Après l’obtention de son bac littéraire, elle a poursuivi des études supérieures exigeantes. La scénariste s’est formée en droit, obtenant une maîtrise en droit du travail, complétée par un master en ressources humaines et un autre en sciences politiques. Elle a exercé plusieurs années comme juriste, au retour sur son île natale avant le déclic.</p>
<p style="text-align: justify;">La prise de conscience est survenue lorsqu’elle a constaté que les messages institutionnels, notamment en matière de santé publique, ne s&rsquo;adressaient pas vraiment aux Mahorais. Les campagnes de prévention ne tenaient pas toujours compte des codes culturels locaux, et leur portée était limitée. Jacqueline a alors pris conscience que la narration, le récit, touchait beaucoup plus profondément les gens et pouvait devenir un outil puissant pour transmettre des messages de société. <em data-start="810" data-end="1018">« Les messages de santé publique ou d’intérêt pour les Mahorais n’étaient pas forcément dits en tenant compte des spécificités locales et des codes culturels du territoire pour permettre une meilleure adhésion », </em>explique la mère de famille.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ce constat qui l’a poussée à se tourner vers l’audiovisuel et à racheter Clap Production, une société déjà existante depuis plusieurs années. Ne connaissant rien au métier au départ, elle s’est formée intensivement à la production et à l’écriture audiovisuelle. <em data-start="1299" data-end="1509">« Moi ce que j’aime le plus dans l’audiovisuel, c’est la narration. Ce n’est pas forcément la technique mais ce qui m’inspire le plus c’est d’écrire. C’est pour ça que je suis scénariste »</em>. Pour Jacqueline Djoumoi-Guez, ce qui comptait le plus était de créer des mondes, inventer des personnages et des histoires, et voir ces univers se matérialiser à l’écran. La technique, elle, restait secondaire : elle savait qu’elle pouvait s’entourer de techniciens compétents pour tout ce qui touche à l’image et au son.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Quand Mayotte inspire la fiction</strong></h3>
<figure id="attachment_41641" aria-describedby="caption-attachment-41641" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-41641" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2312-300x169.webp" alt="" width="300" height="169" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2312-300x169.webp 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2312-1024x576.webp 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2312-768x432.webp 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2312-150x84.webp 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2312-696x392.webp 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2312-1068x601.webp 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/IMG_2312.webp 1214w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-41641" class="wp-caption-text">Affiche de la série « Colocs » sur France TV. Credit photo : France Télévision</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">La série « Colocs ! » propose un état des lieux de la société mahoraise, en particulier de la place et des contraintes imposées aux femmes non mariées, qui n’ont pas le droit de vivre seules. Elle suit des jeunes femmes revenant à Mayotte après des années passées en métropole, pour leurs études et confrontées à des attentes familiales très strictes. Malgré les réticences de leurs familles, elles décident de créer leur colocation pour chercher leur indépendance. Au fil des saisons, la série aborde des thèmes sociaux forts et tabous tels que la violence, la délinquance, la prostitution, l&rsquo;harcèlement moral et sexuel ou encore l&rsquo;infertilité.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est précisément cette réalité qu’a observée la créatrice de la série à son retour dans le département après ses études dans l’Hexagone. L’idée de « Colocs ! » est née d’une observation très personnelle et intime : elle a constaté que de nombreuses jeunes femmes traversaient des situations similaires à la sienne, revenant dans un environnement familial très codifié et contraintes par les traditions. Comme elle le raconte  : « <em>Je voyais toute une génération de femmes revenir à Mayotte après des études et se retrouver empêtrées dans des schémas traditionnels qui n’avaient pas beaucoup bougé. Ça m’a rappelé ma propre époque quand j’étais plus jeune et que j’ai été obligée de retourner vivre chez papa-maman</em> ». Ces femmes devaient justifier leur quotidien, de l’heure à laquelle elles rentraient à leur tenue vestimentaire, ce qui limitait fortement leur indépendance.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour donner vie à ces histoires, Jacqueline Djoumoi-Guez a dû composer avec le fait qu’il n’existait pas d’acteurs professionnels à Mayotte . <em data-start="2138" data-end="2321">« À Mayotte, il n’y a pas d’acteurs professionnels, ce n’est pas un métier. Donc ce sont des gens qui sont venus parce qu’ils avaient juste envie de tenter une expérience nouvelle »</em>. Le casting a été organisé via des annonces sur les réseaux sociaux, à la radio et à la télévision. Elle s&rsquo;est basée sur une approche très intuitive . Elle sait d’avance, lorsqu’elle rencontre un candidat, si celui-ci correspond au personnage qu’elle a imaginé. Lorsqu’elle sent qu’il y a un potentiel, elle le pousse . <em data-start="2634" data-end="2809">« Si je sens qu’il y a un truc, je pousse, je vais être hyper intrusive jusqu’au moment où la personne me lâche l’information dont j’ai besoin pour confirmer mon intuition », </em>partage la productrice. Pour accompagner ces comédiens non professionnels, la Mahoraise s’appuie sur un ami professeur de français et passionné de théâtre, qui va les coacher. <em data-start="2991" data-end="3080">« Depuis la saison 2, c’est lui qui coach les acteurs pour muscler un peu leur jeu »</em>. Ce soutien permet de transformer des novices en interprètes crédibles, tout en restant fidèles à la personnalité du personnage.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="3213" data-end="3957">La création des personnages et l’écriture des scénarios sont au cœur du processus. La scénariste commence par construire chaque personnage dans le détail : son apparence, ses habitudes, ses goûts, et même sa gestuelle. <em data-start="3445" data-end="3615">« Avant d’écrire mon scénario, j’écris d’abord une fiche de chaque personnage. Tout le monde me prend pour une folle, mais je lui parle et elle me répond dans ma tête »</em>, explique-t-elle en riant. Une fois les rôles définis, elle construit le scénario, qui prend généralement entre neuf mois et un an, en respectant la structure narrative et en adaptant les scènes aux comportements réels . <em data-start="3842" data-end="3955">« Il faut décrire des actions et pas des intentions, parce qu’on ne peut pas voir l’intention d’une personne ».</em></p>
<p style="text-align: justify;" data-start="3213" data-end="3957">La diffusion de la série n’a pas laissé ses proches indifférents. La scénariste raconte que ses parents, initialement sceptiques vis-à-vis des thèmes abordés, se plient désormais au rituel quotidien . «<em> Je les force tous les soirs à s’asseoir et regarder la série avec moi, puis nous débattons ensemble des scènes et des choix des personnages </em>», dit-elle accompagné d&rsquo;un éclat e rire. Même si leurs opinions ne coïncident pas la plupart du temps avec ce qui est montré à l’écran, ils ont accepté que ce travail reflète l’engagement et la créativité de leur fille.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="3213" data-end="3957">Le public aussi a rapidement réagi à la diffusion de « Colocs ! ». Jacqueline Guez raconte avoir reçu de nombreux messages de spectateurs et spectatrices, touchés par les histoires et les thématiques abordées. Certains lui ont écrit que des épisodes sur les violences sexuelles ou la pression sociale leur avaient permis de s’exprimer pour la première fois face à leur famille ou dans leur entourage. « C<em>es retours m’ont donné énormément de courage.  Je me suis rendu compte que ce que nous racontons à l’écran avait un vrai impact, que ça pouvait créer du dialogue et aider les gens à se libérer  </em>», confie-t-elle.</p>
<h3 style="text-align: center;" data-start="3213" data-end="3957"><strong>Dans les coulisses de la production </strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Produire à Mayotte n’est pas une tâche simple. Jacqueline Djoumoi Guez a dû affronter de nombreux obstacles dès les prémices du projet. La recherche de financements a pris « un ou deux ans », un processus semé d’incertitudes et de contraintes économiques importantes, accentuées par le manque de soutien politique sur le territoire. Malgré ces difficultés, elle a pu compter sur des partenaires essentiels, tels que France Télévisions, la Politique de la ville et la DRDFE (Direction régionale aux droits des femmes et à l&rsquo;égalité), qui ont permis au projet de voir le jour et de se concrétiser.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, à la tête de Clap Production, elle supervise l’ensemble de l’organisation et une équipe composée de cinq personnes, chiffres multipliés par trois lors de la production de chaque saison de la série. Sa manière de gérer un tournage reflète sa philosophie : rigueur, anticipation et capacité à s’adapter aux imprévus. Comme l&rsquo;ancienne juriste le souligne, <em>« un tournage, ce n’est jamais exactement ce qu’on avait imaginé, mais c’est notre responsabilité de rester concentrés et de trouver des solutions »</em>. En dehors de la série, la boîte de production fait aussi des spots publicitaires, des documentaires et accompagne des associations et des artistes. Une bourse a même été créée,  » la bourse Clap », elle permet de financer les études supérieures de bacheliers ayant choisi la voie de l&rsquo;audiovisuel. La mère de famille considère l’audiovisuel comme <em data-start="1193" data-end="1295">« un outil. J’appelle ça le gâteau. Mon but c’est de faire passer des messages à travers le gâteau »</em>, où la forme divertissante permet de diffuser des messages sociaux et éducatifs. Avec tout cela, la Mahoraise trouve quand même du temps pour s&rsquo;occuper de sa famille et notamment de son fils.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a également tenu à adresser un message direct aux jeunes de l&rsquo;île qui souhaiteraient se lancer dans le cinéma ou l’audiovisuel : «<em> Il faut de la motivation, de la persévérance et ne jamais sous‑estimer la formation. Même quand tout semble compliqué, il faut croire en son projet et avancer pas à pas </em>», insiste-t-elle.</p>
<figure id="attachment_41642" aria-describedby="caption-attachment-41642" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-41642" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-1024x684.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-768x513.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-1536x1026.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-696x465.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-1068x713.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-1920x1283.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit-1320x882.jpg 1320w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/11/DSC01199-Avec-accentuation-Bruit.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-41642" class="wp-caption-text">Remise de la médaille e l&rsquo;ordre National par le Préfet de Mayotte François-Xavier Bieuville. (Crédit photo : Jacqueline Guez).</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, Jacqueline Djoumoi Guez n’a pas mis sa créativité en pause. La saison 3 de « Colocs ! » a été tournée cet été et sera diffusée en début d’année prochaine sur Mayotte la 1ère et sur les stations en Outre-mer. Cette nouvelle saison reste fidèle à l’esprit de la série, en abordant des thématiques toujours sociales et sensibles comme la jeunesse, le désœuvrement, les violences, le deuil ainsi que  le poids des secrets familiaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette continuité dans son travail a récemment été saluée par une distinction exceptionnelle : la médaille de l’Ordre national du Mérite. «<em> J’étais hyper fière, c’est une reconnaissance qui vient directement du président de la République, et de se dire que depuis Paris, sur mon petit bout de rocher, le Président porte attention à ce que je peux faire à Mayotte. C’est une belle reconnaissance pour mes équipes aussi et pour mes acteurs qui s’investissent à fond </em>», confie-t-elle. Pour la scénariste, cette distinction est aussi un engagement moral et éthique . «<em> Ça m’oblige à aller plus loin, à rester droite. Ça me force à me dire que je ne me suis pas trompée de voie et que ce que je fais a du sens </em>».</p>
<p>Shanyce MATHIAS ALI</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/11/20/jacqueline-djoumoi-guez-ou-lart-de-donner-vie-a-la-societe-mahoraise/">Jacqueline Djoumoi-Guez ou l&rsquo;art de donner vie à la société mahoraise</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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