La jeuen recrue s'entretient avec Ludovic Abiven, directeur national du service civique
Soidridine, à gauche, entouré de responsables nationaux du service civique et de cadres du commissariat
Soidridine, à gauche, entouré de responsables nationaux du service civique et d’officiers du commissariat.

C’est une première au niveau national. Le commissariat de Mamoudzou accueille désormais un premier jeune en service civique. Soidridine a été recruté parmi plus d’une centaine de candidats pour travailler au sein du BPP, le bureau de prévention et de partenariat du commissariat. Un recrutement qui ne doit rien au hasard. Le jeune homme était déjà engagé au sein du Collectif de lutte contre la délinquance à Kawéni. Un bénévolat qui l’avait amené à  travailler en lien avec le bureau prévention et partenariat du commissariat.

En charge du BPP, Thierry Lizola explique que le jeune homme de 21 ans, porteur d’un polo estampillé police nationale, « sera sur le terrain pour tisser du lien avec la population, continuer le travail qu’on a déjà fait et nous faire remonter les difficultés ainsi que les faits qui pourraient nécessiter l’intervention de la police. »

Un travail pas facile quand on sort d’un de ces quartiers qui, rappelle le commissaire Jos étaient « réputés il y a quelques mois comme extrêmement difficiles, et en opposition avec les forces de l’ordre »
« On a beaucoup travaillé avec lui là dessus lors de son entretien, explique Thierry Lizola. Les délinquants le rejetteront, comme ils rejettent les pompiers et les médecins, et tout ce qui les renvoie à leur condition de délinquant. Mais ceux qui voient son courage l’aideront. Il connaît les avantages et les inconvénients. En tant que bénévole, il était spectateur. Il devient acteur de la sécurité. »

La jeuen recrue s'entretient avec Ludovic Abiven, directeur national du service civique
La jeune recrue s’entretient avec Ludovic Abiven, directeur national du service civique.

« Le service civique est une des seules politiques publiques qui ne voit pas ses moyens baisser »

Plus globalement, « c’est une marque de confiance qu’on envoie à la population en recrutant au sein des quartiers, explique le chef du BPP. On met tout en œuvre pour briser la loi du silence qui y règne. C’est donc un outil important » pour le BPP poursuit le policier.
Le directeur national du service civique Ludovic Abiven avait même fait le déplacement pour notamment rencontrer Soidridine. « 125 000 jeunes ont fait le choix de s’engager en service civique. C’est un symbole fort de s’engager ici à Mayotte, dans la police. » et de préciser le poids de ce dispositif.  » Le service civique est une des seules politiques publiques qui ne voit pas ses moyens baisser.  »
Le commissaire Jos a désormais pour ambition de « pérenniser ce dispositif et de recruter plus de jeunes dans les quartiers. Si les jeunes qu’on recrute se sentent bien et ont le désir de poursuivre avec nous, ça sera le premier critère de notre réussite » anticipe le directeur de la sécurité publique.
Une ambition d’ors et déjà partagée par le premier intéressé. Soidridine souhaite justement passer les concours de la police ou de la gendarmerie à l’issue de son service civique. « Le plus important, conclut Thierry Lizola, c’est que la police ouvre ses portes à des jeunes des quartiers. Ce qui favorise la promotion sociale et aide à libérer la parole. » En recrutant sur les hauteurs de Kawéni, un enjeu de taille serait à terme de « briser la loi du silence qui y règne ». Une utopie désormais à portée de main pour les fonctionnaires de la police qui voient les fruits du travail du BPP de ces derniers mois, notamment à Bandrajou, où les policiers n’entraient plus sans être caillassés encore en novembre. « Un individu poursuivi par la Bac s’y est réfugié. Une centaine d’habitants se sont joints à la police pour l’attraper et le livrer » se réjouit Thierry Lizola. Inimaginable il y a quelques mois. Et pourtant.

Y.D.

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