Ce n’était pas la guerre des chefs, mais l’opposition entre deux tendances qui se votait ce matin: les pro et les anti Said Omar Oili. Il devra fédérer pour ne pas retomber dans les pièges de la mandature Boinahery.

SAMSUNG DIGITAL CAMERAL’élection avait lieu ce dimanche matin à Cavani. Deux candidats s’opposaient pour prendre la présidence de l’Association des maires qu’assurait jusqu’à présent Ibrahim Boinahery, dont le mandat n’a pas été reconduit à Tsingoni.

Le maire de Dembéni Souhibou Hamada se présentait contre Said Omar Oili, élu dès le premier tour à Dzaoudzi Labattoir, le dimanche 23 mars. Ce dernier, poids lourd de la politique locale, avait dès son élection pris une posture de leader par ses options : audit des finances de la commune, gel des indemnités des élus pour financer l’indexation etc. Souhibou Ahamada, lui, avait l’appui de l’UMP et du MDM, dont Daniel Zaidani.

Soutenu par les divers gauche, c’est d’une courte tête que s’impose Said Omar Oili, par 9 voix contre 8. Il y a donc de gros risques que le schéma du mandat Boinahery  se reproduise, avec la moitié des communes seulement adhérentes à l’Association des maires, les UMP ou centre droit s’en abstenant. “J’appelle à la solidarité, ne nous divisons pas, nous en aurons que plus de poids à Paris” argumentait Said Omar Oili dans son discours dans lequel il rendait hommage à l’action d’Ibrahim Boinahery.

Une élection sous tension

Les tensions étaient malgré tout exacerbées, il n’y eut donc pas de constitution de bureau, ni de vote de budget, “j’attends que tout cela se calme” déclarait le nouveau président avant de sauter dans l’avion qui l’amènera cette semaine à Paris pour rencontrer notamment la ministre George Pau-Langevin.

Une association qui va pouvoir commencer à tourner, les deux plus grosses communes contributrices en étant membres : Mamoudzou qui cotisera environ 50 000 euros par an, et Koungou. Dzaoudzi-Labattoir s’acquitte de 11 000 euros.

Le gouvernement n’entendra plus seulement la voix du Conseil général, “mais aussi celle des élus de proximité”. Il refuse de poursuivre la guerre avec son ennemi Daniel Zaidani, “je viens de lui écrire pour lui proposer une rencontre.”

Une seule et même voix, tout élu confondu ?

Anne Perzo-Lafond