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	<title>Archives des Centre hospitalier de Mayotte - Le Journal De Mayotte</title>
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	<description>L&#039;information à Mayotte</description>
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	<title>Archives des Centre hospitalier de Mayotte - Le Journal De Mayotte</title>
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		<title>« En six mois, nous avons permis à l’hôpital de mieux fonctionner »</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2026/02/16/en-six-mois-nous-avons-permis-a-lhopital-de-mieux-fonctionner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde HANGARD]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Feb 2026 02:30:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[Interview exclusive]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Michel Beaumarchais]]></category>
		<category><![CDATA[Mayotte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Arrivé à la tête d’un Centre hospitalier de Mayotte profondément fragilisé par le cyclone Chido, Jean-Michel Beaumarchais a d’abord réparé les murs avant de s’attaquer à la pénurie de soignants et aux failles structurelles du système de soins. Dans un entretien exclusif, le directeur du CHM dresse un premier bilan et détaille les chantiers engagés.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/02/16/en-six-mois-nous-avons-permis-a-lhopital-de-mieux-fonctionner/">« En six mois, nous avons permis à l’hôpital de mieux fonctionner »</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nommé officiellement directeur du Centre hospitalier de Mayotte après plusieurs semaines d’intérim, Jean-Michel Beaumarchais a pris ses fonctions dans un établissement marqué par le cyclone Chido, avec des bâtiments dégradés et des équipes épuisées des crises successives. Six mois plus tard, il revendique, avec humilité, un retour progressif à une certaine stabilité, un renforcement inédit des effectifs et l’engagement concret de projets structurants, dont celui du second hôpital de l’île.</p>
<h2 style="text-align: center;"><em><b>« En six mois, nous avons permis à l’hôpital de mieux fonctionner »</b></em></h2>
<figure id="attachment_46647" aria-describedby="caption-attachment-46647" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-scaled.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-46647" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-300x187.jpg" alt="Mayotte, CHM, Chido, cour, inondation, eau, pluie, " width="300" height="187" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-300x187.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-1024x638.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-768x478.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-1536x957.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-2048x1276.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-150x93.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-696x434.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-1068x665.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-1920x1196.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/15E59DE6-A848-45F7-BAB3-C953F79E3677-1320x822.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-46647" class="wp-caption-text">La cour extérieure du Centre hospitalier de Mayotte, inondée, quelques jours après le passage du cyclone Chido.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">À son arrivée à Mayotte, Jean-Michel Beaumarchais découvre un hôpital en grande difficulté. Il hérite d’un établissement fonctionnant en mode dégradé. <b></b><em>« Quand je suis arrivé, l’hôpital était en grande difficulté. Les toitures étaient bâchées, l’eau s’infiltrait dans plusieurs bâtiments, certaines installations étaient fragilisées. Mais au-delà des murs, ce sont surtout les équipes qui étaient très éprouvées », se souvient-il. </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le cyclone Chido, survenu le 14 décembre 2024, a laissé des stigmates durables sur l’hôpital public mahorais.<em>« Il fallait d’abord sauver les locaux. Tant que l’hôpital ne tient pas physiquement, il est illusoire de parler de stratégie ou de projection à long terme », poursuit le directeur. </em></p>
<p style="text-align: justify;">Un objectif concret est rapidement fixé. À la fin du mois d’août 2025, il ne doit plus rester de bâches sur les toits du CHM. <em>« C’était à la fois symbolique et très opérationnel. Un hôpital ne peut pas rester durablement dans l’urgence ». </em>Ancien directeur des fonctions matérielles au CHU de La Réunion, où il supervisait notamment les systèmes d’information, les travaux, le biomédical et les achats, Jean-Michel Beaumarchais revendique une approche de terrain. <em>« Je me considère davantage comme un chef d’équipe que comme un directeur plus en retrait des réalités quotidiennes ». </em></p>
<p style="text-align: justify;">Puis il pose ce constat, qui résume les premiers mois de son mandat. <em>« Aujourd’hui, je peux le dire sans détour : en six mois, nous avons permis à l’hôpital de mieux fonctionner, grâce aux équipes en place et l&rsquo;ensemble du travail passé réalisé ».</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><b></b><em><b>« Sans soignants, un hôpital n’est qu’un bâtiment »</b></em></h2>
<p style="text-align: justify;">Très vite, Jean-Michel Beaumarchais a fait de la question des effectifs une priorité. <em>«  Parce que sans soignants, un hôpital n’est qu’un bâtiment, même parfaitement rénové  »</em>, résume-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">En juillet 2025, la situation des ressources humaines est critique, notamment chez les sages-femmes. Les maternités périphériques de Mramadoudou et de Dzoumogné sont fermées aux accouchements depuis 2023, et les équipes restantes travaillent sous tension extrême.<em> « Nous étions autour de soixante sages-femmes pour un besoin évalué à plus de cent trente. Certaines sages-femmes continuaient à assurer des consultations dans les centres médicaux de référence, parfois sans rémunération. Ce n’était pas acceptable ! « , </em>s&rsquo;exclame-t-il encore<em>. </em></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Une unité mère-enfant s&rsquo;ouvre à Mramadoudou</strong></h2>
<figure id="attachment_12910" aria-describedby="caption-attachment-12910" style="width: 198px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1.jpg"><img decoding="async" class=" wp-image-12910" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-225x300.jpg" alt="" width="198" height="264" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-225x300.jpg 225w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-768x1024.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-1152x1536.jpg 1152w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-1536x2048.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-150x200.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-300x400.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-696x928.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-1068x1424.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1-1320x1760.jpg 1320w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/IMG_7006-scaled-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 198px) 100vw, 198px" /></a><figcaption id="caption-attachment-12910" class="wp-caption-text">Depuis 2023, les maternités de Dzoumogné et Mramadoudou sont fermées, obligeant les femmes à se rendre à Mamoudzou, Kahani, ou Pamandzi pour accoucher.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Six mois plus tard, début 2026, le tableau a évolué. Le CHM compte désormais cent vingt sages-femmes en poste. <em>« On a quasiment doublé les effectifs. Ce n’est pas mon succès personnel. C’est celui d’un travail collectif engagé avant mon arrivée par mes prédécesseurs et poursuivi par des équipes très engagées », </em>constate-t-il fièrement.</p>
<p style="text-align: justify;">Rapidement, il veut faire des centres médicaux de référence (CMR) de Mramadoudou et Dzoumogné une priorité. Si les accouchements n&rsquo;ont pas vocation à se refaire dans le Sud, à Mramadoudou, le CHM ouvrira le 16 février prochain une unité d’hospitalisation mère-enfant. Certains nourrissons hospitalisés en pédiatrie à Mamoudzou pourront y être transférés, accompagnés de leur mère. <em>« La maman pourra rester auprès de son enfant. C’est une organisation inspirée du système kangourou, mais intégrée à la filière pédiatrique »</em>, explique-t-il.</p>
<h2></h2>
<h2></h2>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Un service de médecine déployé à Dzoumogné </strong></h2>
<figure id="attachment_11453" aria-describedby="caption-attachment-11453" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CMR-Dzoumogne-zoom.jpg"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-11453" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CMR-Dzoumogne-zoom-300x164.jpg" alt="" width="300" height="164" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CMR-Dzoumogne-zoom-300x164.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CMR-Dzoumogne-zoom-768x419.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CMR-Dzoumogne-zoom-150x82.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CMR-Dzoumogne-zoom-696x379.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/CMR-Dzoumogne-zoom.jpg 800w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-11453" class="wp-caption-text">Au centre médical de référence de Dzoumogné, une unité de médecine ouvrira prochainement ses portes en mars 2026.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">À Dzoumogné, pas d&rsquo;accouchements non plus. L’orientation est différente. Une vingtaine de lits de médecine sera déployée au mois de mars 2026. <em>« Il existe un besoin très fort de médecine générale hospitalière. Redonner une activité à ce site, c’est rapprocher les soins de la population et contribuer à désengorger Mamoudzou »,</em> défend le directeur. Ces choix illustrent une ligne directrice claire : reconstruire l’offre de soins de manière progressive, réaliste, et adaptée aux capacités humaines disponibles.</p>
<p style="text-align: justify;">Même dynamique aux urgences de Mamoudzou, longtemps emblématiques des tensions du système hospitalier mahorais. <em>« Il y a eu des périodes où seul un voire deux médecins assuraient les urgences. Aujourd’hui, nous comptons trente-huit urgentistes ». </em>Dans un territoire où les urgences dépassent les cent quatre-vingt mille passages annuels, cette montée en puissance modifie concrètement la prise en charge des patients. <em>« Cela permet de sécuriser les gardes, d’améliorer la qualité des soins et de redonner de l’oxygène aux équipes ». </em></p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Moins d&rsquo;évacuations sanitaires, plus de soins locaux</b></h2>
<figure id="attachment_5412" aria-describedby="caption-attachment-5412" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/EVASAN-Avion-sanitaire-materiel-Amelia-jpg.webp"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-5412" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/EVASAN-Avion-sanitaire-materiel-Amelia-jpg-300x225.webp" alt="EVASAN, CHM, La Réunion, Mayotte" width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/EVASAN-Avion-sanitaire-materiel-Amelia-jpg-300x225.webp 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/EVASAN-Avion-sanitaire-materiel-Amelia-jpg-768x576.webp 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/EVASAN-Avion-sanitaire-materiel-Amelia-jpg-150x113.webp 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/EVASAN-Avion-sanitaire-materiel-Amelia-jpg-696x522.webp 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/EVASAN-Avion-sanitaire-materiel-Amelia-jpg.webp 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-5412" class="wp-caption-text">Chaque jour, l&rsquo;avion sanitaire réalise des rotations entre Mayotte et La Réunion.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Si le système de soins mahorais reste fortement dépendant des évacuations sanitaires (EVASAN), pour Jean-Michel Beaumarchais, elles ne doivent pas constituer la norme. L’avion sanitaire de la compagnie Amelia effectue des rotations quotidiennes entre Mayotte et La Réunion. <em>« On évacue des patients pour des urgences vitales, mais aussi pour des consultations spécialisées, notamment en cancérologie »</em>, rappelle le directeur.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objectif est de renforcer les filières locales de médecine et de chirurgie courantes.<em> «  Toute la médecine et la chirurgie de base doivent être réalisées à Mayotte. C’est une ambition que je porte, et si on y arrive, ce sera déjà beaucoup ». </em></p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="299" data-end="336"><strong data-start="302" data-end="336">Le CMP va retrouver un souffle</strong></h2>
<figure id="attachment_46646" aria-describedby="caption-attachment-46646" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-46646" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-300x225.jpg" alt="Mayotte, CMP, Chido, centre médico-psychologique, " width="300" height="225" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-300x225.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-1024x768.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-768x576.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-1536x1152.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-150x113.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-696x522.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-1068x801.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-1920x1440.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-265x198.jpg 265w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53-1320x990.jpg 1320w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2026/02/PHOTO-2025-01-16-10-39-53.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-46646" class="wp-caption-text">Le centre médico-psychologique du CHM ravagé par le cyclone Chido.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;" data-start="338" data-end="708">Longtemps relégué derrière les urgences structurelles et les réparations post-cyclone, le centre médico-psychologique (CMP) du Centre hospitalier de Mayotte s’apprête également à sortir de l’angle mort. Durement touché par Chido, il faisait partie de ces services fragilisés mais invisibles, pourtant essentiels dans un territoire où les besoins en santé mentale sont considérables, notamment après une catastrophe naturelle sans précédent.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="710" data-end="1211">Jean-Michel Beaumarchais, qui avait soutenu les équipes dès son arrivée, se veut rassurant. <em>« Les modulaires ont été commandés et leur installation est prévue pour mai 2026 »</em>, assure-t-il. Une solution transitoire, assumée comme telle, mais indispensable pour redonner de la capacité d’accueil à la psychiatrie adulte en attendant des dispositifs plus pérennes.</p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="1218" data-end="1287"><strong data-start="1221" data-end="1287">Des investissements lourds pour sortir du sous-dimensionnement</strong></h2>
<p style="text-align: justify;" data-start="1289" data-end="1533">Au-delà du CMP, c’est l’ensemble de l’outil hospitalier qui entre dans une nouvelle phase. Le constat est partagé depuis des années : le CHM fonctionne avec des infrastructures largement sous-dimensionnées au regard de la démographie du territoire. <em>« Ce n’est pas un secret, il est évident qu’il nous faut améliorer l&rsquo;accueil des urgences et le nombre de blocs opératoires notamment »,</em> reconnaît Jean-Michel Beaumarchais.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="1289" data-end="1533">Le service de maternité, le plus actif de France, doit notamment être doté de nouveaux blocs dédiés aux césariennes. Les urgences, saturées de manière chronique, doivent être agrandies pour absorber un flux de patients qui dépasse largement les standards nationaux. L’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), enfin, doit s’étendre pour accompagner la montée en puissance des effectifs de soignants. Sur ce point, le directeur souligne un travail étroit avec l’<span class="hover:entity-accent entity-underline inline cursor-pointer align-baseline"><span class="whitespace-normal">Agence régionale de santé</span></span>. <em>« Nous réfléchissons avec le directeur général de l’ARS, Sergio Albarello, à installer davantage de blocs opératoires, et surtout à mettre en place des dispositifs pérennes dans le temps »</em>, explique-t-il.</p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="2380" data-end="2415"><strong data-start="2383" data-end="2415">Un calendrier réajusté</strong></h2>
<p style="text-align: justify;" data-start="2417" data-end="2741">Après des années de projections sans échéance claire, un calendrier commence aussi à se dessiner. L’année 2026 sera consacrée aux études techniques et fonctionnelles, une étape jugée indispensable pour éviter les erreurs du passé. Le lancement des travaux de modernisation du site hospitalier de Mamoudzou est prévu pour début 2027, avec une réalisation progressive jusqu’en 2028. Cette temporalité assumée traduit une volonté de sortir de la gestion « en urgence » permanente.</p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="3025" data-end="3079"><strong data-start="3028" data-end="3079">Les terrains de l&rsquo;hôpital de Combani <em>« en cours d&rsquo;acquisition »</em></strong></h2>
<figure id="attachment_6617" aria-describedby="caption-attachment-6617" style="width: 286px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Capture-decran-2024-05-27-a-14.11.53.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-6617" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Capture-decran-2024-05-27-a-14.11.53-286x300.jpg" alt="Mayotte, carte, site, nouvel hôpital, Combani, CHM" width="286" height="300" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Capture-decran-2024-05-27-a-14.11.53-286x300.jpg 286w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Capture-decran-2024-05-27-a-14.11.53-150x157.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Capture-decran-2024-05-27-a-14.11.53-300x315.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Capture-decran-2024-05-27-a-14.11.53.jpg 650w" sizes="auto, (max-width: 286px) 100vw, 286px" /></a><figcaption id="caption-attachment-6617" class="wp-caption-text">En février 2026, si le projet de deuxième hôpital à Combani demeure officiellement inscrit dans un calendrier prévoyant un lancement des travaux en 2028, l’absence de maîtrise foncière à ce stade laisse toutefois planer une incertitude sur le respect de cette échéance, conditionnée à l’aboutissement des procédures administratives en cours.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;" data-start="259" data-end="1089">Dans le même temps, la question n’est pas de savoir si le second hôpital de Combani sera construit, mais plutôt quand. Annoncé pour la première fois en 2019 au plus haut niveau de l’État, ce projet emblématique vise à renforcer durablement l’offre de soins à Mayotte. Prévu pour accueillir 450 lits à terme, avec une première tranche de 140 lits, il comprendra des services d’urgences, de médecine, de chirurgie et d’obstétrique, des soins de suite et de réadaptation, un plateau d’imagerie et technique complet, ainsi qu’une crèche pour le personnel.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="259" data-end="1089">Plus de 2.600 professionnels y seraient employés, faisant de l’établissement une véritable pièce maîtresse du futur réseau hospitalier mahorais. Son objectif est clair : désengorger le CHM de Mamoudzou, unique hôpital de l’île, et mieux répartir les soins sur un territoire jeune, en forte croissance démographique et structurellement sous-doté.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="1091" data-end="1556">Après des années de blocages fonciers et de reports, le projet franchit enfin une étape plus concrète. <em>« Les terrains sont en cours d’acquisition et les consultations pour l’assistance à maîtrise d’ouvrage sont lancées. C’est une étape très engageante »</em>, précise Jean-Michel Beaumarchais.</p>
<p style="text-align: justify;" data-start="1091" data-end="1556">Cette avancée fait écho à l’arrêté préfectoral du 13 août 2025, qui avait déclaré cessibles les parcelles nécessaires à la construction sur l’ancien domaine de Combani, à Tsingoni. Si le calendrier avait été ralenti, notamment par les urgences post-cyclone Chido et la mobilisation sur le CHM existant, les bases sont désormais posées pour passer de l’intention à la réalisation.</p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="3912" data-end="3978"><em><strong data-start="3915" data-end="3978">« Je ne veux plus que Mayotte passe pour le parent pauvre »</strong></em></h2>
<p style="text-align: justify;" data-start="3980" data-end="4299">Avant de conclure, Jean-Michel Beaumarchais tient à corriger une image qui, selon lui, colle injustement au territoire. <em>« Je ne veux plus que Mayotte passe pour le &lsquo;parent pauvre&rsquo; d’un autre territoire. Nous avons ici des professionnels de santé de grande qualité et des équipements de pointe dans plusieurs services ». </em></p>
<p style="text-align: justify;" data-start="4301" data-end="4712">Un propos qu’il nuance aussitôt, refusant toute forme de discours irréaliste.<em> « Je ne prétends pas qu’on remplacera tous les spécialistes extérieurs par des spécialistes locaux en un claquement de doigts. Par exemple, les Réunionnais eux-mêmes vont parfois consulter en métropole pour des soins spécifiques, mais Mayotte a besoin d&rsquo;une filière médicale et chirurgicale de base solide sur l’île. Toute la médecine et la chirurgie de base doivent être faites à Mayotte ». </em></p>
<h2 style="text-align: center;" data-start="4719" data-end="4779"><strong data-start="4722" data-end="4779">Avec La Réunion, une solidarité assumée et réciproque</strong></h2>
<p style="text-align: justify;" data-start="4781" data-end="5207">Sur la relation « sanitaire » avec <span class="hover:entity-accent entity-underline inline cursor-pointer align-baseline"><span class="whitespace-normal">La Réunion</span></span>, le directeur du CHM défend une vision pragmatique, loin des procès d’intention. <em>« Je dirais que c’est un partenariat gagnant-gagnant. Nous envoyons des patients vers La Réunion, ils sont accueillis dans la mesure du possible par les services de La Réunion, nous avons d&rsquo;ailleurs une file d’attente de patients mahorais qui ne peuvent pas toujours être pris en charge immédiatement ». </em></p>
<p style="text-align: justify;" data-start="4781" data-end="5207">Selon lui, cette coopération profite aux deux territoires. <em>« Mayotte a la chance d’avoir La Réunion à proximité, et La Réunion a l’opportunité d’avoir une patientèle régulière de Mayotte, parfois avec des pathologies différentes. Certaines structures réunionnaises dépendent même de ces patients, dans un contexte où l’offre de soins y est très dense et concurrentielle&#8230; C’est un partage entre deux territoires qui ne sont pas si éloignés l&rsquo;un de l&rsquo;autre que cela ». </em></p>
<p>Mathilde Hangard</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2026/02/16/en-six-mois-nous-avons-permis-a-lhopital-de-mieux-fonctionner/">« En six mois, nous avons permis à l’hôpital de mieux fonctionner »</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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		<title>À Mayotte, les sages-femmes en première ligne : la vie et la mort entre les mains</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/05/16/a-mayotte-les-sages-femmes-en-premiere-ligne-la-vie-et-la-mort-entre-les-mains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde HANGARD]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 May 2025 01:45:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Centre hospitalier de Mayotte]]></category>
		<category><![CDATA[Centre médical de référence]]></category>
		<category><![CDATA[CHM]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[Mayotte]]></category>
		<category><![CDATA[Pamandzi]]></category>
		<category><![CDATA[Sage-femme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lejournaldemayotte.yt/?p=28688</guid>

					<description><![CDATA[<p>À Pamandzi, deux sages-femmes assurent seules la vie, la mort et les urgences d’un territoire débordé. Leur quotidien, entre débrouille, surcharge et solitude médicale, met en lumière les défis de la santé publique dans l’un des départements les plus précaires de France.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/05/16/a-mayotte-les-sages-femmes-en-premiere-ligne-la-vie-et-la-mort-entre-les-mains/">À Mayotte, les sages-femmes en première ligne : la vie et la mort entre les mains</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Lorsque l’on pénètre dans le Centre médical de référence de Pamandzi, sur l’île de Petite-Terre à Mayotte, l’écart entre le paysage idyllique et la réalité du service est frappant. Le lagon est à portée de vue, mais à l’intérieur de la maternité, c&rsquo;est un tout autre décor qui se déploie : les cliquetis métalliques des chariots poussés en urgence, les pas précipités des sages-femmes qui s’activent pour répondre aux urgences, les cris de douleur qui résonnent dans l’air. Dans ce service bouillonnant, deux femmes orchestrent la vie. Sophie et Natacha sont sages-femmes. Elles sont deux. Deux pour gérer l’ensemble. Deux pour faire naître, soigner, transférer, rassurer, décider, sauver. Deux, parfois une seule. Dans cet endroit de France où les tensions sont constantes, elles tiennent la digue.</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Un binôme à bout de bras </b></h2>
<p style="text-align: justify;">À la maternité de Pamandzi, les sages-femmes ne sont que deux. L’une s’occupe des accouchements, l’autre des suites de couches, comme c&rsquo;est le cas de Sophie et de Natacha. Mais cette répartition théorique est rapidement bousculée par les contraintes du terrain. « <em>Le problème, c’est que lorsqu’une femme doit être transférée à Mamoudzou, il n’y a plus qu’une sage-femme en poste à Pamandzi », explique Natacha. « On peut vite être débordées si on doit gérer deux, voire trois services, car il y a aussi la gynécologie et les urgences obstétricales</em>. »</p>
<figure id="attachment_27827" aria-describedby="caption-attachment-27827" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-27827" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-300x200.jpg" alt="CHM, urgences, maternité, pénuries" width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/04/CHM-6.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-27827" class="wp-caption-text">Exemple de « tipis » installés dans les couloirs de la maternité du CHM à Mamoudzou.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Pamandzi sert de relais pour l’hôpital principal de Mamoudzou, lui-même saturé. Là-bas, les patientes sont dans des couloirs quand il n&rsquo;y a plus de place. À Mamoudzou, plusieurs « tipis » ont été installés dans les couloirs de la maternité faute de chambres pour accueillir les patientes. «  <em>Il n’y a aucune intimité. Les femmes sont là, dans les couloirs, sur des lits, protégées par un drap, avec leur nouveau-né, et derrière elles, il y a des gens malades, les gens qui passent, les toilettes. C&rsquo;est aberrant. Cinq mois après Chido, le plafond n&rsquo;a pas été réparé et les câbles électriques pendent toujours</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette situation de surcharge, les sages-femmes de Pamandzi se retrouvent régulièrement dans l’obligation de prendre des décisions difficiles. « <em>Si j’ai quatre sorties prévues et deux autres éventuelles, même si j&rsquo;aurais aimé garder plus longtemps ces patientes pour les accompagner, je dois les faire sortir pour libérer des lits car il arrive souvent qu&rsquo;on nous appelle en nous disant que huit femmes sont dans des couloirs à Mamoudzou et qu&rsquo;il leur faut un lit. Alors, on les accueille. Parfois, j&rsquo;ai l’impression qu’on fait du rendement.</em>« </p>
<h2 style="text-align: center;"><b>L’urgence dans la langue, l’urgence dans les mains</b></h2>
<figure id="attachment_6971" aria-describedby="caption-attachment-6971" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-6971" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite-300x212.jpg" alt="Mayotte, enfants, parents, parentalité, CCAS, CSSM, CAF, PMI" width="300" height="212" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite-300x212.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite-150x106.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite-696x491.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Bebe-maternite.jpg 750w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-6971" class="wp-caption-text">À Mayotte, chaque soin est aussi un défi en matière de traduction.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Les défis ne se limitent pas à la surcharge. À Mayotte, plusieurs langues y sont parlées, et notamment le shimaoré. Le français n&rsquo;est pas toujours parlé ou bien compris par la population. « <em>On a une traductrice, mais dans l’urgence, on sollicite tous ceux qui parlent un peu le shimaoré, </em>explique Natacha<em>. Mais souvent, il n’y a pas d’équivalent médical dans la langue</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces difficultés sont critiques ici, où l’isolement médical est la norme et où les conséquences de chaque erreur peuvent être dramatiques. Les recommandations nationales sont parfois mises à mal. « <em>En métropole, on ne met pas le bébé dans le lit de la mère pour éviter les risques d’étouffement. Ici, les traditions disent que c&rsquo;est bien de le faire pour calmer l’enfant. Il y a une différence constante entre les consignes nationales et les réalités locales, et pourtant, on attend de nous les mêmes résultats, avec moins de moyens</em>. »</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Un accompagnement confronté à des réalités multiples</b></h2>
<p style="text-align: justify;">En effet, les sages-femmes de Mayotte doivent naviguer à travers un ensemble de réalités sociales et culturelles complexes qui façonnent le parcours des patientes. La grossesse n’est pas seulement un suivi médical, elle peut être aussi le reflet d&rsquo;une histoire marquée par l’instabilité, la précarité et la méfiance envers les institutions. « <em>Dans notre formation de sage-femme, on nous apprend que les patientes doivent être au cœur de leur parcours de soins et en être pleinement actrices. »</em>, explique Natacha<em>. « Mais ici, beaucoup de femmes suivent nos conseils, selon ce qu’elles peuvent faire, et pas toujours ce qu’elles voudraient faire. » </em></p>
<figure id="attachment_20939" aria-describedby="caption-attachment-20939" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-20939 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge-300x176.jpg" alt="HCFEA, prestations familiales, Mayotte" width="300" height="176" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge-300x176.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge-150x88.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge-696x408.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/01/Population-barge.jpg 750w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-20939" class="wp-caption-text">En situation irrégulière, la peur d’une arrestation l’emporte souvent sur le besoin de soins.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Les craintes liées à leur situation administrative rendent souvent difficile l’accès aux soins, entre la peur des contrôles et le stress constant. <em>« Beaucoup de patientes n&rsquo;iront pas consulter à Mamoudzou</em>, <em>s&rsquo;il</em> f<em>aut prendre la barge, de peur de se faire arrêter », </em>confie Natacha<em>. « Et c&rsquo;est dramatique, pour les patientes qui doivent se rendre au centre d&rsquo;ortogénie pour avoir recours à une interruption volontaire de grossesse et qui n&rsquo;iront pas car pour elles, être expulsées c&rsquo;est plus grave qu&rsquo;avoir un enfant. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">Cette insécurité affecte directement l&rsquo;état de santé des femmes. Mais les sages-femmes doivent s’adapter, souvent à contre-cœur. « <em>Il arrive que certaines patientes placent leur confiance dans la volonté divine face à une complication, </em>poursuit Natacha.<em> Cela demande beaucoup de pédagogie et de tact, mais parfois il faut poser des limites et expliquer qu’il est nécessaire d’agir pour éviter un danger.</em> » La maladie est aussi perçue différemment tant qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas visible. « <em>Tant que ça ne se voit pas, beaucoup de femmes ne se considèrent pas malades. Et ça, c’est particulièrement compliqué pour traiter des infections par exemple.</em>« </p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Accouchements sans médecins, quand l’urgence dicte les gestes</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">À Pamandzi et à Kahani, les maternités périphériques sont sans médecins. Ni obstétriciens, ni anesthésistes, ni pédiatres. Pourtant, les accouchements ne s’arrêtent pas. « <em>On n&rsquo;accouche que des patientes qui ont les feux au vert pour accoucher chez nous, mais les imprévus existent », </em>confie Sophie<em>. « Et quand ça bascule, la nuit, on est seules. Une collègue d’astreinte met entre cinq et dix minutes pour arriver. C’est long, une vie peut être en jeu.</em>« </p>
<p style="text-align: justify;">Les sages-femmes ont été formées à poser les ballons de Backri en cas d&rsquo;hémorragie sévère, des actes normalement réservés aux obstétriciens en métropole. « <em>Quand une femme fait une hémorragie ici, on est deux, sans anesthésie et on la prend en charge complètement. Ce qu’on fait normalement à cinq, six, en métropole, on le fait à deux. C’est de la maltraitance, mais si on ne fait rien, elle meurt</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Mais parfois, même quand tout est fait dans les règles, le système reste absurde. Sophie raconte l’histoire d’un bébé prématuré, pesant à peine deux kilos. Après son accouchement, la mère et son enfant tentent d&rsquo;être transférés à Mamoudzou, mais l’issue est décevante : aucun lit n’est disponible pour la mère et l&rsquo;enfant. « <em>On m’a dit qu’il n’y avait pas de place. La mère devait rester sur une chaise dans le couloir. Et le bébé ? En nurserie, loin de sa mère. C’était frustrant, terrifiant même. J&rsquo;avais envie de les reprendre à Pamandzi mais il fallait que le bébé soit vu par un pédiatre et qu&rsquo;il ait des soins adaptés</em>. »</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Pénuries et épuisement : un système en tension</b></h2>
<p style="text-align: justify;">Le manque de personnel est une chose, mais la pénurie de matériel empire la situation. Depuis le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024, tout est plus difficile. « <em>En 2020, on avait encore un peu de matériel. Maintenant, on court après des aiguilles, on appelle la pharmacie plusieurs fois par jour pour obtenir un simple cathéter. C’est épuisant.</em> » Le rythme est infernal. Natacha gère six à huit sorties en suites de couche par jour, seule. « <em>On ne mange pas, ou en cinq minutes. Il n’y a pas de répit. Comment parler de qualité des soins dans ces conditions ?</em> » Mais malgré tout, ni Sophie ni Natacha ne désignent un responsable. « Mayotte, c’est un effet domino. On alerte, mais sans accuser. »</p>
<h2 style="text-align: center;"><b>« On prend tout sur la tête, et face à nous, il y a la patiente » </b></h2>
<figure id="attachment_24431" aria-describedby="caption-attachment-24431" style="width: 300px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-24431" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-300x200.jpg" alt="Mayotte, CHM, Urgences, box pédiatrique, box adulte, déchocage, Frédéric Lecenne, Christophe Laplace, médecins," width="300" height="200" srcset="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-300x200.jpg 300w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1024x683.jpg 1024w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-768x512.jpg 768w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1536x1024.jpg 1536w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-2048x1366.jpg 2048w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-150x100.jpg 150w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-696x464.jpg 696w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1068x712.jpg 1068w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1920x1280.jpg 1920w, https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/7-scaled-1-1320x880.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><figcaption id="caption-attachment-24431" class="wp-caption-text">Malgré l’épuisement et la pénurie, les soignantes continuent de tenir la ligne, seules face à des patientes qu’elles ne peuvent abandonner.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Le manque de soignants est aggravé par l’absence de soutien logistique. Les équipements de base sont souvent défectueux, et il faut batailler pour obtenir les fournitures essentielles. « <em>Travailler sans médecins, on s&rsquo;y fait, travailler avec peu de sages-femmes, on s&rsquo;adapte, mais quand les tensiomètres ne fonctionnent pas, que les thermomètres sont cassés, que les aiguilles manquent, tout devient insupportable</em>. » La frustration atteint son sommet lorsqu’il s’agit de se battre pour faire fonctionner des outils informatiques, plutôt que de se concentrer sur les soins. <em>« On est la dernière ligne du domino. On prend tout sur la tête, et face à nous, il y a la patiente</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Quand la pression devient insoutenable, les répercussions sont dévastatrices. «<em> Il m’arrive de me demander si j’ai perdu la vocation de ce métier</em> », confie Natacha. « <em>Parfois j’ai envie de crier : Aidez-moi, faites ce que je dis ! Tellement je suis seule.</em> » Sophie ressent cette pression différemment, la portant comme une lourde culpabilité. Mais il y a toujours un moteur : une conviction profonde, une humanité brute qui les pousse à continuer. « <em>Heureusement qu’elles sont tombées sur moi »</em>, se dit tous les jours Natacha. « <em>Parce que je fais tout ce que je peux avec ce que l’on me donne</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">À Pamandzi, l’hôpital tient grâce à deux femmes, à bout de bras. Elles ne demandent pas la perfection, juste des moyens, des collègues, du matériel, du temps. Car à Mayotte, être sage-femme, ce n’est pas seulement faire naître ou ne pas faire naître, c’est défendre, chaque jour, le droit des femmes à disposer de leur corps. C’est résister face aux urgences, aux silences, aux inégalités. C’est organiser le chaos, traduire l’indicible, maintenir un espace de soin et de dignité. Et parfois, simplement, empêcher la mort.</p>
<p>Mathilde Hangard</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/05/16/a-mayotte-les-sages-femmes-en-premiere-ligne-la-vie-et-la-mort-entre-les-mains/">À Mayotte, les sages-femmes en première ligne : la vie et la mort entre les mains</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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