La mairie de Chirongui
Des enfants chassés de leurs cases, avaient été déscolarisé en mai
Des enfants chassés de leurs cases, avaient été déscolarisés en mai

« Beaucoup d’enfants parmi les familles replacées n’arrivent pas à réintégrer les écoles », se plaint Kamaralay Djamil Saindou, représentant l’association Solution éducatrice.

C’est lui qui avait alerté sur les premiers « décasages » dans le sud. Les mairies demandant des attestations d’hébergement désormais contrôlées, avant d’inscrire les enfants, il a trouvé une solution : « Nous avons envisagé de créer une adresse postale et la leur fournir. Car 47 élèves ne sont toujours pas scolarisés dans la commune de Chirongui. »

Une idée qu’il souhaite soumettre à la maire Roukia Lahadji, « mais elle a décommandé les 3 rendez-vous que nous avions pris. » Il nous explique aussi qu’il fut agent de la mairie, et ce n’est plus le grand amour avec son ancien employeur.

Des logements décents

Roukia Lahadji exige des logements décents
De son côté, Roukia Lahadji exige un logement décent

Nous avons contacté la maire PS, qui évoque un emploi du temps dense, et qui fait part de ses avancées : « J’ai mis en place une organisation pour rescolariser une vingtaine d’enfants sur Tsimkoura et Chirongui. Je vais faire des mutations pour les scolariser dans les villages où habitent leurs parents, je ne gère pas ceux qui habitent ailleurs. »

Roukia Lahadji fait par ailleurs un préalable des conditions de logement : « S’ils habitent dans des zones à risques, dans des cases plantées dans la mangrove ou dans les lits des rivières, je ne donne pas de suite favorable. On ne peut pas régler tous les problèmes en même temps, mais il faut bien commencer par des logements décents. »

L’élue annonce avoir bouclé le financement des logements sociaux du lotissement Stade 2 à Chirongui.

Kamaralay l’affirme, les familles qu’il suit ne sont pas dans des maisons en dur, « mais ils ne sont pas non plus dans des zones à risques. »

Le problème de scolarisation n’est donc toujours pas réglé. Alors que ces familles, chassées par les habitants, sont en situation régulière. Certaines refont donc leur vie dans un autre village. Et alors que tous les pédopsychiatres s’accordent pour dire que de tels changements, doublé d’une absence de scolarisation, peuvent déstabiliser durablement les enfants, signes qui se retrouvent après à l’adolescence.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte