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	<title>Archives des affrontements|Dembeni|iloni|jeunes|peur|violences - Le Journal De Mayotte</title>
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	<description>L&#039;information à Mayotte</description>
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	<title>Archives des affrontements|Dembeni|iloni|jeunes|peur|violences - Le Journal De Mayotte</title>
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	<item>
		<title>Le désespoir des habitants au milieu des affrontements, à la frontière entre Dembéni et Iloni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[bigboss]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 22:45:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Faits divers]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[affrontements|Dembeni|iloni|jeunes|peur|violences]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Installés sur les hauteurs, entre la route nationale 3 et l’université de Mayotte, à la frontière entre Dembéni et Iloni, les habitants subissent de plein fouet les affrontements entre bandes rivales. Magasins pillés, voitures brûlées, passages à tabac et menaces à la machette…la population vit dans la peur quotidienne et se barricade comme elle le peut derrière des grillages ou des plaques de tôles. Tous sont victimes d’un conflit qui ne les concerne pas.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/02/26/le-desespoir-des-habitants-au-milieu-des-affrontements-a-la-frontiere-entre-dembeni-et-iloni/">Le désespoir des habitants au milieu des affrontements, à la frontière entre Dembéni et Iloni</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Pour Marissa*, pas de temps à perdre. En ce début d’après-midi, lundi 24 janvier, il faut impérativement mettre à l&rsquo;abri les provisions de son magasin situé en rez-de-chaussée, avant une nouvelle nuit d’affrontements entre bandes rivales sur les hauteurs de Dembéni, à quelques encablures de l’université de Mayotte. Packs de sodas, biscuits, sandalettes, ou bien couvertures…, avec sa sœur Nadia et son beau-frère Ali, Marissa enchaîne les allers-retours entre la petite boutique et les étages de la maison, qui serviront d’entrepôt le temps des affrontements. « <em>Cette nuit on a eu de la chance ils ne sont pas rentrés, mais ça ne sera peut-être pas le cas ce soir</em>« , estime Marissa, en montrant les marques sur la porte du magasin. « <em>Ça </em></span><em><span style="font-weight: 400;">fait seulement trois semaines qu’on a rouvert après Chido et on doit déjà tout remballe</span></em><span style="font-weight: 400;"><em>r</em>« , déplore Ali, « </span><i><span style="font-weight: 400;">si quelqu’un veut nous acheter quelque chose on lui donne à la va-vite en ouvrant à moitié le portail ».</span></i></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>« On se retrouve à vivre cachés comme des chiens »</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Obligée d&#8217;empaqueter rapidement les denrées de son magasin, sans faire aucun bruit, Marissa réalise à quel point sa vie est devenue difficile depuis son retour de métropole il y a trois ans. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Je suis revenue avec mon mari et mon fils pour vivre dans la maison familiale dans ce paradis qu’est Mayotte, mais au final on se retrouve à vivre cachés comme des chiens ici. Même les pizzerias et les restaurants du quartier où on avait l’habitude de sortir ont été brûlés</span></i><span style="font-weight: 400;">”, raconte-t-elle, en colère. Depuis la reprise des affrontements, notamment suite à la mort d’un lycéen, vendredi 21 février, elle quitte sa maison tous les soirs pour aller dormir à Mamoudzou, chez la mère de son mari.</span></p>
<figure id="attachment_59534" aria-describedby="caption-attachment-59534" style="width: 476px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class=" wp-image-59534" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/02/Iloni-3.jpg" alt="Dembéni, Iloni, affrontements, jeunes, peur, violences" width="476" height="317" /><figcaption id="caption-attachment-59534" class="wp-caption-text">Ali se dépêche de mettre les denrées du magasin familial à l&rsquo;abris dans les étages de la maison, en prévention d&rsquo;une nouvelle nuit de violences.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le dimanche 16 février, ce dernier a été traîné hors de sa chambre par plusieurs jeunes qui l’ont ensuite tabassé dans la rue sous ses yeux sans qu’elle ne puisse intervenir. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Si vous êtes un homme ici c’est très dangereux pour vous. S’ils vous attrapent, c&rsquo;est terminé</span></i><span style="font-weight: 400;">”, lance Marissa, qui ne souhaite pas rentrer plus dans les détails de l&rsquo;agression. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Je suis en train de chercher un logement pour quitter définitivement Dembéni. Ce n’est plus supportable mais ça me brise le cœur car c’est la maison où j’ai grandi, et je voulais reprendre le commerce de ma mère”.</span></i></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Le voisinage se réfugie dans la maison en briques et en béton</b></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">De leurs côtés, Nadia et Ali n’ont pas la chance de pouvoir quitter le quartier à la tombée de la nuit. Ils ont vécu les derniers jours cloîtrés au troisième étage de la maison, alors que toute la rue s&#8217;embrasait et s&rsquo;apprêtent à faire la même chose ce soir. Le bâtiment en brique et en béton est l’un des seuls qui peut résister aux assauts des jeunes dans ce quartier composé de nombreuses cases en tôle. Lorsque les rixes commencent, c’est tout le voisinage qui vient se réfugier chez le couple en courant, soit une dizaine de personnes minimum. « </span><i><span style="font-weight: 400;">En tant qu’homme, je connais les risques mais je ne voulais pas partir »</span></i><span style="font-weight: 400;">, confie Ali, « </span><i><span style="font-weight: 400;">je me dois de rester là pour protéger les autres »</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Même si toute l’armée de France vient ici, ça ne suffira pas, s’ils ne tirent pas à balles réelles ! »</span></i><span style="font-weight: 400;">, insiste Nadia, exaspérée par cette situation qui dure depuis des années. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Les gendarmes ne leur font pas peur, c’est ça le vrai problème. Je veux bien que la France c’est le pays des libertés mais là ce n’est plus possible. Ces jeunes ne parlent pas le même langage que nous. Il faut tirer à balles réelles »</span></i><span style="font-weight: 400;">, répète-t-elle, à côté de son mari. Avec Ali, ils pensent de plus en plus à investir dans un moyen de défense, quitte à ne pas respecter la légalité.</span></p>
<figure id="attachment_59538" aria-describedby="caption-attachment-59538" style="width: 512px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" wp-image-59538" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/02/Iloni-8.jpg" alt="Dembéni, Iloni, affrontements, jeunes, peur, violences" width="512" height="341" /><figcaption id="caption-attachment-59538" class="wp-caption-text">La vue sur la rue où s&rsquo;affrontent les jeunes depuis la maison de Marissa dans laquelle vient se réfugier le voisinage.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Beaucoup d’adolescents ou d’adultes profitent des rixes entre les jeunes des deux communes pour s’immiscer dans le quartier pour piller. Au début, on voit que des gamins de 10 ans encagoulés et après on voit arriver les autres »</span></i><span style="font-weight: 400;">, observe Nadia. « </span><em><span style="font-weight: 400;">Mais au fond je me fiche que ce soit les jeunes de Dembéni ou d’Iloni qui ont commencé les bagarres, nous on essaye juste de vivre ici en paix »</span></em><i><span style="font-weight: 400;">.</span></i></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Pour Marissa, Nadia et Ali comme pour de nombreux habitants, les affrontements des derniers jours sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La plupart d’entre eux venaient tout juste de rouvrir leurs magasins ou bien de retrouver une voiture après Chido et ils ont à nouveau tout perdu.</span></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Voitures brûlées, portes d’entrées détruites, vols et menaces à répétition</b></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Un peu plus bas dans le quartier, qui a des allures de <em>no man’s land</em> avec ses carcasses de voitures brûlées, c’est le calme avant la tempête. Cette nuit des affrontements violents sont une nouvelle fois attendus. Ici et là, les habitants qui n’ont pas quitté le quartier rafistolent à la hâte les verrous sur les portes d’entrées quand celles-ci ne sont pas arrachées ou brûlées par terre.</span></p>
<figure id="attachment_59544" aria-describedby="caption-attachment-59544" style="width: 426px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" wp-image-59544" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/02/Iloni-2.jpg" alt="Dembéni, Iloni, affrontements, jeunes, peur, violences" width="426" height="319" /><figcaption id="caption-attachment-59544" class="wp-caption-text">A travers une porte du magasin de Fatiha qui a été pillé ce week-end.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Fatiha tient sa porte d’entrée complètement éventrée dans ses mains et la jette dehors à côté d’une carcasse de voiture pour s&rsquo;en débarrasser. Son magasin a été pillé sous ses yeux dans la nuit du dimanche à lundi. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Les jeunes ont détruit la porte et se sont directement servis dans les rayons »</span></i><span style="font-weight: 400;">, retrace la femme d’un certain âge, avec l’aide de sa fille, qui l’aide à traduire ses mots en français. Pour cette famille qui n’a déjà pas beaucoup de moyens, les pillages s’ajoutent aux difficultés, et Fatiha à du mal à comprendre pourquoi ils s’en prennent à elle. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Les jeunes m’ont volé la carte d’identité, le titre de séjour, tous les papiers »</span></i><span style="font-weight: 400;">, continue-t-elle en montrant les deux bouteilles de lait qui lui restent dans son étagère vide. A côté d&rsquo;elle, son amie Naïma, se précipite sous le bureau pour montrer comment elle se met à l’abri à la moindre alerte. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Ils nous menacent sans arrêt avec des machettes »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> dit-elle de manière évidente, signe d&rsquo;une scène quasi quotidienne.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Depuis sa case en tôle, Omar, la quarantaine, observe le lagon qui se dessine au loin, tandis que ses jeunes enfants jouent derrière lui. Il a étalé sur le sol quelques oignons rouges et des melons jaunes, qu’il espère vendre aux habitants du quartier encore présents</span><span style="font-weight: 400;">. Lui n’a pas d’autres choix que de rester vivre ici, dans la crainte quotidienne, et s’il espère une accalmie dans les prochains jours, il sait que cela ne dure jamais très longtemps. A la tombée de la nuit, il ne peut pas rester avec ses enfants dans sa maison, trop fragile, trop pénétrable. « <i>Lorsque je vois les jeunes arrivés, je prends mes enfants et je cours me réfugier chez la voisine »</i>, dit-il en montrant la maison de Marissa d’un geste du menton. Ce soir il sait déjà qu&rsquo;il va devoir courir pour sa vie et celle de ses enfants.</span></p>
<figure id="attachment_59541" aria-describedby="caption-attachment-59541" style="width: 485px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-59541" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/02/Iloni-1-1.jpg" alt="Dembéni, Iloni, affrontements, jeunes, peur, violences" width="485" height="364" /><figcaption id="caption-attachment-59541" class="wp-caption-text">Omar et sa fille à l&rsquo;entrée de leur case, au milieu du quartier.</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Victor Diwisch</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">* Tous les prénoms ont été modifiés pour conserver l’anonymat des personnes rencontrées.</span></p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/02/26/le-desespoir-des-habitants-au-milieu-des-affrontements-a-la-frontiere-entre-dembeni-et-iloni/">Le désespoir des habitants au milieu des affrontements, à la frontière entre Dembéni et Iloni</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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		<item>
		<title>Les habitants de Dembéni et d’Iloni plus que jamais divisés suites aux affrontements entre groupes de jeunes</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/02/25/les-habitants-de-dembeni-et-diloni-plus-que-jamais-divises-suites-aux-affrontements-entre-groupes-de-jeunes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[bigboss]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Feb 2025 23:30:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Faits divers]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[affrontements|Dembeni|iloni|jeunes|peur|violences]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Suite à la mort d’un lycéen, vendredi dernier, lors des affrontements entre les jeunes de Dembéni et d’Iloni, les habitants vivent dans la peur des règlements de comptes. Les familles se renvoient la responsabilité du conflit qui touche les communes depuis quelques années déjà et le dialogue semble impossible.</p>
<p>L’article <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2025/02/25/les-habitants-de-dembeni-et-diloni-plus-que-jamais-divises-suites-aux-affrontements-entre-groupes-de-jeunes/">Les habitants de Dembéni et d’Iloni plus que jamais divisés suites aux affrontements entre groupes de jeunes</a> est apparu en premier sur <a href="https://lejournaldemayotte.yt">Le Journal De Mayotte</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">En ce début de matinée, lundi 24 février, dans le centre-ville de Dembéni, les habitants font la queue à la boulangerie pour chercher leur petit déjeuner. A côté, sur le parking municipal, de nombreuses familles viennent récupérer des bons alimentaires auprès du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de la ville, tandis que des hommes s’installent aux tables à l’ombre pour jouer aux cartes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Au lendemain d’une nouvelle nuit d’affrontements entre les jeunes de Dembéni et ceux d’Iloni, trois jours après la mort d’un jeune lycéen, lynché sur la nationale, les habitants reprennent leurs activités tant bien que mal. La plupart ont encore en tête les images de la vidéo sur les réseaux sociaux montrant le jeune homme abandonné à son sort au milieu de la route, juste avant de mourir des coups de ses assaillants cagoulés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La veille, dimanche 23 février, les parents d’élèves de la commune se sont réunis et ont décidé d&rsquo;interdire à leurs enfants de se rendre au lycée de Tsararano et au collège d’Iloni, de part et d’autre de Dembéni, craignant pour leur sécurité.</span></p>
<figure id="attachment_59478" aria-describedby="caption-attachment-59478" style="width: 410px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-59478" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/02/Dembeni-2.jpg" alt="Dembéni, Iloni, affrontements, jeunes, peur, violences" width="410" height="273" /><figcaption id="caption-attachment-59478" class="wp-caption-text">En plus des jeunes d&rsquo;Iloni et de Dembéni, les habitants indiquent que des personnes viennent de toute l&rsquo;île pour prendre part aux rixes.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Ce matin, les adolescents se retrouvent donc dans la rue pour jouer au football ou faire du vélo. Questionnés sur le conflit entre les jeunes des deux communes voisines, la plupart ne souhaitent pas s’exprimer, par peur de représailles. Le regard dans le vide, certains semblent également touchés par l’émotion.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;"><em>Quand j’ai quitté les cours vendredi vers 14h j’ai vu des jets de pierre</em>« </span></i><span style="font-weight: 400;">, se rappelle Diawadi, 14 ans, « </span><em><span style="font-weight: 400;">puis j’ai aperçu une arbalète pour la pêche et ils lui ont tiré dessus avec de la ferraille</span><span style="font-weight: 400;">. </span><span style="font-weight: 400;">Je ne pense pas que ça va s’arrêter, j’ai peur, je ne pense qu’à partir en métropole, ici c’est terrible</span></em><i><span style="font-weight: 400;">« </span></i><span style="font-weight: 400;">, ajoute le garçon encore choqué.<br />
</span></p>
<p><b>Les habitants se renvoient la responsabilité, le dialogue est rompu</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">En plein centre de Dembéni les habitants vivent dans la peur. Ils sont restés cloîtrés chez eux tout le week-end, et comptent le faire dans les jours et les semaines à venir. « </span><i><span style="font-weight: 400;">A partir de 17h on s’enferme, mes enfants ont crié toute la nuit à cause des combats et des gaz lacrymogènes qui sont rentrés dans la maison »</span></i><span style="font-weight: 400;">, témoigne une résidente du quartier. « </span><i><span style="font-weight: 400;">J’ai cru que les gendarmes allaient mourir tellement que c’était violent. Ils étaient coincés contre le mur de ma maison »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> raconte une voisine. Des pierres et des projectiles en tous genres sont encore visibles de part et d’autre de la route.</span></p>
<figure id="attachment_59480" aria-describedby="caption-attachment-59480" style="width: 262px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-59480" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/02/Dembeni-3-rotated.jpg" alt="Dembéni, Iloni, affrontements, jeunes, peur, violences" width="262" height="393" /><figcaption id="caption-attachment-59480" class="wp-caption-text">Un poteau qui servait de barrage sur la route.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les affrontements ne sont pas nouveaux, mais désormais le dialogue entre les familles des deux communes semble être complètement rompu, chacune se renvoyant la responsabilité du conflit, vis-à-vis de leurs enfants respectifs. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Ils ne veulent pas reconnaître que c’est eux qui ont commencé, ils n’osent pas dire à leurs enfants de s’arrêter », </span></i><span style="font-weight: 400;">lance exaspérée une habitante de Dembéni. « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’est eux qui ont commencé, pas nous. Ils ont seulement eu deux voitures brûlées, le reste des dégâts c’est chez nous. Nous on essaye juste de se défendre »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> lui répond indirectement un résident d’Iloni, assis sous l’ombrelle à côté du rond-point. « </span><i><span style="font-weight: 400;">On a fait plein de négociations, de marches de sensibilisations mais ça ne fonctionne pas. On a des délinquants ici, on ne nie pas, mais nous quand on leur dit de s’arrêter, ils le font »</span></i><span style="font-weight: 400;">, ajoute un autre homme qui habite Iloni.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les deux hommes constatent que les relations avec les habitants de Dembéni sont au point mort et ils ne semblent pas prêt à vouloir faire changer les choses. « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’est à la mairie de trouver une solution. Elle seule peut faire quelque chose parce que les familles entre elles ce n’est plus possible, c’est beaucoup trop tendu »</span></i><span style="font-weight: 400;">, conclut l’homme en haussant les épaules.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Si la mairie a lancé un appel à la mobilisation de tous et à la responsabilité de chacun dans un communiqué samedi, elle <span style="font-weight: 400;">n’a pas donné d’éléments de réponses sur ce qu’il adviendra des prochains jours et notamment sur la réouverture des écoles.</span></p>
<figure id="attachment_59481" aria-describedby="caption-attachment-59481" style="width: 387px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-59481" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/02/Dembeni-4.jpg" alt="Dembéni, Iloni, affrontements, jeunes, peur, violences" width="387" height="290" /><figcaption id="caption-attachment-59481" class="wp-caption-text">Le square du rond-point d&rsquo;Iloni.</figcaption></figure>
<p><b>Attaquée alors qu&rsquo;elle était seule aux toilettes du lycée</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">En attendant, les drames et les règlements de comptes se poursuivent de part et d’autre de la « </span><i><span style="font-weight: 400;">frontière » </span></i><span style="font-weight: 400;">fictive entre les deux communes, délimitée par les hauteurs aux abords de l’université de Mayotte.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Samedi 22 février, au lycée de Dembéni à Tsararano, alors qu’elle était seule aux toilettes, Raïza Djadjou, une lycéenne en première, a été agressée par plusieurs élèves qui lui ont lancé des pierres. « <em>J</em></span><em><span style="font-weight: 400;">e suis tombée par terre et ils ont commencé à casser mon pied avec des cailloux. Je me suis évanouie, et quand je me suis réveillée j&rsquo;étais à l’infirmerie</span></em><span style="font-weight: 400;">”, raconte la jeune fille, assise devant sa maison à Dembéni. « </span><em><span style="font-weight: 400;">Je devais passer mon bac de français, mais je ne vais plus y aller le temps que la sécurité n’est pas assurée »</span></em><span style="font-weight: 400;">, continue Raïza qui compte prendre rendez-vous auprès d’un psychologue. « </span><em><span style="font-weight: 400;">Des fois on entend des histoires avec des vélos, des chiens, même des sandwichs, mais je ne sais pas du tout pourquoi ils se battent entre eux ».</span></em></p>
<figure id="attachment_59484" aria-describedby="caption-attachment-59484" style="width: 396px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-59484" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/02/Dembeni-7.jpg" alt="Dembéni, Iloni, affrontements, jeunes, peur, violences" width="396" height="297" /><figcaption id="caption-attachment-59484" class="wp-caption-text">Les véhicules et une partie de l&rsquo;école incendiés sur les hauteurs entre Dembéni et Iloni.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Vous voyez sur les hauteurs là-bas c’est dangereux c’est là limite entre Iloni et Dembéni, il ne faut pas y aller »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> pointe du doigt Elanrifdine, 13 ans. En début d’année, son frère a été touché à la tête par une barre de fer. Le garçon de 15 ans est désormais hospitalisé à La Réunion en état hémiplégique, une moitié du corps paralysée, et Elanrifdine ne sait pas s’il le reverra à Mayotte un jour. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Mes parents m’interdisent de me battre pour me venger, et je ne veux pas le faire »</span></i><span style="font-weight: 400;">, insiste-t-il.</span></p>
<p><b>« Je n’ai pas peur de mourir, maintenant c’est à eux de répondre »</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Du côté du terrain de football d’Iloni, un groupe de jeunes est abordé par la gendarmerie. Les gendarmes leurs signalent que s’ils voient des jeunes descendre des hauteurs, ils doivent les alerter pour protéger la population. « </span><i><span style="font-weight: 400;">On ne veut pas des gendarmes ici »</span></i><span style="font-weight: 400;">, lance un garçon, la quinzaine d’années, une fois la camionnette partie. « <em>J</em></span><i><span style="font-weight: 400;"><em>e</em> ne veux pas que les affrontements s’arrêtent, je suis prêt à défendre mon quartier. Je n’ai pas peur de la mort, je suis prêt à mourir »</span></i><span style="font-weight: 400;">, dit-il sans hésitations, auprès de ses amis qui rigolent à ses côtés. « </span><i><span style="font-weight: 400;">On a augmenté le score, on en a tué un, maintenant c’est à eux de répondre »</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Victor Diwisch</span></p>
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